Un dévote en Nouvelle-France, Barbe de Boullongne (1618?- 1685)

confrérieLa Confrérie de la Sainte-Famille prend naissance à Ville-Marie par le concours de trois communautés et par le zèle du P. Chaumonot et de Madame d’Ailleboust.

Introduction

Le milieu de dévots en Nouvelle-France, commence avec père jésuite Philibert Noyrot. En 1624, ce dernier est Confesseur de Henri de Lévis, duc de Ventadour. L’année suivante, il lui conseille d’acheter la vice-royauté de la Nouvelle-France pour y établir les Jésuites. Il succède donc à son oncle, le duc Henri II de Montmonrency.  En 1627, le père Noyrot, obtient de Richelieu, la répudiation de l’Edit de Nantes pour la Nouvelle-France, simultanément à la création de la Compagnie des Cent-Associés.  En 1630, le Duc de Ventadour fonde la Société du Saint-Sacrement, société qui s’inscrit dans le mouvement de la Réforme catholique, qui remplace désormais la notion plus désuète de Contre-Réforme.  La nouvelle colonie naissante, espère t-on permettrait de favoriser un renouveau spirituel sans précédent. Dissoute vers 1660, elle est dénoncé dans la pièce de Molière Le Tartuffe.

Les pères jésuites de France avait une alliée puissante à la cour dans la personne d’Antoinette de Pons, marquise de Guercheville, femme de Charles du Plessis, duc de Liancourt et gouverneur de Paris, elle même première dame d’honneur de la reine. Cette noble dame profondément religieuse appuyait pleinement le désir qu’avaient les jésuites de fonder des missions en Amérique.

La Compagnie du Saint-Sacrement favorisera plus tard la fondation mystique de Ville-Marie, par son appuie à la Société de Notre-Dame de Montréal.  Pierre Chevier, Jean Jacques Olier et Jérôme Le Royer de la Dauversière, appartenaient également à la Compagnie du Saint-Sacrement.

C’est dans ce contexte qu’arrivent en Nouvelle-France en 1643, Louis d’Ailleboust et sa femme Barbe de Boullongne, accompagnée de sa sœur Angélique Philippine de Boullongne.

Nous reproduisons ici plusieurs textes relatant la vie de Barbe de Boullongne, notamment deux textes de Marie-Claude Daveluy et un texte du chanoine Cyrille Labrecque. Finalement, on y trouvera des textes d’archives ainsi qu’une bibliographie.

DAVELUY, Marie-Claire. 1921. « Barbe de Boullongne » Action Française, Juillet 1921, pp. 425-432

BARBE DE BOULLONGNE

Nous relisons avec ravissement les premiers chapitres de l’histoire de Ville-Marie. Aux heures d’intime spiritualité, il s’en dégage je ne sais quelle grâce mystique et tendre. Grâce délicate et voilée, dont le rayonnement nous enveloppe lentement, dont la mystérieuse pénétration garde le secret de sa présence.

Le surnaturel plein d’ingénuité qui auréole le front de nos héros, nous impose alors sa douceur. Nos cœurs attentifs, qui s’efforcent la simplicité, s’attendrissent sur les ressources des voies divines en des êtres de choix. La piété des premiers « Montréalistes, qui s’extériorise souvent en des faits merveilleux, candidement acceptés, nous offre le spectacle d’une foi grave, magnifiée, d’une rare sérénité.

Parfois, l’on dirait quelque page de « La légende dorée ! Seuls, il nous semble, les tableaux naïfs de Jacques de Voragine sauraient ressusciter une telle atmosphère de croyance; faire resplendir une si touchante vision d’apôtres transfigurés, s’élevant sans effort au-dessus de l’accablement de l’esprit, et des promptitudes de la chair.

La vie, toute d’ardeur spirituelle de Madame d’Ailleboust, que je désire évoquer, justifiera, je l’espère, ces réflexions préliminaires. Vous les avoir confiées me paraîtra, alors, une indiscrétion moins puérile. A travers les phases diverses de cette existence, vous admettrez avec moi la présence d’un fervent religieux brûlant d’une fine substance. Il unifie les principes directeurs de cette âme. Il en fortifie le bon vouloir. Il entretient en ce cacheur la flamme des pures inspirations.

Considérons, d’un peu près, ce que fut dans le temps la personnalité distinguée de Madame d’Ailleboust. Rappelons son rôle d’une bienfaisante utilité à Ville-Marie et à Québec. Puis, un court moment, jetons un regard, qui ne se voile d’aucune ironie, sur certains traits de sa vie, où se manifestent des actes d’un psychisme supérieur fort attachant.

Barbe de Boullongne est née dans la Champagne française, vers 1615. Comme le souligna jadis M. de Maisonneuve au sujet de Marguerite Bourgeoys, « Nous avons encore en celle-ci, l’un des beaux fruits de la Champagne française, qui a semblé vouloir donner à l’œuvre du Montréal, plus que toutes les autres provinces réunies ensemble ». C’est de la Champagne que nous vinrent Paul de Chomedey, Jeanne Mance, Louis d’Ailleboust de Coulonge, Barbe et Philippine de Boullongne, Marguerite Bourgeoys. Tous ont été de vaillants, d’ingénieux, de souriants, de dévots champenois.

A vingt ans Barbe de Boullongne épouse Louis d’ Ailleboust de Coulonge, âgée lui-même de vingt-six ans. Le contrat de mariage est signé à Paris, devant Maître Philippe Perrier, « en la dicte maison des deux anges, où la future épouse et sa mère sont logées, place Maubert, l’an mil six cent trente-huit, ce sixième septembre après-midi».

