La date de naissance de Samuel de Champlain

Manuscrit de la page de présentation:  Première mention du nom de Samuel de Champlain, le 15 mars 1595.  Paiement à Samuel de Champlain, aide du Sieur Hardy, pour un voyage secret. Source:  Heidenreich, Conrad, Samuel de Champlain before 1604. préface no. XVI.

Introduction

Le présent texte vise à regrouper les recherches qui se sont penchées sur la date de naissance de Samuel de Champlain. La recherche a connu une effervescence en 2012 lorsqu’un généalogiste de la Charente Maritime, M. Jean-Marie Germe, a trouvé un acte de baptême censément être associé à Champlain. Toutefois des doutes subsistent quant à savoir si ce document est bien relié à Samuel de Champlain.

Nous allons présenter chronologiquement les recherches des personnes suivantes :

Charles-Honoré Laverdière (1870), Narcisse Dionne (1906), Jean Liebel (1978), Marcel Trudel (1986), Yves Cazau (1988), Caroline Montel-Glénisson (2004), Raymonde Litalien (2004),  Nathalie Fiquet (2004), David Hackett-Fischer (2008), Christian Morrissonneau (2009), Conrad E. Heidenreich (2010), Acte de baptême de La Rochelle (2012), Marcel Fournier (2012), Eric Thierry (2012), Fichier Origine (2012), Wikipedia (2012), H Jean-François Lozier (2013), Bernard Allaire (2014), Jany Grassiot (2018), Musée canadien de l’histoire  (2018).

Par la suite, je tenterai d’examiner cet acte de La Rochelle en tenant compte de la biochronologie de Champlain.

1- Charles-Honoré Laverdière

Dans son livre: Oeuvres de Champlain publiés sous le patronage de l’Université Laval, publié en 1870, il mentionne ceci touchant sa date de naissance :

« Champlain naquit en l’année 1567, si l’on en croit la Biographie Saintongeoise. Il est regrettable que cet ouvrage n’indique pas la source où cette date a été puisée; car, jusque aujourd’hui, les chercheurs les plus infatigables n’ont encore pu réussir à trouver son acte de naissance. Un chose digne de remarque, c’est que notre auteur, dans le cours de toutes ses oeuvres, à travers le récit de tant d’évènements divers, n’ait pas une seule fois trouvé l’occasion, ou jugé à propos de parler de son âge, même lorsqu’il était opportun de faire valoir ou de rappeler ses services passés. Cependant, si l’on n’a pas de preuve directe de l’exactitude de cette date donnée par la Biographie Saintongeoise, on peut établir d’une manière au moins approximative, qu’elle n’est pas loin de la vérité. Champlain nous apprend lui-même, qu’il était maréchal des logis dans l’armé de Bretagne, sous le maréchal d’Aumont, qui mourut au mois d’août 1595. De là on peut conclure, que peu de temps auparavant, vers 1592 peut-être, il devait avoir vingt-cinq ans ou environ; puisqu’il  occupait  déjà un poste de confiance qui d’ordinaire ne se donne qu’à une personne de quelque expérience. Suivant ce calcul, sa naissance aurait donc eu lieu en 1567. 

 La différence d’âge entre Pont-Gravé et Champlain, vient encore ajouter un certain degré de probabilité à la date assignée par le même ouvrage. Cette différence, quoiqu’elle ne soit nulle part donnée positivement, peut se déduire avec assez d’exactitude de plusieurs passages et entre autres de celui: Pour le sieur du Pont, dit Champlain en 1619, son âge me le ferait respecter comme mon père. Cette manière de s’exprimer donne évidement à entendre que Pont-Gravé avait au moins dix ou douze ans de plus que lui. Or, d’après Sagard, Pont-Gravé avait alors soixante-cinq ans. Si l’on suppose que Champlain avait douze ans de moins, on trouve qu’il était, en 1619, âgé de cinquante-deux ans environ; ce qui reporte sa naissance à 1567 »

Source:  Laverdière, Charles-Honoré, Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l’Université Laval, Seconde Edition, Tome 1, Québec, Geo. E. Desbarats, 1870, p. IX Notice biographique de Champlain.

2-  Narcisse-Eutrope Dionne

« Dans une circonstance pourtant, il dit, mais d’une manière bien obscure, faisant allusion à Pontgravé, que « l’âge de ce dernier le ferait respecter comme son père ». C’est en l’année 1619 qu’il s’exprimait ainsi.  Le frère Sagard-Théodat, mineur récollet, racontant son voyage au Canada durant les années 1623 et 1624, dit que le sieur Pont-Gravé était un vieillard, alors âgé de plus de soixante-dix ans.  Il pouvait donc y avoir vingt ans de différence d’âge entre ces deux personnages. C’est assez pour expliquer la déférence de Champlain à l’égard du capitaine malouin.  On en est donc encore réduit aux conjectures sur le sujet.  Heureux, si nous parvenons un jour à débrouiller le chaos qui entoure le berceau du premier gouverneur de la Nouvelle-France. »

Source: Dionne, Narcisse-Eutrope, Samuel Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle France, histoire de sa vie et de ses voyages. Tome 1 / par N.-E. Dionne,… ,
Québec,   A. Coté,  1891-1906, p. 5

Donc, selon Dionne, Champlain serait né vers 1574, soit 20 ans après François Gravé.  (1624 – 70 = 1554) Nous savons aujourd’hui que François Gravé est bien né en 1560 et non en 1554.

 

3– Jean Liebel

Liebel, Jean. (1978). On a vieilli Champlain, Revue d’histoire de l’Amérique française, 32(2), sept 1978, p. 229-237

Dans cet article paru en 1978, Jean Liebel est le premier historien à remettre en cause la date de naissance de Champlain. Les historiens du 19e siècle, tels que Pierre Damien Rainguet et l’abbé Laverdière, avaient déterminé la date de 1567 ou 1570 parce que Champlain aurait été suffisamment âgé pour agir comme maréchal des logis. Il aurait eu  entre 24 et 27 ans en 1594. Ces historiens lui attribuent-il à tort un rôle trop important dans la fondation de Québec et auraient-ils ainsi vieilli Champlain? La position de Liebel n’est pas neutre, car il fait également la promotion de Pierre Dugua de Mons comme autre fondateur de Québec.

Or, n’ayant pas d’acte de naissance précis, Liebel doit s’appuyer indirectement sur la vie de Champlain pour déterminer son âge. De fait, Champlain, lui-même, nous donne des indices précieux :

1- En 1631, il affirme qu’il a passé trente-huit ans de son âge à faire plusieurs voyages en mer. Ce qui nous amène à conclure qu’il aurait commencé à naviguer vers 1593 à l’âge vraisemblable de 13 ans.

2- L’autre indice provient de son ami et navigateur François Gravé. Champlain aurait dit à son sujet: « que le Sieur du Pont, j’estois son amy & que son âge me le feroit respecter comme mon père. » Or ce François Gravé est né en 1560. Cette date est également confirmée par le père Sagard qui soulignait en 1629 que Gravé était alors âgé près de 70 ans. Ainsi on peut supposer qu’un écart de 20 ans permet de déterminer autour de 1580, la date de naissance de Champlain.

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Acte de naissance de François Gravé.

Source:  Le Blant, Robert et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, Volume 1, Ottawa, Publication des archives publiques du Canada, no. 15, 1967, p. 1

3- Champlain a servi sous les ordres du maréchal d’Aumont, or celui-ci meurt le 15 août 1595. Donc Champlain aurait donc été engagé à 13 ou à 14 ans dans l’armée de Bretagne.

4- Champlain en 1603 est encore tout jeune, soit environ 23 ans, et agit comme observateur. Il n’a pas de titre particulier et il prend des notes pour un compte-rendu au roi. Il continue son travail de renseignements entrepris en Bretagne entre 1593 et 1598 et aux Indes Occidentales en 1598 et 1601. En 1603, Champlain n’est pas navigateur, ce rôle est bien celui de François Gravé qui sillonnait le Saint-Laurent vers la fin des années 1570¹.

4– Marcel Trudel

« On ne sait rien de la date de la naissance de Champlain : il serait né vers 1570, peut-être en 1567, ou plus tard, vers 1580. On a voulu voir en lui un fils de pauvres pêcheurs ou d’un capitaine de la marine, ou même un bâtard d’une grande famille. Hanté par l’énigme de cette origine, Florian de La Horbe a voulu la dénouer à la façon d’un Alexandre Dumas : Champlain serait ce Guy Eder de La Fontanelle, illustre soudard qui, condamné à être rompu vif, aurait échappé au châtiment pour reparaître, homme rangé, sous le nom de Champlain. En vain cherchons-nous dans cette thèse une preuve sérieuse qui nous fasse douter de l’histoire traditionnelle : ce n’est là qu’un fort mauvais roman policier.

