Aymar de Clermont-Chaste et Samuel de Champlain.

 

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Page couverture: Les armes d’Aymar de Chaste, Grand-maître de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, vice-amiral des mers du Ponant, lieutenant-général en Nouvelle-France, gouverneur de Dieppe et d’Arques-la-Bataille.
Source: http://www.clermont-tonnerre.fr/fr/index.php?menu=heraldiquer
et Marc Beaudoin, héraldiste professionnel.

Introduction

S’il existe un personnage important dans la vie de Samuel de Champlain, c’est manifestement Aymar de Chaste, quatrième lieutenant général de la Nouvelle-France. Bien que son règne fût très bref, il a lancé la carrière de Champlain et sous son règne, on a scellé en 1603, l’alliance avec les nations autochtones. Cette alliance avait débuté en 1600 par son prédécesseur Pierre de Chauvin, sieur de Tonnetuit1. Mais qui est cet homme relativement méconnu de notre histoire?  Selon David Hackett Fischer, ce nom aujourd’hui totalement oublié, et c’est sans doute la plus obscure des grandes figures de la fondation de la Nouvelle-France (Hackett-Fischer, 2011 :142). Quel étaient ses liens avec Henri IV et comment a-t-il connu Champlain? On sait que Champlain est admis à la cour du roi, pourquoi ? Quel était son rôle au juste ? Champlain était très proche d’Henri IV, comment expliquer cette proximité? Comment comprendre le sens de l’expression « obligé tant par ma naissance« , lorsqu’il demande l’aval du Roi avant de se joindre à l’expédition de 1603? Finalement, dans ce voyage de 1603, quel était son rôle, simple passager? Le but de ce texte est de répondre à ces interrogations.

Origine familiale

Aymar de Chaste appartenait à une branche de la maison de Clermont-Tonnerre. Il est le troisième fils de François de Chaste, baron de Chaste et de Paule de Joyeuse2.  En 1566, il entre dans l’ordre des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem3, et il se fait nommer frère Aymar. Henri III lui avait donné l’abbaye de Fécamp. Le commandeur de Chaste comptait huit membres de sa famille parmi les chevaliers de Malte. (Roy, 1888 :15)

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Robert la Roque de Roquebrune décrit les origines de la famille de Chaste :

«Cette famille appartenait à une branche cadette de la maison de Clermont-Tonnerre. Cette famille qui est originaire du Dauphiné a porté pour armures une montagnes argentée éclairée par un soleil brillant, mais Sibaut de Clermont ayant aidé en 1120 Calixte II à chasser de Rome l’antipape Grégoire VIII, eut la permission de porter les clefs papales aux armes. La branche de Clermont-Chatte ajouta aux clefs du pape le lys du roi, et c’est François de Clermont père d’Aymard, qui reçut cette faveur d’Henri II. Cela récompensait sa bravoure à la tête des troupes du Dauphiné qu’il commandait en 1552. Cadet, Aymar de Chatte entra dans l’ordre des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem; reçu en 1566, dans la langue d’Auvergne, il se nommait frère Aymard. Commandeur de l’Ormenteau en Berry, il fut successivement nommé abbé de Fécamp, lieutenant général du pays de Caux, vice-amiral de Normandie, gouverneur de Dieppe, ambassadeur en Portugal et en Angleterre, et, enfin, lieutenant général de la Nouvelle-France en 1602.» (Robert de la Roque de Roquebrune, 1927: 266)

La descendance de François de Chaste, marié le 3 février 1544 avec Paule de Joyeuse. (de Guibours: 1733: 932) :

  • H Guillaume de CHASTE †1570
  • H Charles de CHASTE †1577
  • H François de CHASTE †1594 marié le 20 janvier 1588 avec Françoise de MONTMORIN de SAINT HÉREM 1555-1599
     H Aymar de CHASTE †1603 marié avec Isabeau Sendres.
    H Jacques de CHASTE
  • H Jean de CHASTE 1554/-1606
  • F Marguerite de CHASTE †1602, mariée en octobre 1568 avec Baltazar de Gayant †1586
  • F Louise de CLERMONT CHASTE 1554 – mariée le 5 janvier 1578 avec Jean Dit Gaspard BOURBAL de CHOISINET †1602
  • F Madeleine de CHASTE †1602

Guillaume, Seigneur de la Brosse, de la Faye et de Crespol, fît institué héritier universel par le testament de son père. Il joint l’armée du roi Charles IX contre les huguenots. Il laissa l’administration de ses biens à sa mère, et fut tué au siège de La Rochelle en 1570.