Belle, intelligente, d’une fine distinction, Barbe de Boullongne possède en outre une vie intérieure intense. Sa dévotion est d’une nature affinée. Elle a les plus hautes exigences. En quelques mots, simples et touchants, la Mère Juchereau de Saint-Ignace nous révèlera un jour quelle fut, même sous le toit conjugal, la vie monastique menée par la très pieuse Barbe de Boullongne, moniale de cœur et de fait !

 

 

Dès 1641, nous voyons Louis d’Ailleboust s’intéresser à l’œuvre de Ville-Marie. Les circonstances l’ont rapproché des quelques membres déjà existants de la Société de Notre-Dame de Montréal et avec eux il s’enthousiasme de la fondation projetée. Sans doute serait-il venu au Canada, en 1642 si Barbe de Boullongne eût consenti à le suivre. Mais Madame d’Ailleboust se montre tout d’abord hostile aux projets d’outre-mer de son mari. Elle n’en veut rien entendre. Il est vrai qu’elle est atteinte d’une maladie jugée mortelle; et, avec raison, un voyage dans ces conditions, lui apparaît un défi jeté à la plus élémentaire prudence. L’obstacle tombe bientôt. Grâce à de ferventes supplications, elle est miraculeusement guérie à Notre-Dame de Paris. Nous pouvons voir ce fait relaté dans l’une des pages des « Véritables Motifs».  Cette coïncidence de son rétablissement avec le projet du voyage dans la Nouvelle-France qui sourit de plus en plus à son mari, émeut la conscience de Madame d’Ailleboust. Sa volonté s’éclaire. Elle en décide. Et personne, dès lors, ne se montre plus heureuse qu’elle d’une installation permanente au Canada.

En septembre 1643, Barbe de Boullongne descend à Ville-Marie. Son mari l’accompagne, ainsi que sa sœur, la douce, l’Angélique Philippine de Boullongne. Quelle joie se manifeste à leur arrivée dans la petite colonie ! Quelles figures radieuses les accueillent au débarqué ! Ces hôtes nouveaux, pleins de courtoisie, gracieux, souriants, comme on les devine du plus agréable commerce !

Et l’hiver se passe bellement, nonobstant les rigueurs de la saison et la crainte des Iroquois ! Souvent, sans doute, sous le toit un peu sommaire qui abrite Jeanne Mance, l’on se réunit. M. de Maisonneuve s’entretient avec M. de Puisieux et Louis d’Ailleboust, l’intelligent lieutenant que la Société de Notre-Dame de Montréal lui envoie. Son perspicace regard a tôt fait de reconnaître la valeur du futur gouverneur de de la Nouvelle-France. Et Jeanne Mance ? Gaiement, elle donne la réplique aux grandes dames qui l’entourent si volontiers. N’a-t-elle pas spontanément gagné leur amitié ! Des circonstances difficiles vraiment, durant quelques mois, le rapprochement de belles âmes dont les noms nous sont chers : Jeanne Mance, Madeleine de Chauvigny de la Peltrie, Barbe et Philippine de Boullongne, Charlotte Barré. La société féminine de Montréal, dès 1643, s’est triée sur le volet.

Madame d’Ailleboust, de 1643 à 1648, ne quitte point Ville-Marie. Elle y mène une vie très active. La langue algonquine, qu’elle a rapidement maîtrisée, lui permet de travailler avec succès à la conversion des sauvages. Que de fois elle leur sert d’interprète ! Que d’enfants de ces barbares elle tient sur les fonts baptismaux ! Dès son premier hiver à Ville-Marie, elle devient la marraine d’une femme sauvage à qui elle impose le nom de Claire. Les sauvages ressentent bientôt pour Madame d’Ailleboust beaucoup d’admiration et de vénération. Un jour, l’un d’entre eux, pressé de se marier, lui demande tout en déplorant l’absence des missionnaires : « Puisque tu nous entends fort bien, ne pourrais-tu suppléer au défaut du prêtre et nous marier publiquement dans l’église ? » « La simplicité de ce sauvage, ajoute l’historien, fit rire Madame d’Ailleboust qui lui répartit, non sans quelque rougeur, qu’il devait attendre le missionnaire ou descendre jusqu’à Québec».

Louis d’Ailleboust devient, durant l’année 1648, Gouverneur de la Nouvelle-France. Barbe de Boullongne vivra donc désormais à Québec, en sa qualité de première dame du pays. Elle y poursuit paisiblement sa vie de bonnes oeuvres, recevant, à l’occasion, les judicieux conseils de la Mère Marie de l’Incarnation.

Elle a, cependant, le chagrin de se séparer de sa sœur, l’aimante Philippine. Sans bruit, la douce jeune fille, un matin de l’an 1648, franchit le seuil du couvent des Ursulines de Québec. Depuis longtemps cette âme, toute de réserve et de recueillement, aspirait aux joies du cloître.  A Ville-Marie, sa piété l’auréolait aux yeux de tous. L’on avait même, un jour, à ce sujet, prononcé un mot charmant. Oh ! . . . la vie courageuse dans des âmes françaises n’enlève rien à la gaieté narquoise qui les caractérise.

« Un Iroquois, raconte la Relation de 1648, fuyant dernièrement l’armée huronne, effrayé par l’idée de la mort, se rappelle soudain la bonté et la courtoisie des Français. Il court jusqu’à Ville-Marie, allant volontairement se rendre  ce poste. II entre la cour de l’Hôpital, sans rencontrer d’autre personne que Mademoiselle Philippine de Boullongne. Elle récitait son chapelet. Dominé par la frayeur, il se présente à elle en lui tendant les bras. Cette circonstance singulière fit dire agréablement aux colons qui portent tous un très grand respect à la vertu de Mademoiselle de Boullongne, que, par ses prières, elle a pris un iroquois ».

