Sur les traces de Samuel de Champlain à Paris – Première partie.

Dans le contrat de mariage1 de Samuel de Champlain, le 27 décembre 1610, on indiquait « loge rue Tirechappe». Il vivait probablement chez Jehan Remy, « maistre freppier », c’est à dire marchand de vêtements (Le Blant, 1967 : 89 ).  Quant à Hélène Boullé, elle logeait chez son père, à la maison du miroir, rue Saint-Germain l’Auxerrois (Le Blant, 1964 : 36).

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Source:  http://www.parisrues.com/rues01/paris-avant-01-rue-tirechappe.html

« La rue Tirechappe était bordée de constructions en 1233. Il est vraisemblable qu’elle doit son nom à l’importunité des Fripiers qui occupaient les petites boutiques de cette rue, et aux Juifs de la même profession qui tiraient les passants par leurs chapes (espèce de robes), pour les forcer à venir acheter chez eux. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur devait être portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Conformément à un décret du Président de la République, L. N. Bonaparte, du 10 mars 1852, la largeur de la rue Tirechappe fut fixée à 15 m. D’après un décret impérial du 21 juin 1854, cette largeur sera portée à 20 m., et les propriétés riveraines devront être expropriées, à l’exception des deux encoignures de la rue de Rivoli, qui sont alignées » (Lazare, 1855).

 

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Indication de la rue Tirechappe sur le plan de Paris.

Source:   Plan de la ville, cité et université et faubourgs de Paris. Paris, Pierre Bertrant, 1650
En ligne: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84434452/f1.item.zoom

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Paris au XVIIIe siècle. Plan de Paris dessiné et gravé sous les ordres de Michel-Etienne Turgot, prévôt des marchands, commencé en 1734, achevé de graver en 1739, levé et dessiné par Louis Bretez.
En ligne: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530111615/f14.item.zoom

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Plan de la paroisse royale de St Germain l’Auxerrois… en octobre 1739 / Levé géométriquement par P. Faure – et Google aujourd’hui.  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53085580m/f1.item.zoom

Sur ce plan de gauche, on constate que la résidence qu’occupait Champlain se trouve près du Louvre, la résidence royale d’alors, ainsi que le lieu de son mariage religieux à l’église Saint-Germain l’Auxerrois. Sur la rue Tirechappe vivaient tailleurs d’habits, marchands de vêtements et marchands-pelletiers.  D’ailleurs en 1604, Jean Rulluau, secrétaire du Sieur Dugua de Mons était l’objet d’une saisie de pelleteries  qui étaient confiées à un dénommé Jehan Remy, habitant de la rue Tirechappe (Le Blant, 1967 : 89).

Le logis sur la rue Tirechappe était habité également par le navigateur François Gravé lors de ses séjours à Paris. Il est à cette adresse le 4 janvier 1608, le 25 février 1609 et le 23 décembre 1609 (Le Blant, 1967 : 151, 181, 200).

Aymé Sirou2, un proche de Champlain,  membre numéro 71 des Cent-Associés, était conseiller du roi, trésorier général de France à Paris. Étrangement, on le retrouve logeant dans la capitate, rue Tirechappe, lorsqu’il donna une procuration devant Contesse, notaire au Châtelet, le 23 juillet 1599 (Le Blant, 1963 : 275 ). Cependant le lien entre Aymé Sirou et Jean Rulluau, mentionné précédemment ne peut être confirmé.

La rue Tirechappe a été détruite lors de l’élargissement de la rue du Pont-Neuf sous l’impulsion du Baron Haussmann. Il recommandait la création de grands axes et l’élimination de nombreuses ruelles à trop haute densité de population.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Eugène_Haussmann

 

Notes:

[1]  Contrat de mariage conservé aux archives nationales  – Greffe de Louis Arragon. 27 décembre 1610.
En ligne: https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?formCaller=&irId=FRAN_IR_042825&gotoArchivesNums=true&defaultResultPerPage=15&frontIr=&optionFullText=ET&fullText=&udId=&consIr=&details=false&page=1&auSeinIR=true

[2] Aymé Sirou est mentionné dans le testament de Champlain en ces termes:

« Je nomme pour exécuteur de ce mien testament touchant le bien que j’ay en France monsieur Sirou le priant très humblement pour l’affection qu’il me porte d’en vouloir prendre la peine et l’en prie d’autant plus volontiers que je scay qu’il n’y aura pas grande difficulté en l’exécution d’iceluy. »

 

Bibliographie

LAZARE, Félix et Louis Lazare. Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris. Paris, Bureau de la Revue Municipale, 1855
En ligne: http://vergue.com/post/105/Rue-Tirechappe-1866http://vergue.com/post/105/Rue-Tirechappe-1866

LE BLANT, Robert. 1963. Le testament de Samuel Champlain, 17 novembre 1635. Revue d’histoire de l’Amérique française, 17(2), 269–286.
En ligne https://doi.org/10.7202/302279ar

LE BLANT, Robert. 1964. « Le triste veuvage d’Hélène Boullé. » Revue d’histoire de l’Amérique française, volume 18, numéro 3, décembre 1964, p. 436
En ligne : http://id.erudit.org/iderudit/302392ar

LE BLANT, Robert et René Baudry. 1967. Nouveaux documents sur Champlain et son époque, vol. 1, (1560-1622), Ottawa, Publication des archives publiques du Canada no. 15, 492 p.

A suivre…

Pierre Dubeau
28 octobre 2018

 

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