Charles, légataire de 4,000 livres par le testament de son père, fut reçu chanoine de Lyon le 14 décembre 1564 (Jal, 1872:372).

Quant à Aymard de Chaste, sa descendance est la suivante (de Guibourgs,1733 :932):

Annet, bâtarde de Marguerite Bertrand.

Simon, bâtard d’Isabeau Sendret. Henri IV lui donna avec son frère Adrien, 4,000 livres de pension. légitimé en 1615.

Adrien, bâtard d’Isabeau Sendret, légitimé en 1615,
moine de l’abbaye de Fécand en 1621.

Marie, bâtarde de Chaste. était mariée en 1621.

Marguerite, bâtarde de Chaste, légataire par le testament d’Annet de l’an 1616. Destinée à être religieuse en 1621.

 

La famille Joyeuse

Aymar de Chaste est intimement lié à la famille Joyeuse. Sa mère Paule de Joyeuse avait un frère Guillaume II de Joyeuse4, père notamment de Anne de Joyeuse5 et du cardinal François de Joyeuse6.

Le commandeur Aymar de Chaste devait son gouvernement de Dieppe à son cousin Anne de Joyeuse (Robert la Roque de Rocquebrune, 1927 :267)

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Tableau peint par Pierre-Paul Rubens. Le cardinal de Joyeuse, cousin d’Aymar de Chaste, couronne Marie de Médicis en 1610.

 

Carrière militaire

Vice-amiral de France, Aymar de Chaste s’empare du château d’Arques par la ruse pour le compte du roi Henri IV.  Des soldats, déguisés en matelots ont caché des armes sous leurs vêtements, puis se sont présentés au chateau pour y vendre des poissons. (Viollet-Le-Duc, 1880 :13)

De Chaste a aidé le roi Don Antonio en 1583, lors de la bataille des Açores, en commandant la flotte franco-portugaise. Cependant, il est alors battu par l’espagnol Alvaro de Bazan. (Le Bel, J. 1940 :3)

Marcel Trudel résume bien la carrière militaire en ces termes :

«Sa carrière européenne est impressionnante: Chevalier de Malte, grand-prieur d’Auvergne, commandeur de Limoges, grand-maître de l’Ordre de Saint-Lazare, il est  envoyé au Portugal en 1582 pour y remplacer Strozzi qui a péri dans la lutte contre l’Espagne7: Aymar de Chaste revient défait, mais héros d’un combat chevaleresque; en 1586, il s’empare de l’île d’Oléron sur les huguenots… » (Trudel, 1962: 322).

Robert la Roque de Roquebrune8 ajoute ceci:

«Le commandeur devait son gouvernement de Dieppe à son cousin Joyeuse et il défendit la ville contre tout le monde:  Anglais, Hollandais, Espagnols, ligueurs et protestant. En 1586 on était en pleine guerre de religion; Aymar de Chatte était, naturellement, du côté royal et catholique. Il arma dix vaisseaux pour aller soutenir François d’Epinay-Saint-Luc, gouverneur de Brouage, contre Agrippa d’Aubigné qui s’était emparé de l’ile Royan lorsqu’une flotte britannique apparût qui le força à entrer au Havre le 8 novembre. Bon catholique, Chaste n’aimait cependant pas la ligue et encore moins les Espagnols. Aussi se battit-il férocement contre le gouverneur du Havre, Villars, enragé ligueur.» (Robert la Roque de Roquebrune, 1927 :267).