Madame d’Ailleboust durant l’année 1651, habite la terre de Coulonge (aujourd’hui Spencer-Wood) que son mari a récemment achetée. Nous l’y retrouverons jusqu’à son départ pour Ville-Marie, le 21 août 1658. Cette demeure s’agrandit bientôt : elle est érigée en Châtellenie le 9 avril 1657. Qu’on me permettre ici l’expression de quelques regrets. Se rappelle-t-on aujourd’hui, lorsque les circonstances aidant, l’on foule le sol de Spencer-Wood que jadis, une grande dame française, l’épouse du troisième Gouverneur de la Nouvelle-France, y porta l’empreinte de ses pas ? Songe-t-on aux nombreux et beaux souvenirs historiques, qui se rattachent à Spencer-Wood? Hé ! à cet endroit, c’est de la vieille terre française que baigne toujours le soleil et fécondent les pluies. Nonobstant le vocable aux sonorités étrangères, souvenons-nous !

Ville-Marie possède beaucoup d’attraits pour M. d’Ailleboust. Il quitte, dès qu’il le peut, Québec, son faste, ses honneurs, pour revenir y vivre en 1658. Nous nous doutons bien que Barbe de Boullongne, l’amie de Jeanne Mance, la protectrice des Hospitalières de Saint-Joseph, acquiesce d’un sourire à ce retour.

M. d’Ailleboust n’est revenu à Montréal que pour y mourir. Le 31 mai 1660, la colonie de la Nouvelle-France s’attriste de sa perte. Ce gentilhomme au cœur droit, à l’intelligence précise et cultivée, possédait l’estime de tous.

A la mort de son mari, Madame d’Ailleboust modifie profondément le cadre de sa vie…. Mais, durant cette phase de son existence, je ne sais pourquoi, la haute figure de Barbe de Boullongne, ne m’apparaît plus, marquée par la patine du temps, lointaine silhouette de grande dame, transfigurée par la vision d’un passé poétisé. Non, elle me semble vivante, très rapprochée, presque l’une d’entre nous… ; Barbe de Boullongne devenue dame pensionnaire de l’Hôtel-Dieu de Montréal, et uniquement préoccupée des choses de Dieu, et des pauvres; Barbe de Boullongne, ainsi transformée et agissante, n’est-elle pas la première de nos dames de charité, la véritable femme d’œuvres, au milieu du monde ? Et cette pieuse association que fonde en 1663 Madame d’Ailleboust, la Confrérie de la Sainte-Famille, qui subsiste encore aujourd’hui, florissante et zélée, ne nous entretient-elle pas dans la douce illusion ?

Oui, Barbe de Boullongne, comme beaucoup de saints personnages, reprend de l’actualité. L’exemple de sa vie, précieuse pour ses contemporains, garde pour nous son caractère d’opportunité.

Madame d’Ailleboust, ayant travaillé de toute son âme, tant à Québec qu’à Montréal, à l’œuvre de la Sainte-Famille, « dont elle eut la première l’idée, déclare le P. Chaumonot » , entre comme novice chez les Ursulines. Je crois bien que la vocation lui manquait un peu. « Après huit ou neuf mois d’épreuves, lisons-nous dans l’Histoire des Ursulines, passés au milieu d’une troupe joyeuse de novices, cette aimable dame, aussi humble que pieuse, se jugea elle-même incapable d’embrasser notre état de vie, et elle quitta le monastère pour reprendre au milieu du monde sa vie de bonnes œuvres et d’édification».

Ce serait sans doute vers cette époque que M. de Courcelles, gouverneur de la Nouvelle-France, et peu après, M. Talon, intendant, la demandèrent en mariage. En 1666, Barbe de Boullongne n’avait pas encore atteint son demi-siècle, et sa beauté reconnue, sa distinction morale, sa vive intelligence pouvaient encore attirer les regards et retenir les cœurs.

Elle déclina ce double honneur, n’ayant désormais pour toute ambition que de vivre dans la retraite. Bientôt elle partage ses biens, du moins ceux dont elle peut disposer, avec les religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec, et vient se loger dans « un appartement dépendant du couvent, mais en dehors de la communauté. » Elle y vit, sereine, recueillie, pacifiée, près d’une vingtaine d’années. Elle meurt le 7 juin 1685.

Psychisme supérieur ! ai-je prononcé au début de cette esquisse biographique. II eût été moins irrévérencieux de qualifier les visions de Madame d’Ailleboust de phénomènes surnaturels communs aux mystiques.

Mais l’on parle avec tant d’assurance aujourd’hui sur ces matières. Comme tant d’autres je n’ai fias su me garer de cette outrecuidance. Barbe de Boullongne, déclare avec simplicité l’annaliste de l’Hôtel-Dieu de Québec, avait reçu de Dieu « l’esprit de prophétie, le don des larmes, le discernement des esprits et plusieurs autres grâces gratuites…»

« ElIe a prédit à plusieurs religieuses des choses très singulières, et elles ont vu avec admiration l’effet de tout ce qu’elle leur avait promis. Elle connaissait parfaitement le caractère de toutes les filles qui entraient ici pour être religieuses, et pour peu qu’elle les vit, elle jugeait de leur vocation. . . Elle connaissait encore les choses cachées; . . . l’état de plusieurs âmes après leur mort.»

Et cette bonne Mère Juchereau de nous narrer quelques traits fort curieux à l’appui. Entre autres, celui d’une religieuse de l’Hôtel-Dieu, dont Madame d’Ailleboust noté le séjour prolongé au purgatoire, pour cause d’insubordination envers sa supérieure. Cette dernière étant venue à mourir peu après se voit l’arbitre suprême du salut immédiat de cette religieuse : « Ma fille, lui dit le Seigneur, comme cette âme ne vous a pas été aussi soumise qu’elle le devait, je vous en réserve la dernière sentence. Vous pouvez la retenir auprès de vous jusqu’à ce que vous sortiez vous-même du purgatoire… ou vous pouvez l’élargir dès à présent si vous le voulez ».