Nous ne savons pas si Champlain fut baptisé catholique ou protestant : son prénom biblique, qui en Saintonge n’était guère donné que dans les familles protestantes, et la ville huguenote qu’était alors Brouage rendent probable la naissance protestante de Champlain. Sa lutte contre la Ligue catholique ne prouve rien, car l’opposition à la Ligue était le fait de monarchistes catholiques ou protestants ; ne prouve rien non plus son choix d’une épouse protestante. S’il est né protestant, Champlain est passé très tôt au catholicisme, comme le jésuite Paul Le Jeune, né huguenot et devenu plus tard catholique. Quoi qu’il en soit, lorsqu’il commence en 1603 sa carrière canadienne, Champlain est catholique, comme le prouve la doctrine qu’il explique alors aux Amérindiens de Tadoussac. »

Source: http://biographi.ca/fr/bio/champlain_samuel_de_1F.html

 

5- Yves Cazau

« Champlain est discret sur cette obligation de naissance qu’il a envers le roi. Sa naissance est inconnue, hormis qu’il est de Brouage. Lui-même connaît-il ses parents? Il n’en parle jamais. Il ne sait qu’approximativement son âge, ce qui amène à fixer sa naissance entre 1567 et 1570, plus vraisemblablement 1570. Or Henri de Navarre était présent entre Brouage et La Rochelle en ces années-là, âgé d’entre quinze et dix-sept ans. Filiation naturelle, parrainage, assistance donnée à sa famille au point qu’Henri IV se le soit attaché et le garde auprès de lui? … Le mystère de sa naissance le fait l’homme du destin. »

Source:  CAZAU, Yves. (1988). Le rêve américain: De Champlain à Cavelier de La Salle, Paris, Albin Michel, p. 42

 

6– Caroline Montel-Glénisson

En 2004, Caroline Montel-Glénisson, mentionnait ce commentaire:

« Suivant en cela une récente étude, l’hypothèse d’un Champlain né deux ou trois ans avant 1580 nous semble vraisemblable, d’autant plus qu’il dit lui-même dans une lettre au Roi en 1630 avoir depuis trente cinq ans rendu continuellement service à Votre Majesté, tant aux armées du feu Roi que au voyage qu’il fit il, il y a trente ans aux Indes Occidentales et depuis en votre Nouvelle-France, en laquelle il a presque continuellement séjourné. Ce compte à rebours ferait commercer la carrière militaire de Champlain vers 1595, aux alentours de seize, dix-huit ans. Ce qui est très normal pour l’époque. »

 

Source:  Montel-Glénisson, Caroline,  Champlain: La découverte du Canada, Nouveau Monde Éditions, 2004

 

7- Raymonde Litalien

« Ainsi en est-il du problème de la date de naissance. L’affirmation de Pierre Damien Rainguet, pourtant remise en question par Léopold Délayant, en 1867, est reprise par de nombreux auteurs, dont Laverdière qui lui confère ainsi un véritable essor. La stèle érigée à Brouage, en 1878, indiquant que Champlain serait né vers 1570, fait prendre conscience que ces dates ne sont que conjectures et qu’aucune source sûre n’a été trouvée. Pourtant, sur le monument érigé à Québec, en 1898, la date de 1567 sera reprise, probablement basée sur l’âge attribué à Champlain comme maréchal des logis, contre la ligue, à Blavet, de 1595 à 1598. Jean Liebel, pour sa part, après de minutieuses confrontations de documents originaux, situe la naissance de Champlain en 1580. »

Source: LITALIEN, Raymonde, Historiographie de Samuel Champlain, in Vaugeois, Denis, et Raymonde Litalien (Dir.), Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery, Septentrion, 2004, p. 15

 


8- Nathalie Fiquet

Dans un chapitre sur Brouage au temps de Champlain, Nathalie Fiquet conclue ainsi:

« Si la date précise de sa naissance n’est pas connue, l’hypothèse selon laquelle il serait né vers 1580 (Liebel, 1979) semble la mieux correspondre à l’image qui transparaît de ses écrits, celle d’un homme qui illustre parfaitement la Renaissance aboutie à la fois dans l’éventail de ses connaissances et la rapidité de sa carrière, sous-officiers à 15 ans, capitaine et commandant d’une compagnie à 17.»

De fait, en 1598, sur le navire le Saint-Julien, Champlain est trop jeune pour être capitaine. Il est à la tête de l’équipage français sous la direction du Capitaine.

Source:  Fiquet, Nathalie, Brouage au temps de Champlain, ville nouvelle ouverte sur le monde…, in Vaugeois, Denis, et Raymonde Litalien (Dir.), Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery,  Septentrion, 2004, p. 37

 

9- David Hackett-Fisher

Dans son livre, « Le rêve de Champlain », l’auteur aborde en Annexe A, un texte intitulé:  La date de naissance de Champlain. A l’exemple de Jean Liebel, il dresse une historiographie du sujet. À propos de ce dernier, Fischer souligne qu’il a voulu relativiser le rôle de Champlain dans la fondation de Québec. Liebel est de fait un des promoteurs de la reconnaissance de Dugua de Mons dans cette fondation. Fisher doute des conclusions de Liebel, car il semble impossible que Champlain ait eu des missions de confiance et des distinctions honorables alors qu’il n’avait que quatorze ou quinze ans. Il conclut :

« C’est peut-être possible pour des membres de la famille royale ou des princes de sang, ou encore des fils de grandes familles titrées, mais Champlain n’était pas de ce monde-là. »

Or, cela ne serait pas tout à fait exact, car la famille Champlain serait issue d’une famille noble¹.

Pour ce qui concerne l’affirmation de Champlain selon laquelle il a passé « trente-huit ans de son âge à faire plusieurs voyages en mer »,  Fischer en arrive par de savants calculs, à la conclusion qu’il aurait commencé à naviguer à 1 an. Ainsi Fischer préfère 1570 comme date de naissance, car Champlain aurait alors 11 ans lorsqu’il commence à naviguer avec son père.

Quant à l’estimation de la date de naissance, en analysant le passage où il considérait son ami François Gravé, né en 1560, comme son père, Fischer met en doute l’écart de 20 ans entre eux. Il fait une longue dissertation en se référant aux matelots de la Seconde Guerre Mondiale. Il est persuadé qu’un écart de 10 ans pourrait concorder avec la déclaration filiale de Champlain.

Il semble bien que l’on ne fasse pas référence à un père spirituel, concept relativement nouveau, mais bien d’un écart d’âge véritable, et vingt ans est plus probable que dix ans.

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Sommaire des hypothèses sur la date de naissance de Champlain.
source: Hackett-Fisher, Le rêve de Champlain, Appendice A. p. 673

 

10– Christian Morrissonneau

Sur la date de naissance de Champlain, Christian Morrissonneau disait:

« Mais Champlain est fort probablement né en 1580, ou autour de cette année-là, plutôt qu’en 1567. Il est maintenant convenu que cette date n’est soutenue par aucun document. Les arguments qui optent pour 1580 sont crédibles, car la biochronologie est plus vraisemblable. Liebel a démontré de façon convaincante, dans son article On a vieilli Champlain, l’impossibilité d’une naissance en 1567. »

Source:  Morrissonneau, Christian, Le rêve américain de Champlain, avec la participation de Maryse Chevrette et Isabelle Lafortune, Montréal, Hurtubise, 2009

 

11- Conrad K, Heidenreich

Heidenreich remet en cause le fait que Champlain soit né en 1580.  Il ne comprend pas qu’il soit possible d’avoir une carrière au Service des logis de la Maison du Roy,  à un âge aussi précoce que15 ans, soit en 1595. Il mentionne :

« At a time when connections to the court meant everything to a successful career, how could Champlain, if he was a mere commoner from on the outer provinces with no connections to the nobility, have risen through the rank from fourrier to become de facto governor of New France? »

Source : Heidenreich, Conrad E., K. Janet Ritch, Samuel de Champlain before 1604: Des Sauvages and Other Documents Relating to the Period, Toronto, The Champlain Society, 2010, p.16 .

Heidenreich rejoint les interrogations d’Hackett-Fischer qui établit un lien paternel entre Champlain et Henri IV pour expliquer une telle carrière. De fait, Eric Thierry émet plutôt l’hypothèse que la famille Champlain serait originaire d’une famille noble de la Mayenne, ce qui aurait permis à Champlain une telle carrière¹.

Finalement, Heidenreich mentionne que Champlain serait né entre 1572 et 1577 car il y avait un pasteur protestant à Brouage, Nicholas Folion.  Heidenreich s’oppose à la thèse de Liebel, car il conclut :

« … we feel that Champlain was born before 1580, possibly during the early to mid 1570s. His location in Brittany as early as 1595 and his rank and task at the time make a birthdate of 1580 unlikely, and even more unlikely if Champlain got to Paris, let alone Brittany, as early of 1592, Boy a that age were not army material. » (p. 433)

Pourtant, selon Eric Thierry, ce voyage à Paris en 1592 n’est pas confirmé, et Heidenreich aurait  :

« confondu le service des logis de la Maison du roi et les services des logis de l’armée royale de Bretagne auquel Champlain a intégré de fait. L’appartenance au service des logis de la Maison du roi aurait nécessité plus de relations de la famille de Champlain avec la Cour. L’entrée dans le service des logis de l’armée royale de Bretagne était plus facile pour un membre de la petite noblesse comme lui. »

 

12- Le généalogiste Jean-Marie Germe découvre un acte de baptême  dans le temple protestant de St-Yon de Larochelle

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Source: Archives de la Charente Maritime en ligne.  http://www.archinoe.net/v2/ad17/visualiseur/registre.html?id=170061727 page 64

« Le vandredy treziesme jour daougst mil cinq centz soysente et quatorze a esté baptizé Samuel filz de Anthoynne Chapeleau et de m [mot rayé] Margerite Le Roy, p[a]rain Estienne Paris, mayrenne Marye Rousseau. Denors N Girault [paraphe] ».

Découverte publiée dans le journal du Sud-ouest:

BROSSET, Thomas. (2012). Samuel Champlain, le fondateur de Québec, avait été baptisé à La Rochelle, Sud-ouest, 13 avril 2012.
Repéré à http://www.sudouest.fr/2012/04/14/champlain-rochelais-687961-1275.php

13– Marcel Fournier

Samuel de Champlain de Brouage ou de La Rochelle ? – Les deux !

« La découverte par le généalogiste français Jean-Marie Germe de l’acte de baptême de Samuel de Champlain datée du 13 août 1574 dans le registre pastoral du temple Saint-Yon de La Rochelle  constitue une donnée inédite pour l’histoire de la ville de Québec et de la Nouvelle-France. Bien que le nom du père de Samuel soit Chapeleau au lieu de Champlain dans l’acte, il s’agit selon moi d’une variante orthographique courante dans les actes anciens. Grâce à cette trouvaille, on peut maintenant écrire que Champlain avait 34 ans lorsqu’il fonde la ville de Québec en 1608, 36 ans lorsqu’il épouse Hélène Boulé à Paris en 1610 et 61 ans à sa mort à Québec en décembre 1635.

Le fait que Champlain soit de confession protestante ne surprend pas. Son prénom d’inspiration biblique, fréquent chez les protestants, et la période de sa naissance dans les provinces d’Aunis et de Saintonge, fiefs du protestantisme dans l’ouest de la France, confirment ses origines religieuses bien que par la suite, il fut un fervent catholique. Quant au lieu de la naissance de Champlain, on ne peut affirmer qu’il soit né à La Rochelle. Selon moi, le fondateur de Québec est né à Brouage et baptisé à La Rochelle. Voici les arguments qui tendent à justifier cette opinion :

Champlain est dit de Brouage dans ses écrits de 1632 (Œuvres de Champlain).