La personnalité d’Aymar de Chaste

Aymar de Chaste était un homme pieux et fort généreux. Il aida la construction du Couvent des Minimes de Dieppe (Asseline, 1874 Tome 2: 389). Catholique modéré et fidèle au Roi Henri IV, il n’a pas hésité à s’allier aux Anglais pour chasser la ligue catholique. Il était un gentilhomme gracieux, modéré et libéral qui aimait le repos des habitants qu’il regardait comme ses enfants et que ceux-ci le considéraient leur père et protecteur par sa générosité (Asseline: 1874 Tome 2 : 115)

Il avait un grand cœur, finançant Henri IV, et un grand mécène à tel point qu’on a sollicité l’aide de son cousin, le cardinal de Joyeuse, pour payer ses funérailles.

Jacque Auguste de Thou, dans son livre  sur l’Histoire universel depuis 1543,  vol. 3 dit:

«Qu’il était illustre par sa naissance, mais encore plus par sa foi et par sa vertu; qu’il n’oublia rien pour relever l’Ordre de Saint-Lazare, et le faire rentrer dans ses biens, quoique l’Ordre de S. Jean de Jérusalem dans lequel il était, y fut entièrement opposé et ne cherchant qu’à l’éteindre». (de Guibourgs,1733 :932).

 

Financier du Roi

Dans le dictionnaire de A. Jal, on mentionne:

«Le 31 décembre 1595, Aymar de Chaste donna à François Hotman, trésorier de l’épargne du Roi, un reçu pour la somme de 1000 écus pour les frais de voyage qu’il avait fait pour le commandement de sa Majesté au pays d’Angleterre auquel Monsieur le duc de Bouillon que la dépense qu’il avait faite à recevoir en la ville de Dieppe Monsieur le comte de Sherwsbury, ambassadeur du royaume d’Angleterre.». (Jal, 1872 :372)

Marcel Trudel mentionne qu’Aymar de Chaste était un créancier du roi pour la somme de 93,000 livres (Trudel, 1962 :322)

 

La maison d’Aymar de Chaste à Dieppe

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Inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, l’ancien collège des Oratoriens est situé sur le quai Henri IV et est implanté sur la parcelle qu’occupait en 1530 la maison de l’armateur Jehan Ango9 et plus tard celle d’Aymar de Chaste.

 

Aymar de Chaste s’est rallié à Henri IV contre la Ligue catholique

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Henri IV combattant la ligue catholique10.

Pierre-Jacques Feret souligne ceci touchant la loyauté d’Aymar de Chaste:

«Henri IV avait fait sonder Aymar de Chastes, gouverneur de Dieppe. Il voulut s’assurer par lui-même des dispositions de ce commandeur et alla conférer avec lui. Il en revient satisfait, et voyant qu’il pouvait compter sur une place de retraite devant l’ennemi, et résolu de lui faire tête jusqu’à la dernière extrémité, il vint se poster devant Arques. » (Feret, 1824 :144)

En 1584, Aymar de Chaste combattit avec vigueur les Ligueurs. Le 21 septembre Henri IV repoussa dans les plaines d’Arques avec 8,000 soldats, les 30,000 ligueurs (parti catholique) du duc de Mayenne.  L’intervention de l’artillerie permit la victoire.  Déjà à la mort d’Henri III, il avait fait prêter par la ville serment de fidélité au nouveau monarque Henri IV. (Asseline, 1879, tome 2:33)

Desmarquets explique bien comment Aymar de Chaste a remis Dieppe au Roi :

«Henri IV se mit à la tête de deux cents chevaux, traversa la haute Normandie, malgré le danger d’y être pris par les partis de la Ligue qui couvraient tout le pays, et se rendit aux portes de Dieppe, le 26 de ce mois d’août. Les bourgeois n’apprirent sa venue que quelques instants plus tôt, par deux de ses chevaliers qui étaient détachés une demie-lieue en avant, et avaient accéléré leur marche. Cette honorable surprise mit toute la ville en mouvement… Le gouverneur monta à cheval pour aller au-devant de lui avec sa cornette blanche; mais à peine fut-il sorti de la porte de la Barre, qu’il rencontra dans ce faubourg, Sa Majesté.  M. de Chaste sauta de cheval, lui rendit hommage, et ajouta qu’il venait remettre dans ses mains son gouvernement, afin qu’elle en disposât comme elle le jugerait convenable. Henri IV lui dit… « Ventre saint-gris, je ne connais personne qui soit plus digne que vous.» (Desmarquets, 1875 :266)