Quelle terrible alternative ! Cela ne fait-il pas frissonner !

Heureusement là-haut comme ici-bas fleurit dans les âmes la bonté généreuse. Nous voyons l’excellente femme répondre au Seigneur « que puisqu’il la laisse maîtresse du sort de cette âme, elle ne veut pas retarder d’un seul moment son bonheur ».

Lorsque viendra notre tour, Dieu veuille que des voix aussi miséricordieuses s’élèvent en notre faveur…

Ce coin de voile soulevé sur la vision de l’au-delà retient notre attention quoi que nous en ayons. Ces récits sont attachants. Les dons mystérieux dont a été favorisée Barbe de Boullongne demeurent d’accord, du reste, avec la vie grave, pure, désintéressée qu’elle a menée. Ils se fondent harmonieusement dans l’héroïsme de son existence.

Mais pour goûter la vie si parfaitement surnaturalisée de Madame d’Ailleboust peut-être faut-il une entière simplicité de cœur.

Marie-Claire DAVELUY.

 

 

DAVELUY, Marie-Claire.1961. Bibliographie de la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663) accompagnée de notes historiques et critiques (suite) no. 41 Madame Marie-Barbe de Boullongne, Revue d’histoire de l’Amérique française, Volume 15, numéro 3, décembre 1961, pp. 466-472

BIBLIOGRAPHIE
Bibliographie de la Société de Notre-Dame de Montréal
(1639-1663)
accompagnée de notes critiques et historiques
DEUXIÈME PARTIE
Bio-Bibliographie des Associés de Montréal
(suite)
–1643–
41. AILLEBOUST (Marie-Barbe de Boullongne), MADAME
LOUIS D’ 1618 ?-1685. Femme du troisième gouverneur
de la Nouvelle-France. Fondatrice, de concert avec le Père
Chaumonot, jésuite, de la Confrérie de la Sainte-Famille à
Montréal (1663).
A.—NOTES BIOGRAPHIQUES

Barbe de Boullongne naquit à Ravières, comté de Tonnerre, dans la province de Champagne, vers 1618. (1) Elle était la fille de Florentin de Boullongne et d’Eustache Quéan. Nous ne connaissons aucun détail sur les années de sa jeunesse. Nous savons seulement qu’elle eut deux sœurs un peu plus âgées qu’elle. L’une, Philippine, devait la suivre au Canada et s’y faire religieuse; l’autre entrerait dans une abbaye de Bénédictines en France. En 1638 Barbe accompagnait sa mère, veuve depuis quelques années, dans un voyage à Paris. Le but de ce séjour dans la Capitale n’était autre que la célébration du mariage de Barbe qui comptait vingt ans, avec Louis d’Ailleboust chevalier, sieur de Coulonge, un jeune ingénieur militaire de vingt-six ans.

Dans notre numéro de juin 1961 nous avons fait la biographie de Louis d’Ailleboust. L’on voudra bien se reporter à ces pages pour de plus amples détails sur la vie commune des d’Ailleboust, de 1638 à 1660. Nous y avons vu combien l’initiation aux oeuvres d’apostolat du poste se fit rapidement avec l’aide de Jeanne Mance. Madame d’Ailleboust voulut y joindre l’étude des langues sauvages sous la direction du Père Druillettes, l’aumônier, qui était un parfait linguiste. Elle y fit des progrès étonnants. La Relation de 1647 nous signale à ce sujet un trait qui ne manque pas d’originalité. « Un couple algonquin se présenta un jour devant Mme d’Ailleboust. Le jeune sauvage lui dit : « Nous voulons nous marier et nous nous sommes promis ; tu sais parler le sauvage comme nous et tu nous comprends bien; viens donc nous marier dans l’église puisque le Père est absent. » A cause précisément de l’intérêt que la belle jeune femme portait aux Algonquins, ceux-ci l’avaient surnommée Chahouerindamaquetch. Le nom nous semble bien barbare, mais sa traduction constitue un touchant hommage à la charité de Madame d’Ailleboust : « Celle qui a pitié de nous dans notre misère. » (Ibid).
A la nomination de son mari comme gouverneur de la Nouvelle-France, Barbe d’Ailleboust dut quitter Ville-Marie et les époux vinrent s’installer au Fort Saint-Louis, à Québec. (2) Barbe d’Ailleboust devenait « la première dame du pays ». Bien peu pouvaient comme elle occuper avec grâce, dignité et bonté, ce haut poste. Sincèrement attachée à sa nouvelle patrie, elle allait en donner des preuves constantes. On peut dire, écrit Ernest Gagnon (op. cit., 49), que durant toute sa vie canadienne — qui ne dura pas moins de quarante-deux ans — il lui fut donné, comme à un illustre personnage de l’époque de « répandre les bienfaits et recueillir l’amour ». Il écrit encore (op. cit., 151) :
« Seule des châtelaines qui habitèrent le Fort Saint-Louis sous le régime français, Madame d’Ailleboust voulut finir ses jours dans la colonie. »

Après dix années passées dans la capitale, M. et Madame d’Ailleboust revinrent dans le cher Ville-Marie que tous deux avaient souvent visité et aidé de bien des manières, durant leur absence. M. d’Ailleboust rendit encore un suprême et dernier  service au poste de Montréal. « Il s’occupa de fortifier le point culminant du coteau Saint-Louis et de jeter les premières bases de la Citadelle de Montréal. » Il mourut peu après le 31 mai 1660.