Dans le testament de son oncle Guillaume Allène rédigé à Cadix en Espagne en 1601, Allène dit de Champlain « J’ai beaucoup d’affection pour Samuel de Champlain ici présent, Français natif de Brouage dans la province de Saintonge ».  Allène, un contemporain et oncle de Champlain, le fait naître à Brouage.

Dans un acte de vente du navire La Jeanne (ct Me Vilain à Brouage du 23-12-1573), Antoine Chappelain pilote de navires, père de Samuel Champlain, possédait une propriété à Brouage, propriété que Samuel de Champlain a vendue en 1630 (contrat Gouyn, 27-09-1630).

Il est donc possible et même probable que Samuel de Champlain soit né à Brouage à l’été 1574 et qu’il ait été baptisé à La Rochelle le 13 août 1574 d’autant plus que chez les protestants il peut s’écouler de quelques jours à quelques semaines entre la naissance d’un enfant et son baptême. Comme Brouage se trouve à 55 km de La Rochelle, que les parents de Samuel de Champlain possédaient aussi une propriété à La Rochelle, il est donc normal que Samuel de Champlain ait été baptisé à La Rochelle puisqu’il n’existait pas de temple protestant à Brouage, le temple le plus près étant celui de Marennes.

Il ne sera donc pas nécessaire, pour le moment du moins, de corriger les informations inscrites sur les monuments et les plaques commémoratives qui rendent hommage au père de la Nouvelle-France. »

Marcel Fournier, AIG

Généalogiste

Le 28 avril 2012

Source:  http://marcel-fournier.com/index.php/histoire/49-samuel-de-champlain

 

14- Eric Thierry

L’acte de baptême de Samuel de Champlain n’a pas été retrouvé1

NDLR – La question de l’acte de baptême de Champlain constitue un débat d’idées et l’opinion émise dans le présent texte n’engage que son auteur.

 

Par Éric Thierry
Historien
Source : Québecensia, volume 31, n° 2, novembre 2012

La découverte du généalogiste Jean-Marie Germe
Le 13 avril 2012, le quotidien français Sud-Ouest a révélé la découverte par le généalogiste poitevin Jean-Marie Germe de « l’acte de baptême pastoral de Samuel Champlain » à La Rochelle2. Cette publication a marqué le début d’une semaine d’intense agitation médiatique au Québec. Sous la conduite de Marcel Fournier, un consensus s’est hâtivement dégagé en faveur de l’authenticité de cette découverte3. Dès le début, j’ai été un des rares à émettre des doutes. Je remercie non seulement la Société historique de Québec de m’avoir proposé de présenter mon point de vue, mais aussi la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs de le faire connaître à son lectorat.
Le document découvert par Jean-Marie Germe peut être consulté aisément puisque le registre où il se trouve a été numérisé et qu’il est visible sur le site des Archives départementales de la Charente-Maritime4. Au verso du folio 49 de ce recueil d’actes de baptêmes célébrés dans le temple rochelais Saint-Yon de 1573 à 1575, on peut lire : « Le vandredy treziesme jour daougst mil cinq centz soysente et quatorze a esté baptizé Samuel filz de Anthoynne Chapeleau et de m [mot rayé] Margerite Le Roy, p[a]rain Estienne Paris, mayrenne Marye Rousseau. Denors N Girault [paraphe] ».

L’année de naissance et la religion de Champlain
1574 est une année de naissance de Champlain tout à fait vraisemblable. Dans un article publié en 1978, Jean Liebel a proposé « vers 1580 », en s’appuyant sur l’acte de baptême de François Gravé daté du 27 novembre 1560 et sur un passage des Voyages de 1632 de Champlain dans lequel celui-ci affirmait que l’âge de François Gravé l’incitait à le respecter comme son père5. Plus récemment, en 2010, Conrad Heidenreich a préféré le milieu des années 1570, car, selon lui, Champlain ne devait plus être un jeune adolescent pour être admis comme aide du maréchal des logis Jean Hardy en 15956.
Le protestantisme des parents de Champlain n’est pas non plus invraisemblable. On le suppose depuis longtemps car Samuel est un prénom biblique rarement porté par des catholiques7. Cela n’est pas incompatible avec le catholicisme que Champlain a toujours professé : la frontière entre les deux confessions n’est devenue hermétique que progressivement au XVIIe siècle, au fur et à mesure que la plupart des décisions du concile de Trente ont été imposées en France. Jusque-là, le passage d’une religion à l’autre était fréquent. En témoignent les cas du roi Henri IV et de beaucoup de ses contemporains qui n’ont cessé de croire à la possibilité de réconcilier tous les chrétiens8.

Chapeleau ou Champlain ?
Ce qui permet de douter de l’authenticité de la découverte de Jean-Marie Germe, c’est surtout le nom Chapeleau. Certes, on peut, comme l’a fait Marcel Fournier, rappeler que les graphies des noms propres varient beaucoup dans les documents anciens9, mais la forme Chapeleau, ou une autre phonétiquement proche, ne se rencontre jamais dans des actes passés par le fondateur de Québec. On ne trouve que les variantes Zamplen (1601), Camplain (1610), Champelain ou Champellain (1613, 1625, 1630 et 1633), Champlin (1618), Champlein, Champlaine, Shamplin et Champlayne (1629-1632)10.
À propos des parents de Samuel de Champlain, le seul document sûr est ce passage du contrat de son mariage avec Hélène Boullé passé le 27 décembre 1610 : il y est dit « filz de feu Anthoine de Camplain [Champlain] vivant capitaine de la Marine et de dame Marguerite Le Roy ses père et mere »11. Samuel de Champlain s’est toujours montré fier de son patronyme et de la particule l’accompagnant. On les retrouve dès 1595, dans un état des sommes qu’il a reçues lorsqu’il servait dans l’armée du roi en Bretagne. Ils y apparaissent sous les formes « Samuel de Champlain » et même « sieur de Champlain »12, ce qui atteste que le fondateur de Québec a prétendu très tôt porter un nom de terre et vivre noblement.
Une découverte déjà ancienne faite dans les archives d’un notaire de Marennes est utilisée par ceux qui voient dans Chapeleau une variante possible de Champlain. Il s’agit d’un acte daté du 23 décembre 1573 qui concerne la vente d’une moitié de navire par un pilote de Brouage se nommant Antoine Chappelain ou Chappelin. Il est aujourd’hui courant de considérer cet homme comme le père du fondateur de Québec. Dès lors, on peut dire que seul le son final distingue Chappelain ou Chappelin de Chapeleau, et que c’est finalement bien peu de chose. On oublie les réserves formulées non seulement par celui qui a découvert le document13 mais aussi par ceux qui ont été les premiers à le publier : « Aucune preuve ne permet d’affirmer avec une certitude absolue que cet homme est le père de Champlain »14. Chappelain ou Chappelin n’est pas une variante certaine de Champlain, ce qui rend très hasardeux le rapprochement avec Chapeleau.

Plaque commémorative à Brouage

Plaque commémorative à Brouage
Crédit photo : Gaston Deschênes

La question du lieu de naissance de Champlain
J’aimerais enfin examiner la question du lieu de naissance de Champlain. Contrairement à ce que Marcel Fournier n’a pas hésité à laisser entendre15, il n’y a aucun document qui atteste que les parents de Champlain aient eu une propriété à La Rochelle. On ne peut même pas supposer, comme l’a pourtant fait Jean-Marie Germe16, qu’ils aient logé, en août 1574, dans la maison rochelaise des Quatre-Vents que possédait le capitaine Guillaume Allene : à cette date, celui-ci était marié à Guillemette Gousse ; il n’avait pas encore épousé une sœur de Marguerite Le Roy17. Les parents de Champlain étaient installés à Brouage. En effet, les biens immobiliers qu’ils possédaient et qu’ils ont transmis à leur fils unique s’y trouvaient tous. Il s’agit de trois maisons qui ont été vendues par le fondateur de Québec en 1626 et 163018.
De toute façon, un document conforte la thèse de la naissance de Samuel de Champlain à Brouage : il s’agit de la donation faite en sa faveur par Guillaume Allene à Cadix le 26 juin 1601. Rédigé en espagnol, l’acte présente « Samuel Zamplen » comme « natural del bruaze », c’est-à-dire « naturel de Brouage ». Par « naturel », on peut comprendre « natif » car, à l’époque, c’est un sens courant du mot19. Un extrait du même document confirme cette interprétation : « Yo Guillermo Elena, de nascion marselles, natural que soy de la ciudad de Marsella »20, c’est-à-dire, « Moi, Guillermo Elena [Guillaume Allene], de la nation marseillaise, naturel [natif] que je suis de la cité de Marseille ». Ce lieu de naissance de Guillaume Allene est aussi donné par son contrat de mariage avec Guillemette Gousse daté du 17 novembre 1563 : rédigé en français, l’acte précise qu’il est « natif de Marseille, fils de feu Anthoine Allenne et de Gassin Andriou ses père et mère demeurant audit lieu de Marseille »21.
Contrairement à Marcel Fournier, je ne crois pas que Champlain soit né à Brouage et que ses parents soient allés à La Rochelle pour le faire baptiser dans la foi protestante22. Certes, l’existence d’un temple à Brouage n’est pas attestée en 1574, mais il y avait au moins un pasteur dans ce port de Saintonge alors occupé par les troupes huguenotes23. Il s’agit de Nicolas Folion, dit La Vallée. Sa biographie est relativement bien connue : pasteur successivement à Marseille, à Toulouse et à La Rochelle, il a exercé cette fonction à Brouage de 1572 à 157624. En août 1574, il aurait pu baptiser sur place le fils d’Antoine de Champlain et de Marguerite Le Roy.

Acte de baptême de Samuel Chapeleau tiré de Wikipedia

Acte de baptême de Samuel Chapeleau tiré de Wikipedia

 

Alors que ces derniers semblent installés à Brouage, Antoine Chapeleau et son épouse, appelée aussi Marguerite Le Roy, paraissent implantés à La Rochelle. Ce sont les parrain et marraine mentionnés dans le document découvert par Jean-Marie Germe qui peuvent le laisser penser. En 1574, un Rochelais appelé Etienne Paris investissait dans les navires de course : il était le seul propriétaire et armateur du Lion, un navire de 70 tonneaux, et prêtait environ 12 000 livres à la grosse aventure sur 11 autres vaisseaux, dont la Florissante25. Quant à Marie Rousseau, elle était peut-être la mère du futur historien rochelais Amos Barbot né en 1566 et l’épouse de Jean Barbot, sieur du Treuil-Gras, pair et échevin de La Rochelle26.