Lors de la guerre contre la ligue catholique, en déplacement, Henri IV habitait un faubourg de Dieppe, appelé Du Polet. (Feret, 1864 :préface page III )

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Le voyage de Champlain aux indes occidentales

Après le traité de Vervins qui met fin aux hostilités avec la Ligue catholique associée de l’Espagne, d’un commun accord, on rapatria la flotte espagnole de Blavet vers Cadix. Cependant les autorités espagnoles manquaient de navires pour le transport des troupes. Elles proposèrent d’affréter plusieurs navires français, dont le Saint-Julien appartenant à l’oncle de Champlain, Guillaume Allène. Ce dernier n’étant pas disponible, Champlain part seul et a comme mission «d’avoir esgard iceluy», c’est à dire veiller sur le navire appartenant à son oncle. Mentionnons que les flottes espagnoles en direction de l’Amérique n’étaient pas composées que d’Espagnols. Champlain serait alors à la tête de l’équipage de matelots français sous les ordres du commandant Yeronimo de Vallebrera. (Vigneras, L.A., 1957 : 174)

Heidenreich a prétendu que Champlain aurait demandé et obtenu de Henri IV la permission d’effectuer un voyage au Indes occidentales et de lui faire rapport à son retour. (Heidenreich, 2004: 316) De fait, ce n’est pas exact, ce voyage n’était pas prémédité, c’était une initiative personnelle de Champlain.

Champlain nous explique dans son récit «Brief Discours» comment il s’est joint à ce voyage aux Indes Occidentales.

«Ayant été employé dans l’armée du roi qui était en Bretagne sous Messieurs le maréchal d’Amont, de Saint-Luc, et le maréchal de Brissac, en qualité de maréchal des logis 11de ladite armée durant quelques années, et jusqu’à ce que Sa Majesté eu, eut, en l’année 1598, réduit en son obéissance ledit pays de Bretagne et licencié son armée, me voyant par ce moyen sans aucune charge ni emploi, je me résolus, pour ne pas demeurer oisif, de trouver moyen  de faire un voyage en Espagne et y étant de pratiquer et d’acquérir des connaissances pour, par leurs faveurs et entremise, faire en sorte de pouvoir m’embarquer dans l’un des navires de la flotte que le roi d’Espagne envoie tous les ans aux Indes Occidentales, afin de pouvoir y remarquer des particularités qui n’ont pu être reconnues par aucun français, parce qu’ils n’y ont nul accès libre, pour à mon retour en faire rapport au vrai à sa Majesté.»  (Thierry, 2013: 52).

Bref, Champlain continue son travail dans le renseignement. Son expérience acquise dans le Service des logis de l’armée royale de Bretagne le préparait bien à ce genre d’expédition.  Je ne pense pas qu’en 1598, Champlain pouvait s’imaginer produire un rapport au roi sur cette expédition. Mais en bon observateur et espion, il a bien noté des informations sensibles.

Le Manuscrit du «Brief Discours des choses
plus remarquables»

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Page  du «Brief Discours».  Source : https://bit.ly/2pVbAA4

À son retour des Indes occidentales, Champlain hérite de son oncle Guillaume Allène. Le 26 juin 1601, ce dernier lui lègue un domaine viticole situé près de La Rochelle.  Par la suite, il se rend à Brouage et retrouve des anciens compagnons d’armes de l’armée de Bretagne, en particulier, René de Rivery, chevalier de Potonville. Éric Thierry explique :

«Cet homme a visiblement joué un rôle important dans la suite de la carrière de Champlain. Fils du lieutenant du gouverneur de Brouage – ce dernier était alors Timoléon  d’Espinay de Saint-Luc, son père, François12, ayant été tué au siège d’Amiens en 1597 – René de Rivery de Potonville était chevalier de Malte depuis 1583 et commandeur d’Oisemont, dans le Ponthieu (Sottas, 1919:166). Comme sa commanderie n’était pas très loin de Dieppe, il connaissait le gouverneur de cette ville, Aymar de Chaste, qui était aussi maréchal de l’ordre de Malte, vice-amiral de France et grand ami du roi Henri IV. On peut penser qu’il a chaudement recommandé Champlain et que celui-ci s’est empressé de réaliser une splendide copie de son «Brief Discours», cette fois-ci avec des illustrations  en couleurs.»          (Thierry, 2013: 34-35)