Veuve, sans enfants,(3) âgée de quarante-deux ans seulement,  elle fut reprise du désir de se faire religieuse chez les Ursulines de Québec. Elle avait tenté d’y faire son noviciat en 1653, du vivant de son mari et avec son consentement. Mais elle avait dû reconnaître que « l’entreprise était au-dessus de ses forces ». Cette fois peut-être pourrait-elle réussir dans ses projets de vie religieuse. Un obstacle se dressa aussitôt devant elle. Sa fortune considérable requérait tout son temps comme administratrice. Il lui fallut différer son départ pour le Monastère des Ursulines jusqu’en 1663. C’est avant son éloignement définitif de Ville-Marie que Madame d’Ailleboust résolut d’y fonder, avec l’approbation et l’aide du Père Chaumonot, jésuite (1611-1693), une confrérie de la Sainte-Famille. Voici le témoignage du religieux sur cette fondation. Il l’inséra dans l’Autobiographie qu’il écrivit en 1688 sur l’ordre de ses supérieurs :

En 1662, je fus choisi par Monseigneur de Laval et  par notre Père Supérieur pour secourir les habitants  de Montréal, qui étaient dans une extrême nécessité
de vivres. On leur en envoya par la barque qui me portait […]. Dès mon arrivée à Montréal, j’eus le bien de faire connaissance avec Madame d’Ailleboust qui m’avait été recommandée par le Père Jérôme Lalemant, notre supérieur qui avait été son directeur à Québec [ . . . ] . Comme je la reconnus aussitôt pour une femme de vertu, d’esprit et de conduite, je la priai de se charger des vivres qu’on m’avait confiés à mon départ de Québec et d’en faire la distribution, de quoi elle s’acquitta à la satisfaction
de tous les nécessiteux pendant que je voyais à leur spirituel.

Cette dame, dont le mari avait été deux fois gouverneur de la Nouvelle-France, eut la pensée, pendant que fêtais à Montréal de trouver quelque  puissant et efficace moyen de réformer les familles chrétiennes sur le modèle de la Sainte-Famille du Verbe Incarné en instituant une société ou confrérie où Ton fût instruit de la manière dont on pouvait, dans le monde même, imiter Jésus, Marie, Joseph. (Autobiographie […] et son complément par le R.P. Félix Martin [SJ.]. Paris, Oudin, 1885). (4)

Madame d’Ailleboust entra donc pour la seconde fois au  Monastère des Ursulines en 1663. Elle comptait 45 ans. Cette  tentative de vie monastique ne fut pas plus heureuse que celle  de 1653. Dans l’Histoire du Monastère des Ursulines de Québec
(I: 260), la narratrice anonyme s’en explique là-dessus avec une naïveté charmante :

Elle [Madame d’Ailleboust] avait peine à se passer du secours d’une femme de chambre, et ne pouvait  s’habituer aux petits sacrifices de la vie uniforme de communauté que la grâce rend cependant si faciles aux personnes qui l’embrassent avec une vraie vocation.

Après huit ou neuf mois d’épreuve, on la vit reprendre dans le monde ses occupations charitables. Peu après sa sortie du cloître, Mgr de Laval l’invitait à organiser et à prendre la direction, à Québec, de la Confrérie de la Sainte-Famille qu’il constituait définitivement, par lettres patentes, le 14 mars 1664. Madame d’Ailleboust demeurait alors, comme dame pensionnaire, au Monastère des Ursulines. Mais à cette mission que lui confiait Mgr de Laval, Madame d’Ailleboust y joignit d’autres oeuvres urgentes. Des événements considérables avaient transformé, depuis quelque temps, la vie et les institutions québécoises. En 1663 d’abord, on vit disparaître la Compagnie des Cent-Associés, car le roi Louis XIV tenait à diriger lui-même dorénavant sa colonie d’outre-mer. En vue de mettre fin aux incursions iroquoises, il avait donné à la Nouvelle-France, un lieutenant général aussi habile que distingué et fort pieux, Alexandre de Prouville de Tracy. Il débarquait à Québec en juin 1665 avec plusieurs régiments. Puis, durant l’été, le Colonel de Salières parut à son tour, amenant de France un bon nombre des Compagnies du célèbre régiment de Carignan, d’autres devant suivre en septembre. Les effectifs de l’armée, chargée de dompter les Iroquois, se chiffrèrent bientôt à 1,200 hommes environ.
Mais ces merveilleux secours qui arrivaient à point pour redonner vie à une Nouvelle-France épuisée, décimée, n’empêchèrent point quelques revers de se produire. Cent trente soldats étaient débarqués à Québec fort malades, atteints d’une fièvre contagieuse. Ils eurent tôt fait de remplir les salles de l’Hôtel-Dieu de Québec, causant aux Hospitalières, trop peu nombreuses, des fatigues excessives. Quelques-unes y succombèrent. Il fallut  appeler à l’aide quelques dames de charité. On devine aisément que Mme d’Ailleboust, bien avant cet appel, était accourue auprès des malades. Ce fut sans doute la vision de cette grande dame charitable, toujours belle, agréable et si ingénieuse quand il s’agissait de soulager et de réconforter les contagieux, qui impressionna quelques hautes personnalités venues de France, tel M. de Courcelles, le nouveau gouverneur, et tel aussi le brillant intendant, Messire Jean Talon. Un sentiment plus tendre se mêla bientôt à leur admiration et Madame d’Ailleboust dut entendre un jour leurs propositions de mariage. C’est la Mère Juchereau de Saint-Ignace qui a relaté ces incidents dans ses Mémoires.

Plusieurs personnes d’un rang distingué, écrit-elle
en substance, l’avaient recherchée dans son veuvage
[…] Elle refusa constamment les partis les
plus avantageux […]

Puis, elle nous trace en quelques lignes le tableau de la vie que mena Madame d’Ailleboust durant les quinze dernières années de sa vie (1670-1685).