Pour conclure
Est-il bien utile de rappeler que je ne pense pas que Samuel de Champlain ait été baptisé au temple Saint-Yon de la Rochelle le 13 août 1574 et qu’il soit le fils d’Antoine Chapeleau et de Marguerite Le Roy ? Selon moi, Jean-Marie Germe n’a pas découvert l’acte de baptême du fondateur de Québec : trop de doutes subsistent. Les chercheurs doivent encore fouiller les dépôts d’archives et les bibliothèques. Avec la découverte de Jean-Marie Germe, Samuel Chapeleau a été mis en pleine lumière, mais Samuel de Champlain a conservé ses zones d’ombre.

 

(1) Historien français, Éric Thierry publie à Québec chez Septentrion une édition annotée et en français moderne des œuvres de Champlain. Trois volumes sont déjà sortis : Les fondations de l’Acadie et de Québec (2008), A la rencontre des Algonquins et des Hurons (2009) et Au secours de l’Amérique française (2011).

(2) Thomas Brosset « Samuel Champlain, le fondateur de Québec, avait été baptisé à La Rochelle », Sud-Ouest, 13 avril 2012 (http://www.sudouest.fr/2012/04/13/samuel-champlain-le-fondateur-de-quebec-avait-ete-baptise-a-la-rochelle-687379-1391.php).

(3) Olivier Parent, « Champlain serait né à La Rochelle », Le Soleil, 15 avril 2012.

(4) http://charente-maritime.fr/archinoe/visu_affiche.php?PHPSID=fo5rcdj20ptcsbkramv3uthih6&param=visu&page=1

(5) Jean Liebel, « On a vieilli Champlain », Revue d’histoire de l’Amérique française, XXXII, 2 (septembre 1978), p. 229-237.

(6) Conrad E. Heidenreich et K. Janet Ritch, Samuel de Champlain before 1604. Des Sauvages and Other Documents Relating to the Period, Toronto/Montréal et Kingston-Londres-Ithaca, The Champlain Society/Mc Gill-Queen’s University Press, 2010, p. 429-433.

(7) N. W., « Champlain était-il huguenot ? », Bulletin. Société de l’histoire du protestantisme français : études, documents, chronique littéraire, 6 (1912), p. 274-277.

(8) Thierry Wanegffelen, Une difficile fidélité. Catholiques malgré le concile de Trente. XVIe-XVIIe siècles, Paris, PUF, 1999.

(9) Marcel Fournier, « Samuel de Champlain : de Brouage ou de La Rochelle ? Les deux ! », Québecensia. Bulletin de la Société historique de Québec, XXXI, 1 (mai 2012), p. 8.

(10) Conrad Heidenreich a fait un relevé à peu près exhaustif (Samuel de Champlain before 1604, p. 442-446). Il n’a omis que la variante Camplain présente dans le contrat de mariage du 27 décembre 1610.

(11) Emmanuel de Cathelineau, « La minute notariée du contrat de mariage de Champlain », Nova Francia, V, 3 (mai-juin 1930), p. 144.

(12) C. E. Heidenreich et K. Janet Ritch, Samuel de Champlain before 1604, p. 164, 166, 168 et 170.

(13) Marcel Delafosse, « L’oncle de Champlain », Revue d’histoire de l’Amérique française, XII, 2 (1958), p. 208, note 3 : « Un acte du 23 Décembre 1573 […] concerne bien un Antoine Chappelain pilote de navire à Brouage qui vend une barque, mais la signature est incontestablement « Chappelain » et non Champlain ».

(14) Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 10, note 1.

(15) M. Fournier, « Samuel de Champlain : de Brouage ou de La Rochelle? Les deux ! ».

(16) T. Brosset, « Samuel Champlain, Rochelais ? », Sud-Ouest, 14 avril 2012.

(17) M. Delafosse, « L’oncle de Champlain », p. 213-214.

(18) Eliane et Jimmy Vigé, Brouage. Capitale du sel et patrie de Champlain, Saint-Jean-d’Angély, 1990, p. 286-290.

(19) « Naturel », Dictionnaire du Moyen Français, version 2012. ATILF CNRS-Université de Lorraine (http://atilf.atilf.fr/scripts/dmfX.exe?IDF=dmfXdXrmXnf;ISIS=isis_dmf2012.txt;OUVRIR_MENU=2;s=s16583108;LANGUE=FR;AFFICHAGE=2;MENU=menu_dmf;;XMODE=STELLa;FERMER;;).

(20) C. E. Heidenreich et K. J. Ritch, Samuel de Champlain before 1604, p. 178. Ces auteurs ont publié le document espagnol, mais j’ai traduit moi-même en français les extraits.

(21) R. Le Blant et R. Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, p. 2.

(22) M. Fournier, « Samuel de Champlain : de Brouage ou de La Rochelle ? Les deux ! ».

(23) La Noue s’était emparé de Brouage au printemps 1574 (J.-B Vincent, « Un grand port français oublié (Brouage, la ville morte, racontée par des documents) », Revue maritime, CXCIV (juillet-septembre 1912), p. 295.)

(24) Hippolyte Aubert, « Les débuts de l’Église de Marseille au XVIe siècle », Société de l’histoire du protestantisme français. Bulletin, 1917, p. 136-139.

(25) M. Delafosse, « Les corsaires protestants à La Rochelle (1570-1577) », Bibliothèque de l’École des chartes, CXXI (1963), p. 196-197.

(26) Denys d’Aussy, « Histoire de La Rochelle par Amos Barbot », Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, XIV (1886), p. 4-5.

 Source: https://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/bulletins-anterieurs/bulletin-n-35-decembre-2012/l-acte-de-bapteme-de-samuel-de-champlain-n-a-pas-ete-retrouve

 

15– Fichier origine

« Grand explorateur, navigateur, géographe et cartographe né de parents protestants. En 2012, Jean-Marie Germe découvre « l’acte de baptême pastoral de Samuel Champlain » à La Rochelle, sous Chapeleau. Tous les historiens ne s’entendent pas sur la véracité de cet acte. »

source: http://fichierorigine.com/recherche?numero=240788

16. Jean-François Lozier, Musée de l’histoire à Ottawa.

« Jean-François Lozier a déjà en tête toutes les réponses à ces questions. D’abord, l’orthographe des noms n’est pas encore standardisée à l’époque. Un Chapeleau a facilement pu devenir un Champlain. Celui qui a rédigé l’acte de baptême était peut-être un peu dur de la feuille. Brouage est en proie à des tiraillements entre protestants et catholiques. Peut-être que ses parents ont préféré faire baptiser le petit Samuel dans une ville plus calme pour éviter des problèmes. LaRochelle est à moins de 60 km de Brouage. Est-ce que les parents avaient de la famille à LaRochelle?

Mais le doute subsiste. «En tant qu’historien, il est important d’éviter de faire un raccourci, même s’il est invitant, note M. Lozier. On ne peut pas affirmer hors de tout doute que c’est officiellement l’acte de baptême de Samuel de Champlain. On peut dire que c’est vraisemblablement le sien. Pas plus pour l’instant.»

Source:  Bélanger, Mathieu, Samuel de Champlain, le protestant, Le Droit, 29 mai 2013

17- Wikipedia

Samuel denote 13 Champlain serait né à Brouage, dans l’ancienne province de Saintonge en Francenote 14, entre 1567 et 1580note 1 ; il est mort à Québec (Canada, une des colonies du territoire français de la vice-royauté de Nouvelle-France) le .

Il n’existe pas de consensus sur sa date de naissance. Les publications la situent généralement en 156734, mais les preuves formelles manquent car les registres de Brouage en ligne sont incomplets et ne commencent qu’en 161535,36. L’estimation « 1567 » semble provenir de l’abbé Pierre Damien Rainguet dans son ouvrage37 publié en 1851.

L’abbé Laverdière, dans l’introduction de son édition des Œuvres de Champlain, en 1870, dit accepter ce dire de Rainguet, et il tente de démontrer que la date est plausibleLaverdière 7. Certaines sources présentent des variations importantes de cette estimation de l’année de naissance : ainsi, le professeur Marcel Trudel la situe d’abord en 1567, puis vers 1570Trudel 2, ajoutant ensuite « ou plus tard, vers 1580 »Trudel 1.

 baptême de Samuel, fils d'Anthoynne Chapeleau et de Marguerite Le Roy, le 13 août 1574, à La Rochelle.

Acte de baptême supposé de Samuel, fils d’Anthoynne Chapeleau et de Marguerite Le Roy, le 13 août 1574, à La Rochelle.

En 2012, un acte de baptême a été identifié par un généalogiste poitevin Jean-Marie Germe. Cet acte des registres pastoraux, conservés aux Archives départementales de la Charente-Maritime et mis en ligne sur le site du Conseil général, du temple Saint-Yon38 de La Rochelle, capitale des Réformés, indique que le futur explorateur fut baptisé le , au temple Saint-Yon. L’acte concerne un Samuel, fils d’Anthoynne Chapeleaunote 15 et de Marguerite Le Roy39. Cette attribution qui fait plutôt consensus est contestée par un historien canadien40. Pour autant, rien n’indique que Champlain soit né dans cette ville. « On considère pour l’instant que la naissance a probablement eu lieu à Brouage et le baptême à La Rochelle », précise Jean-Marie Germe. En outre, dans un acte du , devant le notaire Jean Villain, Antoine « Chappelain » (cependant rien n’indique sur cet acte une parenté avec Samuel Champlain), qui y vend 50 % d’une barque, est dit « pilote de navire à Brouage »41. Les parents du futur explorateur, de confession protestante alors, se seraient rendus à La Rochellenote 16, où ils font baptiser leur fils car Brouage ne comptait pas de temple protestant42. Cet acte de baptême n’indique ni la date de naissance du fils ni son âge ni son lieu de naissance43.