Pour vivre d’une manière plus retirée, plus conforme à la perfection dont elle faisait profession, elle se donna à notre Communauté en qualité de pensionnaire perpétuelle [. . . ] Nous la logeâmes dans un appartement dépendant de notre Communauté, qui n’était pas cependant de la maison […] Nous la visitions souvent […] ne sortant jamais d’avec elle sans ressentir de grands désirs d’être tout à Dieu […] Notre-Seigneur, continue-t-elle, honorait cette sainte âme de plusieurs connaissances [mystiques] extraordinaires […]

En devenant pensionnaire perpétuelle, Madame d’Ailleboust faisait don, à l’Hôtel-Dieu de Québec, de tous les biens dont elle pouvait disposer sans faire tort à ses héritiers. Elle y réussit, mais non sans qu’il y eut quelques contestations comme le prouvent plusieurs documents conservés parmi les « papiers d’Ailleboust » aux Archives de l’Hôtel-Dieu de Québec. Les religieuses partagèrent les biens reçus, terres, maisons, rentes en France et quantité de meubles, entre la Communauté et l’Hôpital afin d’obéir à la volonté formellement exprimée à ce sujet par Monseigneur de Laval. Madame d’Ailleboust mourut le 7 juin 1685, ayant auprès d’elle des Hospitalières et cette fidèle mais acariâtre personne, Edmée Chastel, l’ancienne compagne de Marguerite Bourgeoys, devenue sa suivante depuis de nombreuses années et dont elle avait assuré l’avenir par contrat. Madame d’Ailleboust fut inhumée le lendemain dans le caveau commun  des religieuses.

Cette associée de Montréal avait vécu longtemps et combien volontiers à Ville-Marie, à l’Hôpital de Jeanne Mance dont elle demeurait une des bienfaitrices. Les premières hospitalières, avec lesquelles elle soignait les blessés et les malades de 1659 à 1663, l’estimaient profondément. Sœur Morin, dans ses Annales, mentionne son nom avec reconnaissance. Lorsque Madame d’Ailleboust eut la pensée de fonder la Confrérie de la Sainte- Famille à Montréal, songeait-elle que l’esprit des fondateurs de Ville-Marie l’inspirait et la soutenait ? Les Associés de Montréal n’avaient-ils pas, le 27 février 1642, à Notre-Dame-de-Paris, consacré la ville future à la Sainte-Famille de Jésus, Marie, Joseph ? La dévotion à la Sainte-Famille si chère à Monsieur de La Dauversière, à Monsieur de Maisonneuve aussi, rappelons sa création en 1663 de la Milice de la Sainte-Famille prenait un nouvel essor, grâce à Madame d’Ailleboust. Elle en maintenait vraiment la traditionnelle efficacité.

                                                     B. — ÉCRITS PERSONNELS

Les Archives de l’Hôtel-Dieu de Québec contiennent de nombreuses pièces diplomatiques dans ce qu’on désigne sous le nom de « Papiers d’Ailleboust ». Nous en avons mentionné quelques documents précieux à travers notre esquisse biographique sur Madame Barbe de Boullongne d’Ailleboust. Les Archives judiciaires et aussi celles de l’Hôtel-Dieu, à Montréal, seront consultées avec profit.

                                                   C. — NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

On trouve, dans les oeuvres de M. Faillon, notamment dans son Histoire de la colonie française, de nombreuses citations sur Madame d’Ailleboust. Nous savons à quelles sources le savant sulpicien avait puisé: les Relations des Jésuites, le Journal des Jésuites, l’Histoire du Montréal de Dollier de Casson, les Mémoires de Sœur Morin, et surtout ceux si précieux de Mère Juchereau de Saint-Ignace, etc. Nous avons décrit dans la bibliographie de Louis d’Ailleboust de Coulonge, deux ouvrages (nos 253 et 254) publiés en 1917 et en 1931. Aegidius Fauteux, auteur de la Famille d’Ailleboust et Ernest Gagnon, auteur de Louis d’Ailleboust [1612-1660], sont des érudits qui ne nous déçoivent jamais. Leurs travaux nous apportent de l’inédit, grâce à leurs minutieuses recherches autour des sources originales qu’ils excellent à découvrir. Nous recommandons la lecture des deux oeuvres ci-dessus mentionnées pour mieux connaître, dans son cadre ancien, la vie de Barbe de Boullongne d’Ailleboust. Quant aux rappels d’ouvrages, le lecteur voudra bien se reporter à la Bio-bibliographie de Louis d’Ailleboust, publiée dans cette revue (numéro de juin 1961) ; ils y sont nombreux et utiles.

                                                                        (à suivre)
MARIE-CLAIRE DAVELUY

 

Notes:

(1) Dans son Acte de sépulture, Madame d’Ailleboust qui décédait le 7 juin 1685, est dite « âgée de soixante-sept ans, ou environ […] >. Voir les Archives de la Cathédrale de Québec, registres des sépultures. Cité par Ernest Gagnon, Louis d’Ailleboust (deuxième éd. revue, Montréal, 1931),20.

(2) M. et Mme d’Ailleboust se retirèrent, après trois années d’épuisants  travaux, dans leur propriété de Coulonges, aujourd’hui « Bois de  Coulonges », la résidence officielle des lieutenant-gouverneurs de la province  de Québec. Longtemps elle porta le nom de Spencer Wood.

(3) « Une erreur du Dictionnaire généalogique [de Monseigneur Tanguay] a fait croire qu’une fille était née du mariage de Louis d’Ailleboust et de Marie-Barbe de Boullongne […] Une lettre adressée à ce sujet au Père Charles Lalemant par Madame d’Ailleboust elle-même, le 8 août 1664, fait par avance justice de cette erreur. » (Voir Gagnon, op. cit., 149, note 1). Une copie authentique de la lettre de Madame d’Ailleboust est conservée aux Archives de l’Hôtel-Dieu de Québec. M. de Maisonneuve signa aussi une déclaration assermentée affirmant le fait que M. d’Ailleboust était « décédé sans avoir laissé aucuns enfants procréés du mariage d’entre luy et Dame Barbe de Boullongne, son épouse […] Québec, 12 août 1664 ».
Enfin, on sait que Mère Juchereau de Saint-Ignace, dans ses Mémoires (éd. Dom Albert Jamet, 1942), parle d’un vœu de virginité prononcé par Madame d’Ailleboust. Dom Jamet dit, dans une note, (ibid., 82) « que le ménage d’Ailleboust pratiquait toutes les vertus de la vie religieuse dans le monde ».