Brouage, anciennement Jacopolis, est fondée en 1555 et fortifiée en 1578 par le roi catholique de France (donc, ville catholique au milieu d’une région protestante), à la suite de l’annexion de la ville au domaine Royal en 1577, après sept années de contrôle par les protestants. Fondée par un protestant, la ville sera prise et reprise. De 1555 à 1569 elle est protestante, 1569 à 1570 elle est catholique, de 1570 à 1577 elle est protestante et puis définitivement catholique à partir de 157844. Champlain a pu naître à Brouage durant un de ces contrôles calvinistes, ce qui expliquerait son prénom biblique (Samuel), à connotation protestante45,46.

Samuel de Champlain est, selon son contrat de mariage (fin 1610)Laverdière 8, le fils de défunt « Anthoine de Champlainnote 13, capitaine de la Marine, et de Marguerite Le Roy »Trudel 1.

 

 

18- Bernard Allaire, historien.

Source :    http://bernard-allaire.over-blog.com/article-l-acte-de-naissance-de-champlain-aurait-ete-trouve-13-aout-1574-103465600.html

Bravo à M. Jean-Marie Germe qui en dépouillant les registres de baptême du temple protestants de St-Yon à La Rochelle est tombé sur cet acte qui précise enfin la date de naissance (13 août 1574), l’origine rochelaises (et non Brouage) du fondateur de Québec ainsi que son identité religieuse protestante à propos de laquelle il était toujours demeuré discret d’autant qu’il fut par la suite officier dans des garnisons royales catholiques. Sa famille a sans nul doute déménagé par la suite à Brouage, car Champlain sera incorporé au début des années 1590 dans le même régiment qui défendait la place de Brouage dans les années 1570.  S’il se dit lui-même de Brouage, c’est probablement que tout avait changé autour de lui et qu’il voulait tirer un trait sur son passé rochelais et protestant de son enfance.  Reste que la fin des guerres de religion voit les forces royales d’Henri III et celles protestantes d’Henri IV s’unir contre l’extrémisme de la Ligue et former de nombreux régiments mixtes dans lesquels la priorité n’est plus aux dogmes religieux mais plutôt à la fin de la Ligue confiné à la Bretagne.  Nous n’avons pas consulté les originaux, mais la calligraphie et la phraséologie du document sont tout à fait conformes.  Sur ce point, l’excellent travail de M. Germe met en évidence le fait que de nombreuses séries d’archives n’ont toujours pas été dépouillées et que beaucoup d’autres informations historiques d’importance restent à trouver pour ceux qui peuvent trouver du temps et de l’argent pour faire ces recherches.  La numérisation des actes et l’accessibilité facilité par internet est une chose, mais la recherche savamment organisée en est une autre.  Il n’en demeure pas moins qu’une date de naissance est toujours l’élément primordial à toute recherche biographique et sur ce point nous pouvons encore une fois remercier M. Germe qui vient de rouvrir un tiroir de notre histoire nationale.

(Pour plus de détail voir l’article du Sud-Ouest en cliquant ici link)

 

Les vaines controverses sur Champlain

Je crois qu’il faut arrêter de tergiverser sur l’acte de naissance de Champlain. Ce document n’est qu’un aspect des choses relatives à ce que j’appelle la « nébuleuse Champlain ». Plusieurs conclusions s’imposent à son sujet:

1-Il reste encore des choses à découvrir à son sujet,

2-il faut élargir les perspectives hors de la Saintonge

3-ne plus centrer uniquement sur le personnage Champlain.

Ce n’est pas tant les nouveaux documents que leur intérêt historique qui compte. En 20 ans de recherche j’ai accumulé bien des documents que je n’ai pas exploité faute de temps et de financement sérieux, mais dernièrement j’ai trouvé le « chaînon manquant » sur la période située entre sa naissance et le tournant du 17e siècle qui explique, entre autres, pourquoi il a quitté l’armée de terre et est allé vers les Antilles et le Canada. Je suis confiant de combler le reste grâce aux documents appropriés. Ces derniers ne sont pas faciles à trouver je l’avoue, mais j’ai trouvé plusieurs fonds prometteurs que j’exploiterai dans un futur proche pour asseoir mes conclusions. Donc à mes yeux, la trame de la vie de Champlain ne peut reposer que sur son acte de baptême ou sur ses choix religieux, mais sur une kyrielle de documents divers qui une fois rassemblés nous permettent de remettre l’homme dans son contexte.

Bonne journée à tous les lecteurs

source : http://bernard-allaire.over-blog.com/2014/05/les-vaines-controverses-sur-champlain.html

La maison de Champlain à Brouage

L’acte du 23 décembre 1573 par Anthoine Chappelain est sans conteste la vente d’une moitié de barque le document se trouve aux ADCM dans le notaire Villain de Brouage, dont seuls les registres de 1573 et 1574 ont survécu.

La citation concernant la maison à laquelle le maire de Brouage fait référence est plus tardive: le 15 mars 1615, lorsque Champlain loue la maison de ses voisins qu’il acquiert finalement le 23 février et 2 mars 1620 (probablement pour agrandir celle de sa famille) et grâce auxquels documents nous savons tant de choses sur cette résidence.

Je crois qu’il n’y a pas à douter de l’origine de Champlain probablement né à Brouage et y ayant vécu sa jeunesse, mais il y a cet intermède rochelais durant les guerres civiles où ses parents en ont profité pour le faire baptiser dans un temple protestant.

Les patronymes Marguerite Leroy, Anthoine et Samuel confirme la vraisemblance de l’hypothèse et le contexte Brouage-La Rochelle entrent parfaitement dans le cadre des précédentes spéculations historiques sur le fondateur de Québec.

Bernard Allaire

 

19- Jany Grassiot, généalogiste de Charente-Maritime

Les erreurs d’orthographe sur les noms de famille sont présentes depuis des siècles sur les registres paroissiaux et de l’état civil . Ma propre famille a été dans l’obligation d’être portée en jugement lors d’un mariage au XIXe siècle pour erreur sur un acte de baptême ! Comment trouver un acte similaire à celui de 1574 ???  Avons-nous un document d’époque pour contredire cet acte ? Pas de livre mais bien une véritable source du XVIe ou XVIIe siècle !!!!!! Ne trouvez-vous pas bizarre que le baptisé s’appelle Samuel , le père Antoine et la mère Marguerite Leroy ? Seul le nom de famille Champlain est transformé en Chapeleau et de plus dans une période relative à Champlain …!!!!!!

20– Musée canadien de l’histoire.

« Est-ce l’acte de baptême du « Père de la Nouvelle-France»?  Il est certain que le document se lit difficilement; on doit souvent en deviner les lettres en se fiant tant à leur contexte qu’à leur forme. De plus, à cette époque les règles d’orthographe étaient, pour le moins, souples.  Donc, les différences d’épellation du patronyme de l’enfant et du père doivent tenir compte du fait que ces noms n’avaient peut-être que rarement été consignés par écrit auparavant. On n’avait peut-être pas encore adopté une convention orthographique pour en fixer la graphie.

Quelles sont les chances de trouver un autre acte de baptême datant de cette époque et dont les noms, tels que révélés par d’autres documents historiques, seraient identiques? Elles sont, en effet, infimes. Cependant, même si les patronymes Chapeleau et Champlain se ressemblent beaucoup, cette petite différence, bien que facilement explicable, nous incite à la prudence. Les probabilités sont faibles, mais il se peut que ce document ne soit pas relié à notre Samuel de Champlain. »

Source:  Musée virtuel de la Nouvelle-France.
https://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/les-explorateurs/samuel-de-champlain-1604-1616/

 

Biochronologie de Samuel de Champlain et l’acte de baptême de La Rochelle.

Suite à la présentation et à l’analyse des diverses recherches, il semble bien que l’on constate un clivage important. Nous avons d’une part, un acte de baptême authentique, mais pas nécessairement associé à Champlain et d’autre part, une biochronologie de Champlain issue de ses témoignages et de son histoire. Normalement, l’acte de baptême et les informations sur la vie de Champlain devraient se corroborer mutuellement, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Dans l’acte de La Rochelle, trois informations semblent incompatibles avec la biographie de Champlain. Le nom Chapeleau, le lieu du baptême et finalement, l’année de la naissance.

Le nom

Les généalogistes sont persuadés qu’Antoine Chapeleau est aussi l’équivalent de Anthyne Chappelin et que, c’est bien Antoine de Champlain qui vend une moitié de navire le 23 décembre 1573. Robert Le Blant qui a découvert cet acte et qui ne peut affirmer à 100 % que c’est bien une transaction d’Antoine de Champlain ( Voir Annexe 1 ).   Le mot Champlain est un nom de terre, « champ de plaine » (campus planus) bien étranger au mot Chapeleau de l’acte de La Rochelle². Champlain a toujours porté la particule qui provient de son père.  (voir Contrat de mariage en Annexe 2 ) Ce n’est pas une particule de noblesse, mais bien celle de l’indication d’une terre appelée Champlain. Il se dit souvent sieur du dit lieu. Sieur de Champlain. Son père portait déjà la particule et ce nom proviendrait d’un fief en Mayenne et appartenant possiblement à Jean de la Saugère. Sa femme, Anne de Peigne, avait comme titre, Dame de Champlain.

généalogieLaSaugere2

Le père de Champlain serait un enfant naturel. mais illégitime, de ce noble. Ne pouvant pas lui transmettre son nom, on lui  aurait attribué le nom de l’une de ses terres, Champlain, près de Saint-Pierre des Landes en France. Finalement, dans les registres de paie de l’armée royale de Bretagne entre mars et décembre 1595, on retrouve les noms suivants : Samuel de Champlain, Champlain et Sieur de Champlain (Voir annexe 3).

Le lieu du baptême

Le lieu de naissance de Champlain est bien Brouage en Saintonge, et il est fort probable qu’il ait été baptisé dans cette ville par un pasteur protestant. Le père de Champlain, Antoine, était navigateur entre Saint-Malo et San Lúcar de Barrameda en Andalousie pour le commerce des toiles de Vitré. Il a possiblement rencontré Marguerite Le Roy lors d’une escale à Brouage. Malheureusement, les registres de Brouage ne sont pas disponibles avant 1615. Si l’acte de La Rochelle était authentique, pourquoi Antoine de Champlain aurait-il fait baptiser son enfant à La Rochelle, alors qu’il y a un pasteur protestant à Brouage entre 1572 et 1676? Il s’agit de Nicolas Folion dit La Vallée³. Il est étonnant de retrouver dans cet acte, le nom d’une Marie Rousseau (voir Annexe 4), originaire de La Rochelle.  Quant au parrain Étienne Paris, ce dernier est un armateur originaire de La Rochelle4.  

folionABrouage

Source:  Aubert, Hippolyte, Les débuts de l’église de Marseille au XVI siècle, in Bulletin de l’histoire du protestantisme français: Etudes, documents, chroniques littéraire, Paris, Librairie Fischbacher, 1917, Société de l’histoire du protestantisme français, p. 139

Les tenants de l’acte de 1574 s’appuient également sur le fait que Champlain serait propriétaire d’une maison à La Rochelle. De fait, il n’en est rien. Marie Camaret et Jacques Hersan louent à Champlain, une moitié de maison qui est bien située à Brouage. (voir annexe 5,  Règlement entre Marie Camaret et Champlain, 15 mars 1619).  Lors d’un séjour à Brouage en 1630, Champlain vend les deux maisons qui lui appartenait 5.

Finalement, l’acte de baptême de La Rochelle est douteux car Champlain n’a pas laissé de traces dans cette ville selon Pauline Arseneault, dans un article de Christian Rioux intitulé, « Le mal-aimé de La Rochelle6». 

L’année de la naissance

En 1631, Champlain affirme qu’il a passé trente-huit ans de son âge à faire plusieurs voyages en mer. Ce qui nous amène à conclure qu’il aurait commencé à naviguer vers 1593, à l’âge vraisemblable de 13 ans.

Cette information est corroborée en 1613 dans une lettre adressée à la reine régente Marie de Médicis7, où il mentionnait :

« C’est cet art (la navigation des mers) qui m’a dès mon bas âge attiré à l’aimer, qui m’a provoqué à m’exposer presque toute ma vie aux ondes impétueuses de l’océan qui m’a fait naviguer et côtoyer une partie des terres d’Amérique et principalement la Nouvelle-France. » 

Champlain s’est initié à la navigation dès son jeune âge, soit vers 1592-1594, peu avant son entrée dans le service des logis de l’armée de Bretagne. Il aurait alors entre 12 et 14 ans, ce qui constitue la norme pour l’époque. 

Or si l’on accepte l’acte de baptême de La Rochelle, Champlain aurait commencé à naviguer avec son père qu’à l’âge de 19 ans (1593-1574) , ce qui semble peu vraisemblable.

De plus, si l’acte de baptême de La Rochelle est celui de Champlain, ce dernier aurait eu 21 ans en 1595, lorsqu’il agit comme simple fourrier et aide du Sieur Hardy. Cet âge est également peu vraisemblable. Selon plusieurs historiens, une naissance vers 1580 correspond plus à la réalité de l’époque, les carrières commençant très tôt.

Nous avons vu également qu’Heidenreich trouve invraisemblable la date de naissance de 1580 et il a vieilli Champlain, car il le croyait fourrier dans le Service des logis de la Maison du roi. De fait, il avait un poste de fourrier dans le Service des logis de l’armée royale de Bretagne (voir Annexe 6). 

En 1593, Champlain, âgé alors d’environ 13 ans, était simple fourrier, un jeune garçon bien bâti pour son âge et ayant déjà un réseau d’influence via son père. Hackett-Fisher ne comprend pas que Champlain ait pu intégrer l’armée si jeune et assurer de grandes responsabilités. Par conséquent, il le vieillit de 10 ans et affirme qu’il serait né en 1570. Il affirme que seuls les jeunes issus de grande famille pouvaient intégrer l’armée très jeune, et il conclut :  « mais Champlain n’était pas de ce monde-là » . Or nous savons aujourd’hui que Champlain serait vraisemblablement issu d’une grande famille, comme on l’a vu précédemment.

Eric Thierry mentionne que les enfants illégitimes étaient intégrés à la famille et contribuaient au prestige de la maison paternelle8. Sil a intégré si jeune, c’était qu’il était issu d’une famille bien en vue à la Cour du roi. Heindenreich constate ce fait en soulignant :

« Because of the nature of the maison du roy, one must assume that a young man did not simply appear looking for work but was recommended by someone with influence. If so, we do not know for certain who that was. »

Cette personne serait peut-être le gouverneur de Brouage, François Espinay de Saint-Luc, qui aurait engagé Champlain plutôt dans le service des logis de l’armée de Bretagne dès 1592 selon les historiens Elaine et Jimmy Vigé (Heidenreich, 2010, p. 432).

Touchant le recrutement d’enfants, André Corvisier9 explique bien comment des jeunes adolescents pouvaient intégrer l’armée.

« le commencement du service militaire n’est pas déterminé par l’âge mais par la force » (p. 330)

Pour les officiers et les volontaires, la conception nobiliaire ou féodale subsiste donc. On constate d’une manière générale que plus élevée est la position dans l’échelle de puissance ou la hiérarchie des titres de deuxième ordre, moins on se montre exigeant sur l’âge… » (p. 331)

Heidenreich mentionne que les données sur l’âge des soldats en Bretagne entre 1593 et 1598 sont peu nombreuses. Il constate que seulement 4 garçons étaient âgés entre 13 et 15 ans. (Heidenreich, 2010, p. 430)

A cause de son âge, 13 ans, Champlain n’était pas sur la ligne de front. Il était intégré au Service des logis de l’armée de Bretagne. Il agit d’abord comme fourrier, une véritable école de géographie et de cartographie10.  Le terme fourrier provient du mot fourrage.  Ce sont des sous-officiers de cavalerie chargés spécialement des écuries. Ils sont responsables de distribuer les fourrages et de pourvoir au logement des militaires. Ils sont appelés à faire des reconnaissances sur le terrain en vue de localiser les cours d’eau, les fourrages nécessaires aux chevaux et autres informations nécessaires aux déplacements des troupes.

hardy
Ils sont amenés à dresser des cartes qui indiquent où se trouvent ces ressources, ainsi que la topographie des lieux. En 1595, c’est en tant qu’employé au Service des logis auprès de Claude Hardy que Champlain s’est perfectionné en cartographie. Champlain aurait participé à l’élaboration de la carte du Duché de Bretagne.

Champlain devait être suffisamment dégourdi pour recueillir des renseignements afin d’assurer l’avancement des troupes, ainsi que la cueillette des données nécessaires à la création de cartes. Il était doué en dessin, et l’avenir le confirmera. Sa carrière dans le renseignement et comme espion aurait commencé dès cette époque.

Un peu plus tard, en 1598, Champlain embarque sur un navire de son oncle vers les Indes occidentales, il alors environ 18 ans. Il n’est pas commandant de navire étant donné son âge.  Plusieurs historiens ont ainsi vieilli Champlain, car ils le croyaient commandant du Saint-Julien. De fait, selon les historiens Pierre et Huguette Chaunu, Champlain aurait comme nom « Antonio Samuel » et il était inscrit comme « maestro ordinario » soit à la tête de l’équipage sous la direction du commandant espagnol Yeronimo de Vallebrera11. Champlain n’a pas de responsabilité de commandement, mais « d’avoir esgard iceluy », c’est à dire veiller sur le navire appartenant à son oncle.  Mentionnons finalement que les flottes espagnoles en direction de l’Amérique n’étaient pas composées que d’Espagnols12. Champlain serait alors à la tête de l’équipage de matelots français sous les ordres du capitaine.

Champlain poursuivra sa carrière dans le renseignement en Amérique du nord, tout particulièrement lors de son voyage d’observateur en 1603. Il serait alors âgé de 23 ans.

Conclusion

Pour déterminer la date de naissance de Champlain, on doit se fier surtout au petit nombre d’indices qu’il a laissés, car nous avons vu que l’acte trouvé à La Rochelle contient trop d’incertitudes.  Les chercheurs Hackett-Fischer et Heidenreich remettent en question la date de 1580 favorisée par Jean Liebel et Eric Thierry.  Ils soulignent tous les deux que Champlain ne peut assumer d’aussi grandes responsabilités à 13 ou 15 ans. Ils le vieillissent donc de 10 ans. Ils soulignent que Champlain n’avait aucun lien avec la noblesse, ce qui aurait permis à Champlain une carrière plus précoce. Or les dernières recherches d’Eric Thierry montrent que le père de Champlain portait déjà la particule. Celui-ci serait le fils naturel, illégitime d’un noble, Jean de la Saugère. Ne pouvant pas lui transmettre son nom, il lui donna le nom de l’une de ses terres nommée Champlain.  D’ailleurs Champlain se dit souvent Sieur dudit Lieu.  La famille Champlain vit noblement, et le père de Champlain possède trois maisons à Brouage. Ce dernier est bien connu du Roi Henri IV, car il est pilote royale et travaille avec des bourgeois bien en vue de Vitré en Bretagne. Le réseau des connaissances de la famille Champlain, issue d’une petite noblesse,  aurait permis au petit Samuel d’intégrer les services de logis de l’armée de Bretagne en tant que fourrier à environ 13 ans, en 1593. Son travail consistait à recueillir des informations sur le terrain en vue de l’élaboration de cartes pour aider au déplacement des troupes. Ces cartes sont jugées à cette époque des documents secrets. Son travail de renseignement s’est d’ailleurs poursuivi aux Indes Occidentales et en en Amérique du Nord. Pour toutes ces raisons, une naissance vers 1580 est fort probable.

 

Pierre Dubeau
avril 2018

 

Notes

1. Thierry, Eric, Samuel de Champlain, Espion en Amérique 1598-1603, Sillery, Septentrion, 2013, p. 10

2. Le Saintais  François du Creux, lui attribue aussi la noblesse et n’hésite pas à écrire « Samuel Camplenius, eques, ex nauticis paefectif » ce qui se traduit par Samuel de Champlein, écuyer, capitaine pour le roi dans la marine.

Source:  Audiat, Louis, Samuel de Champlain, Bulletin de la Société des archives de la Saintonge et de l’Aunis, Paris, Honoré Champion, 1893, Société des Archives de la Saintonge et de l’Aunis.