(4) Voir aussi, sur la Confrérie de la Sainte-Famille et son histoire, un numéro spécial des Écoles de bonheur, préparé par Monseigneur Albert Tessier, P.A., historien et visiteur en chef des Instituts familiaux de la province de Québec, et l’abbé Paul-H. Carignan, secrétaire de la rédaction et visiteur propagandiste des mêmes Instituts (Québec, mars 1959, no 18). On y trouve un choix heureux de textes historiques et d’informations.

 

Transcription du manuscrit de la Confrérie de la Sainte-Famille, par le Chanoine Cyrille Labrecque.

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Textes divers

 

Source:  Morin, Marie, Annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal, 1921 p. 14

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Documents d’archives touchant Mme d’Ailleboust

Jean Talon et le terrain de Mme d’Aillboust, une bien curieuse acquisition.

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En juillet 1661, la fabrique de la Censive Notre-Dame de Québec, cède à l’un de ses marguillers, Mathieu Huboust sieur des LongsChamps, une concession qui se trouverait aujourd’hui au coin des rues de Buade et du Fort  Québec. Ce terrain à l’origine appartenait à Louis d’Ailleboust, acquis en février 1649.  A partir de 1656, les terres du gouverneur d’Ailleboust sont cédées à la Fabrique. Sous l’endos de cet acte, elle note que cette terre lui appartient toujours. Elle est aussi propriétaire d’un autre terrain qu’elle lèguera en 1670 à l’Hôtel-Dieu de Québec ainsi que l’ensemble de ses biens.

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Plan de 1670 sur le cadastre actuel, la flèche indique la maison de Jean Talon.
En 1667, Jean Talon achète le terrain de Mathieu Huboust et construit un bâtiment le long de la rue du Fort réalignée après la destruction du Fort des Hurons qui occupait le terrain voisin depuis 1656. Jean Talon était très proche de religieuses de l’Hôtel-Dieu et cette construction avait-elle pour but de loger Mme d’Ailleboust?

C’est incidemment la Mère Juchereau de Saint-Ignace qui a relaté les liens d’affection entre Jean Talon et Mme d’Ailleboust dans ses Mémoires.

« Plusieurs personnes d’un rang distingué, écrit-elle
en substance, l’avaient recherchée dans son veuvage
[…] Elle refusa constamment les partis les
plus avantageux […] »

On peut se demander si ce refus n’aurait pas entraîné le retour précipité de Jean Talon en France en 1672. Finalement, on sait que celle-ci logeait hors du couvent sur un terrain appartenant à l’Hôtel-Dieu de Québec.  Est-ce la residence construite par Talon? Cela demeure toutefois une hypothèse.

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Source: Archives de la paroisse Notre-Dame de Québec, 1er juin 1685, Fonds Drouin et Sylvain Gravel.

Précision sur la localisation de la résidence des Jésuites dans une lettre de Mme d’Ailleboust à Mgr. de Laval

lettreMmeDailleboustAMgrDeLaval1

Archives du séminaire de Québec. Fonds Faribeault.

En, 1661, Mme d’Ailleboust écrit à Mgr de Laval touchant un terrain près de l’église. On mentionne dans cette lettre la localisation de la résidence des Jésuites, détruite en 1640. En 1649 le Gouverneur d’Ailleboust occupera cet emplacement au sud de la rue de Buade, identifié à la Réserve d’Ailleboust. On y apprend que le maître de musique, Martin Boutet occupait une vieille cabane en écorce non loin du fort des Hurons. Cette cabane en écorce a été longtemps identifiée à la chapelle Champlain.

Archives nationales du Québec.

Déclaration faite au papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales par Marie-Barbe de Boulogne, veuve de Louis Dailleboust (d’Ailleboust), chevalier et seigneur de Coulonges, laquelle déclaration étant relative à une maison, une étable un jardin ainsi qu’un demi-arpent de terre . – 7 décembre 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Déclaration faite au papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales par Marie-Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis Dailleboust (d’Ailleboust), chevalier et seigneur de Coulonges, laquelle déclaration étant relative à un arpent de terre borné par la rue Notre-Dame, en la Basse-Ville de Québec . – 7 décembre 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Acte de foi et hommage inscrit au papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales et présenté par Marie-Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis Dailleboust (d’Ailleboust), chevalier et seigneur de Coulonges, pour la terre et châtellenie de Coulonges et pour trois étendues de terre . – 9 décembre 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

 

Déclaration faite au papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales par Marie-Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis Dailleboust (D’Ailleboust), Chevalier et seigneur de Coulonges et d’Argentenay, laquelle déclaration étant relative à la concession, pour le sieur Dailleboust (D’Ailleboust) et ses associés, de terres comprises entre l’île de Miscou et le cap des Rosiers (Desrosiers), représentant plus de trois cents lieues de pays . – 23 mars 1668
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

« Concession par Marie-Barbe de Boulogne (Boullongne), veuve de Louis d’Ailleboust, Chevalier seigneur de Coulonge et d’Argentenay, gouverneur et Lieutenant général pour le roi au pays, à Jean Meneux, d’une terre de 3 arpents à prendre dans le fief et seigneurie d’Argentenay dans l’île d’Orléans . – 1665
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

 