3. La biographie de Nicolas Folion, dit La Vallée est bien connue.  D’abord membre du Mont Carmel, il étudie à Genève et se convertit au protestantisme et il est un disciple de Calvin.   Il commence sa carrière à Marseille puis à Toulouse. Par la suite, il exerce son ministère à Saint-Germain-en-Laye.  Il rejoint ensuite la ville d’Orléans,  où l’on vient de fonder un collège. ( Source:Aubert, Hippolyte, Les débuts de l’église de Marseille au XVI siècle,  in Bulletin de l’histoire du protestantisme français: Etudes, documents, chroniques littéraire, Paris, Librairie Fischbacher, 1917, Société de l’histoire du protestantisme français, p. 139

D’autre part, Michelle Lallement de Marennes en France, souligne ceci touchant le pasteur Nicolas Folion:

« Alors qu’il exerce son ministère à Nieul, il devient pasteur de l’église réformée de La Rochelle cette même année 1563, soit la première guerre de religion.   En 1558, avec son collègue de Odet de Nort, il convainc le jeune maire François Pontard, de livrer la ville aux protestants. En 1572, après la St-Barthélémy, il est possible que le pasteur Folion ait trouvé refuge à Brouage, où s’étaient déjà retirés des chefs huguenots. Brouage servait de base opérationnelle pendant le siège de La Rochelle.   En 1574, Brouage passe sous autorité protestante. Le pasteur Folion est à Brouage entre 1572 et 1576. »
Source: Haag, Eugène, Haag, Emile, La France protestante, ou vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l’histoire, Paris, Joel Cherbuliez Éditeurs, 1856 , Tome 8, Biographie de Odet de Nort, p. 25

Texte: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6103157h/f38.image

Source: Chadwick, Owen, The Early Reformation on the Continent, New York, Oxford University Press, 2001, p. 303

Voir aussi:  Robbins, Kevin, City on the Ocean Sea: La Rochelle 1530-1650: Urban Society, Religion, and Politics on the French Atlantic Frontier,  Brill Ed. 1997.

4. Delafosse, Marcel. 1963. Les Corsaires protestants à La Rochelle (1570-1577), Bibliothèque de l’École des chartes, 1963, p.196
repéré à: https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1963_num_121_1_449655

5. Delafosse, M. Séjour de Champlain à Brouage en 1630, Revue d’histoire de l’Amérique française, 1956. 9 (4),  p. 571-578

6. Rioux, Christian. (2008) Champlain, le mal-aimé de La Rochelle, Le Devoir, 28 juin 2008

7. Samuel de Champlain, Les Fondations de l’Acadie et de Québec. 1604-1611, Québec, Septentrion, 2008, 293 p. Édition en français moderne des Voyages de 1613, avec des notes, une introduction d’Eric Thierry, une chronologie, une bibliographie et toutes les illustrations de l’édition originale, p. 47

8. Thierry, Eric, op. cit,, pp. 11-12.

9. Corvisier, André, La société militaire et l’enfant, in Annales de démographie historique,  1973, pp. 327-343

10. « Pour bien accomplir sa charge, le maréchal général des logis devait lancer régulièrement des partis pour reconnaître les environs du camp de l’armée, se tenir au courant des capacités en fourrage de la région et préparer la marche de l’armée pour les jours suivants. On constate donc qu’il jouait le rôle d’une source d’information géographique indispensable pour le bon fonctionnement de l’armée.  Tous les auteurs qui ont écrit sur l’art militaire aux XVIIe et XVIIIe siècles (Gaya, Guignard, Quincy, Daniel, Puységur…) ont insisté sur cet aspect. Voici ce qu’affirmait par exemple Guignard : « Un maréchal des logis doit surtout être un bon géographe et avoir des cartes fidèles de la frontière où il est employé, avec des plans qui ont été dressés des différents campements qui ont été faits partout où la guerre a été portée sous le précédent règne, parce que très communément on se trouve dans les mêmes positions. Il y a de ces plans qui ont été dressés par M. de Chamlay ; ils sont aussi parfaits que leur auteur l’était dans ce genre. » 

Source:  http://journals.openedition.org/rha/6874?lang=en

11. Gagnon, François-Marc, « Le bref Discours est-il de Champlain ? in Vaugeois, Denis, et Raymonde  Litalien (Dir.),  Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery,  Septentrion, 2004, p. 86

12. « Finalement on reçut des ordres de Madrid permettant l’engagement des étrangers à l’exception des Anglais et des Hollandais rebelles. Le Saint Julian dut garder un grand nombre de marins français, mais comme le navire fut vendu à La Havane, le rôle de son équipage n’est pas conservé.  »

Source: Vigneras, L.A. 1957. Le voyage de Samuel Champlain aux Indes Occidentales, Revue d’histoire de l’Amérique française, 11 (2), Sept. 1957, p. 174

 

 

 

Annexe 1
Chappelain, pilote de navire de Brouage,  vend une moitié de navire, 23 déc. 1573
venteNavire1573

Source: Robert LeBlant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 10

 

Annexe 2. Contrat de mariage de Samuel de Champlain (27 décembre 1610)

 

contratMariageChamplain1610

Source: Archives nationales de France

Annexe 3. Paiements de diverses sommes à Samuel de Champlain, pour leurs gages dans l’armée royale de Bretagne, et frais de voyage,  de mars à décembre 1595.

fourrier2.jpg

Source: Robert LeBlant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 17

fourrier3.jpg

Source: Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 18

fourrier4

Source: Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 18

fourrier7

Source: Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 18

Manuscrit de la transcription précédente.

gagesBretagne1595

source: Heidenreich, Champlain Before 1604, p. 166

fourrier5fourrier8.jpg
Source: Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 18 et 19

 

Source: Robert Le Blant et René Baudry, Nouveaux documents sur Champlain et son époque, t. I : 1560-1622, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1967, p. 19

 

 

Annexe 4

FB_IMG_1518670567311
Source: Courriel de Guy Perron, paléographe professionnel. https://lebloguedeguyperron.wordpress.com/

Annexe 5

champlainmaison1.jpg

Règlement entre Jacques Hersan, Marie Camaret, sa femme, et Samuel de Champlain pour le loyer d’une maison de Brouage qui était occupé par la défunte Margueritte Le Roy,   15 mars 1619.   Disponible dans le Fonds Gagnon des Archives de Montréal, Repéré à:
https://archivesdemontreal.ica-atom.org/uploads/r/ville-de-montreal-section-des-archives/e/8/e/e8e4ef252311144ea706b5cb498d5087bf6270f70d3f8ec8893de74b33b7e13a/BM7-1_04P023op.pdf

 

Annexe 6

gagesArmee1

 

 

Bibliographie

Blogue de Bernard Allaire, historien
repéré à http://bernard-allaire.over-blog.com/article-l-acte-de-naissance-de-champlain-aurait-ete-trouve-13-aout-1574-103465600.html

AUBERT, Hippolyte. 1917.  Les débuts de l’église de Marseille au XVI siècle,  in Bulletin de l’histoire du protestantisme français: Etudes, documents, chroniques littéraire, Paris, Librairie Fischbacher, 1917, Société de l’histoire du protestantisme français, p. 137-140

BELANGER, Mathieu. 2013. Samuel de Champlain, le protestant, Le Droit, 29 mai 2013

BROSSET, Thomas. 2012. Samuel Champlain, le fondateur de Québec, avait été baptisé à La Rochelle, Sud-ouest, 13 avril 2012.
Repéré à http://www.sudouest.fr/2012/04/14/champlain-rochelais-687961-1275.php

BROSSET, Thomas. 2012. Charente-Maritime: Brouage défend sa paternité sur Champlain, Sud-Ouest, 27 avril 2012
Repéré à http://www.sudouest.fr/2012/04/27/brouage-defend-sa-paternite-sur-champlain-699981-1275.php

BROSSET, Thomas. 2012. Champlain continue à faire des vagues, Sud-Ouest, 30 nov. 2012
Repéré à http://www.sudouest.fr/2012/11/30/champlain-continue-de-faire-des-vagues-894616-1391.php

CAZAU, Yves. 1988. Le rêve américain: De Champlain à Cavelier de La Salle, Paris, Albin Michel, p. 42

CORVISIER, André. 1973. La société militaire et l’enfant, Annales de Démographie Historique, pp. 327-343
Repéré à  http://www.persee.fr/doc/adh_0066-2062_1973_num_1973_1_1201

DELAFOSSE, Marcel. 1956. Séjour de Champlain à Brouage en 1630, Revue d’Histoire de l’Amérique française, 9 (4), mars 1956, pp. 571-578
Repéré à  https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1956-v9-n4-haf2017/301793ar.pdf

DELAFOSSE, Marcel. 1963. Les Corsaires protestants à La Rochelle (1570-1577), Bibliothèque de l’École des chartes, 1963, 187-217
repéré à: https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1963_num_121_1_449655

DELAFOSSE, Marcel. 1958. L’oncle de Champlain, Revue d’Histoire de l’Amérique française, 12,2, Sept 1958, pp. 208-216
Repéré à  https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1958-v12-n2-haf2023/301902ar.pdf

FOURNIER, Marcel. 2012. Samuel de Champlain: de Brouage ou de La Rochelle?  Les eux! , Québecensia, 31(1), mai 2012, p. 8
Repéré à  http://marcel-fournier.com/index.php/histoire/49-samuel-de-champlain

HACKETT-FISCHER, David. 2008. La date de naissance de Champlain, in Le Rêve de Champlain, Montréal, Boréal, Appendice A, p. 673

GAGNON, François-Marc. 2004.  Le bref Discours est-il de Champlain ? in Vaugeois, Denis, et Raymonde  Litalien (Dir.),  Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery,  Septentrion, 2004, pp. 83-92

HEIDENREICH, Conrad E., K. Janet Ritch. 2010.  Champlain’s Birthdate: Appendix I, in Heidenreich, Conrad, Janet Ritch, Samuel de Champlain before 1604: Des Sauvages and Other Documents Relating to the Period, Toronto, The Champlain Society,  pp. 429-433

HEIDENREICH, Conrad E., K. Janet Ritch. 2010.  Samuel de Champlain before 1604: Des Sauvages and Other Documents Relating to the Period, Toronto, The Champlain Society,  526 p.
Extrait repéré  https://books.google.ca/books?id=G2D1py50xZ4C&pg=PA15&dq=what+did+samuel+de+champlain
+do+before+1604&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjk
k7fjw8fZAhWIjlkKHeARAuEQ6AEIJzAA#v=onepage&q=
what%20did%20samuel%20de%20champlain%20do%20before%201604&f=false

LE BLANT, Robert et René Baudry. 1967. Nouveaux documents sur Champlain et son époque,  Volume 1, Ottawa, Publication des archives publiques du Canada, no. 15.

LIEBEL, Jean. 1978. On a vieilli Champlain, Revue d’histoire de l’Amérique fran.lçaise, Vol 32(2), Sept 1978, pp. 229-237
Repéré à https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1978-v32-n2-haf2101/303691ar.pdf

MATHIEU, Annie. 2012.  Samuel de Champlain serait né protestant, Le Soleil, 17 avril 2012.
Repéré à  https://www.lesoleil.com/actualite/samuel-dechamplain-serait-ne-protestant-13d4e93c98d07c4be0103b9af64ef0f7

PARENT, Olivier. 2012. Champlain serait-il né à La Rochelle?  Le Soleil, 15 avril 2012

RIOUX, Christian. 2008. Champlain, le mal-aimé de La Rochelle, Le Devoir, 28 juin 2008
Repéré à : https://www.ledevoir.com/societe/195750/sur-les-traces-de-champlain-1-le-mal-aime-de-la-rochelle

RIOUX, Christian. 2008. L’enfant de Brouage, Le Devoir, 30 juin 2008.
Repéré à: https://www.ledevoir.com/societe/195899/sur-les-traces-de-champlain-2-l-enfant-de-brouage

THIERRY, Eric. 2012. L’acte de baptême de Samuel de Champlain n’a pas été retrouvé. Québecensia, 31(2), Novembre 2012
Repéré à  https://www.cfqlmc.org/bulletin-memoires-vives/bulletins-anterieurs/bulletin-n-35-decembre-2012/l-acte-de-bapteme-de-samuel-de-champlain-n-a-pas-ete-retrouve

THIERRY, Eric. 2013. Samuel de Champlain, Espion en Amérique 1598-1603, Sillery, Septentrion.
Extrait repéré  https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.entrepotnumerique.com%2Fflipbook%2Fpublications
%2F18328.js&oid=2&c=&m=&l=fr&r=https://www.septentrion.qc.ca&f=pdf

VIGNERAS, L.A. 1957. Le voyage de Samuel Champlain aux Indes Occidentales, Revue d’histoire de l’Amérique française, 11 (2), Sept. 1957, 163-200

Repéré à :https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1957-v11-n2-haf2019/301831ar/

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13 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Marc Blanchet dit :

    Belle étude sur le sujet de la dite date de naissance.
    Bravo Pierre.

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  2. Gilles Dufort dit :

    Excellent dossier que j’ai apprécié lire jusqu’à la dernière ligne. On voit bien que finalement, démystifier la naissance de Champlain n’est pas chose facile. Merci.

    J'aime

  3. gbrassard dit :

    Article passionnant, qui pose les bonnes questions et ouvre d’intéressantes pistes de réflexion et de recherche.

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  4. Agcf dit :

    Dans le rappel de ces articles publiés, il n’y a pas de document consultable référencé attestant que les Champlain ou les Leroy étaient fixés à la paroisse d’Hiers et donc au lieu dit Brouage dans les années 1570. Il n’est pas établi en effet qu’Antoine Chappelain
    qui établi une transaction en 1573 soit le père de Samuel Champlain.
    En effet, l’église paroissiale de Brouage n’a été construite qu’en 1608.
    Donc les recherches restent à faire, aucun lien n’est établi actuellement avec Brouage avant 1595 à partir de sources authentiques consultables. La mention  » Samuel Champlain de Brouage  » sur ses comptes-rendus de voyage atteste de son lieu de résidence à une époque, soit après 1598 mais son lieu de naissance n’est pas indiqué par ses éditeurs ni par les autres documents référencés.

    Origines et alliances de la famille de Samuel Champlain,
    dit Sieur du dit lieu (lire Sieur de la ville de Brouage et non Sieur du fief Champlain), feuilleton depuis 2012, et actualité généalogique et historique Acadie-Québec toutes alliances, voir bulletins périodiques imprimés papier AGCF 86000 Poitiers 2012-2018, ISSN 1267-7957,
    dont la question  » Samuel Champlain est-il natif de la Rochelle  » et non les commentaires d’auteurs qui n’ont pas suivi le débat.

    voir extraits d’articles 2012-2018, bulletins AGCF:
    – origines de la famille Alix 1535-1610 inédit (communication JM Germe, 08/04/2018)
    – origines de Nicolas Boullé, b1586, inédit (communication JM Germe, 08/04/2018)
    – origines de Guillaume Allène 1500-1584 inédit (c JM Germe)
    – famille de Nicolas Folion de la Rochelle inédit (c JM Germe), etc

    agcf.acadie-quebec@orange.fr

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    1. Je m’interroge sur votre passage:  » dit Sieur du dit lieu (lire Sieur de la ville de Brouage et non Sieur du fief Champlain) » . Champlain se fait appeler « Sieur de Champlain » et parfois on ajoute, Sieur dudit lieu. Donc ce lieu est bien Champlain (terre de la Mayenne que l’on aurait donné comme nom à son père). Samuel de Champlain est bien né à Brouage, mais je pense pas que Brouage soit le dit-lieu.

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      1. Agcf dit :

        Aucun lien n’est établi, ni même supposé, avec la maison Champlain de Saint-Pierre-des-Landes en Mayenne. Il n’est fait allusion à aucun fils illégitime de la Saugère, famille bien connue.Les enfants bâtards ne manquent pas d’être signalés dans ces anciennes généalogies imprimées.

        Merci d’indiquer la référence précise du document consultable où Champlain serait dit  » Sieur du dit lieu Champlain  »
        (le document original, pas les  » commentaires  » )

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      2. En 1896, Benjamin Sulte mentionne ce fait en analysant le contrat de mariage de Champlain :
        «Nous savons que le noble homme équivaut à notre terme écuyer ou encore sieur, et que le de, si généreusement employé dans les actes d’il y a deux ou trois siècles ne signifie pas la noblesse. Reste l’expression «sieur du dit lieu», sieur voulant dire seigneur. Alors, «seigneur du dit lieu appelé Champlain». C’est en ce sens qu’il faut lire le passage en question.»6

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  5. Agcf dit :

    1601 Lieu de naissance ou de résidence ?

    Précisions:

    Extrait document espagnol concernant Champlain
     » natural  » de Brouage en Saintonge

    Donation faite en sa faveur par Guillaume Allene à Cadix le 26 juin 1601. Rédigé en espagnol, l’acte présente « Samuel Zamplen » comme « natural del bruaze »

    Natural: lire  » originaire de  » , donc en provenance de, en résidence à (lire son domicile, en 1600)

    Le notaire était-il intéressé par son lieu de naissance ou par
    le domicile, le lieu de résidence comme indiqué sur la plupart des transactions pour les autres clients ?

    _______________

    Dictionnaire Français-Espagnol cc

    natural

    adjetivo

    1. [generalmente] naturel (f naturelle)
    [luz] du jour
    esa reacción es natural en él cette réaction est naturelle chez lui

    2. [nativo]
    ser natural de être originaire de

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  6. Agcf dit :

    Sieur du dit lieu est une formule que l’on remarque en feuilletant le registre Bms en ligne depuis 1615 de la paroisse de Brouage et qui concerne certains bourgeois, officiers dits écuyers notamment.

    Les autres  » écuyers  » qui sont rattachés à un lieu ancestral ou à une propriété dans ou hors Brouage, ce lieu est alors mentionné
    sur leurs actes effectivement comme chacun peut le voir sur le site AD17 depuis une douzaine d’années.

    Par conséquent, il est Sieur de la ville de Brouage, comme d’autres écuyers mentionnés du même titre tout simplement, et lorsqu’il habite ensuite Paris, le titre accolé disparait. Sur le Cm, nous avons la photo de l’original, il n’est pas marqué Sieur du dit lieu de Champlain. Erreur de lecture.

    Il est dit aussi dans ces articles que les archives de Brouage état–civil avant 1690 ont été perdues dans un incendie, or elles sont en ligne sur le site AD17 depuis 1615 pour Hiers et pour Brouage, que les archives de Cadix (Champlain) sont perdues, or nous les avons consultées dernièrement, etc. (voir bulletins AGCF, actu).

    agcf.acadie-quebec@orange.fr (bulletins imprimés périodiques de nouvelles infos depuis 1995)

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  7. Lucien Germe Clerté dit :

    Ma généalogie paternelle étant située en Mayenne, je soutiens les hypothèses avancées par Eric THIERRY qui lui est qualifié en histoire, surtout connaissant ce qu’est AGCF.
    Ma base Geneanet :Roselyne GERME LEBLANC ( mainepoitou)

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  8. MC Chaillou dit :

    @ Lucien G alias Boudreau etc…

    Une seule personne portait le nom Germe-Clerté à savoir la Fondatrice des AGCF Mme Jeannine Germe Clerté

    https://www.geneanet.org/blog/post/2008/10/les-amities-genealogiques-canadiennes-francaises-html

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  9. L’objet de ce blog est la date de naissance de Samuel de Champlain et les hypothèses mayennaises sérieuses d’Eric THIERRY (historien). J’ai des ancêtres LEROY en Mayenne et même une Dame du Châtelet à Souvigné-sur-Sarthe.

    Mon époux Lucien est Germe-Clerté de par sa mère co-fondatrice de Falaise-Acadie-Québec aux Ormes-sur-Vienne (86).

    Ma base Geneanet : https://gw.geneanet.org/mainepoitou

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    1. MC Chaillou dit :

      Une seule personne avait pour noms « Germe et Clerté » qui a fondé les Amitiés Généalogiques Canadiennes-Françaises après avoir été co-fondatrice de FAQ.

      http://poitou-acadie-quebec.pagesperso-orange.fr/

      Quand à l’existence du Manoir de Champlain à St Pierre des Landes celui-ci figure dans un bulletin AGCF de 2008 mais rien dutout n’a été trouvé qui ferait un lien avec Champlain

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