Ordre de payer à dame Barbe de Boulogne, veuve de Louis d’Ailleboust, chevalier, seigneur de Coulonges et Argentenay, gouverneur et lieutenant gouverneur de la Nouvelle-France, créancière de la communauté, la somme de 417 livres . – 18 juin 1664
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Déclaration de Marie Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis d’Ailleboust, gouverneur et lieutenant général de Sa Majesté en Nouvelle-France, sur l’emploi des deniers de l’adjudication de la maison de Coulonges . – 31 décembre 1664
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Arrêt qui ordonne le remboursement de 417 livres à Marie Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis d’Ailleboust, pour les raisons portés à l’arrêt du 14 juin 1664 . – 17 janvier 1665
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

 

Réception d’appel de Marie Barbe de Boulogne, veuve de feu Louis d’Ailleboust, gouverneur et lieutenant général du Roi, d’une sentence rendue par le lieutenant civil et criminel de Québec en date du 2 avril 1667, à l’encontre de Marguerite Boileau, femme et procuratrice de Jean Serreau sieur de Saint-Aubin . – 26 avril 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

 

Appellation mise au néant d’une sentence rendue contre Jean Sereau, sieur de Saint-Aubin, par le lieutenant civil de Québec, le 2 avril 1667, au profit de dame Marie Barbe de Boulogne, veuve de Louis d’Ailleboust, gouverneur et lieutenant général pour le Roi en Nouvelle-France . – 28 avril 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Homologation d’une transaction entre Marie Barbe de Boulogne, veuve de Louis d’Ailleboust, chevalier, seigneur de Coulonge, gouverneur et lieutenant général du Roi et Charles d’Ailleboust, écuyer, sieur des Musseaux, passé devant Jean Lecomte, le 22 juin 1668 . – 25 juin 1668
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

 

Prêt de la somme de 400 livres à dame veuve d’Ailleboust pour subvenir à des nécessités . – 7 février 1665
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Arrêt portant dispense d’âge pour demoiselle Marie Moyen, âgée d’environ 20 ans, fille de feu Jean Moyen, sieur DesGranges et d’Élizabeth Lebret, (qui ont été tués par des Iroquois), qui a été nourrie et élevée par damoiselle Jeanne Mance, administratrice de l’hôpital de Saint-Joseph, à la condition qu’elle ne pourra ni vendre, ni aliéner ses biens . – 11 août 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Arrêt qui maintien les messieurs du Séminaire de Saint-Sulpice dans la libre possession de l’emplacement concédé à Pierre Normand par eux, en lui payant 400 livres pour l’indemniser de ses prétentions sur celui-ci . – 20 août 1667
– 1 document(s) textuel(s) (pièce(s))

Source

Bibliographie sélective

BERGERON, Evelyn. 2015. La confrérie des Dames de la Sainte-Famille de la paroisse Notre-Dame du Montréal (1724-1760): un lien élitaire au féminin? Mémoire de maîtrise, Faculté des Arts et de Sciences, Département d’histoire, 126 p.

CASGRAIN, Henri-Raymond. 2015. Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, Fb & C Limited, 618 p.

CLICHE, Marie-Aimée 1988. Les pratiques en dévotion en Nouvelle-France: comportements populaires et encadrement ecclésial dans le gouvernement du Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 354 p.

Texte sur internet.

DANIEL, François. 1867. « La Famille d’Ailleboust », in Histoire des grandes familles françaises du Canada ou Aperçu sur le chevalier Benoist et quelques Familles Contemporaines, Montréal, Éditions Eusèbe, pp. 191-210

DAVELUY, Marie-Claire.1961. Bibliographie de la Société de Notre-Dame de Montréal (1639-1663) accompagnée de notes historiques et critiques (suite) no. 41 Madame Marie-Barbe de Boullongne, Revue d’histoire de l’Amérique française, Volume 15, numéro 3, décembre 1961, pp. 466-472

DAVELUY, Marie-Claire. 1921. « Barbe de Boullongne » Action Française, Juillet 1921, pp. 425-432

FAUTEUX, Eegidius.1917. La famille d’Ailleboust: Études généalogique et historique, Montréal. G. Ducharme Éditeur.

GABOURY, Lorraine.1982. Une famille noble en Nouvelle-France, les d’Ailleboust, Thèse de Maîtrise, Université de Montréal, 390 p.

GAGNON, Ernest. 1942. « Marie-Barbe de Boullongne, veuve de Louis d’Ailleboust » in Gagnon, Ernest, Louis d’Ailleboust, Montréal, Beauchemin, pp. 149-157

texte sur nosracines.ca

JAMET, Albert Dom. 1936. Les annales de l’Hôtel-Dieu de Québec 1636-1716: composées par les révérendes mères Jeanne-Françoise Juchereau de St-Ignace et Marie Andrée Duplessis de Ste Hélène, anciennes religieuses de ce monastère, éditées dans leur texte original avec une introduction et des notes par Dom Albert Jamet de l’Abbaye de Solesmes.  , Presse du Garden City. 1936, 494p

Texte sur Internet

JUCHEREAU DE SAINT-IGNACE, Françoise, 1751. Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, Paris, 558 p.

Texte sur internet

JUCHEREAU, Jeanne-Françoise-Jeanne. 1939. Les Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec,  1636-1716, Des Presse de Garden City, 491 p.

NOEL, Jan.1998. Les femmes en Nouvelle-France, Société historique du Canada, Brochure no. 59.

PROVOST, Honorius, Boullongne, Marie-Barbe de. Dictionnaire biographique du Canada.

ROY, Pierre-Georges.1930. « Barbe de Boullongne » in Pierre-Georges Roy, Québec sous le régime français. Volume premier, Québec, Archives du gouvernement de la province de Québec, 130, p. 189-190

Texte sur nosracines.ca

ROY, Pierre-Georges 1939. « La mort de Mme d’Ailleboust». in Pierre-Georges Roy,              A travers l’histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, Lévis, p. 91

Texte sur nosracines.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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