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Jules Sottas explique cet ex-voto du Commandeur de l’ordre de Malte, René de Rivery, dont on voit ici le symbole héraldique :

«On voit actuellement à Brouage, au milieu d’un amas de pierres, dans la rue qui longe le côté sud de l’enclos où se trouvait le couvent des Récollets, une forte pierre prismatique quadragulaire portant l’inscription que nous reproduisons ici. Peut-être s’agit-il d’un ex-voto que le commandeur fit placer dans le couvent tout récemment construit, quand il prit possession de sa charge. Il secondait Timoléon d’Espinay Saint-Luc dans sa lutte contre La Rochelle en 1621 et 1622.» (Sottas, 1913 :166)

 

Le  manuscrit du  « Brief Discours » : De Dieppe à Providence.

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Le manuscrit fut confié par Champlain à Aymar de Chaste. À sa mort, sa bibliothèque fut donnée au couvent des Minimes13 de Dieppe. Par la suite ce document a été cédé au bibliothécaire de la ville de Dieppe, Pierre-Jacques Feret14.  À sa mort, la librairie Maisonneuve l’a acquis, puis vendu en 1884 à M. Ellis pour le compte de la Carter Brown Library, à Providence dans le Rhode Island, qui est toujours en sa possession.

 

Champlain à la cour d’Henri IV (1601-1602)

Aymar de Chaste ayant en main le manuscrit du «Brief Discours», il recommanda Champlain au Roi Henri IV, qui fut fort impressionné de rencontrer un voyageur provenant  de l’Amérique espagnole.  Il faut savoir que le roi est fasciné par la cartographie et l’exploration au nouveau Monde. Éric Thierry souligne :

«Henri IV semble avoir apprécié les connaissances qu’avait Champlain des ports et des richesses des Indes Occidentales, car il lui a accordé une pension pour lui permettre de rester auprès de lui. C’est toutefois vers l’Amérique du Nord que le regard de Champlain s’est vite tourné. A la Cour, au tout début de 1603, il n’a pas tardé à apprendre qu’Aymar de Chaste venait d’être chargé de relancer la colonisation du Canada et montait une expédition destinée à trouver un passage vers la Chine, via la vallée du Saint-Laurent.» (Thierry, 2013 :36)

Or durant son séjour à la Cour, Champlain côtoie le bibliothécaire du roi, Issac de Casaubon15. Celui-ci dirige le « Conseil des hommes de l’Art du Ciel et de la Mer ». Champlain joint ce Conseil et il dispose alors de toute la documentation des voyageurs outre-mer ainsi que la cartographie connue de l’époque.

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C’est durant cette période que Champlain aurait écrit ce manuscrit récemment redécouvert par l’historien Éric Thierry. Ce document sera analysé et publié en 2019 chez Septentrion.

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Une page du manuscrit écrit par Champlain redécouvert par l’historien Eric Thierry.

Gabriel Béland du journal La Presse souligne la présentation de ce document aux Rendez-vous de l’histoire de Québec16 qui a eu lien entre le 10 et le 12 août 2018 :

«Le document en question nous offre un aperçu inédit des démarches qui ont mené à la colonisation française en Amérique du Nord. La lettre de 1602 ou 1603 précède le premier voyage de Samuel de Champlain dans le fleuve Saint-Laurent. Elle était adressée au roi Henri IV. Que raconte Champlain à son souverain? Il lui expose les différents scénarios pour l’établissement d’une colonie française en Amérique du Nord, explique Éric Thierry dans un entretien téléphonique.

À cette époque, Champlain vit à la cour du roi Henri IV, à Paris. Le roi l’a chargé de collecter toutes les informations disponibles sur l’Amérique, parce qu’en 1602, on craint la reprise d’une guerre entre la France et l’Espagne.

Henri IV aimerait bien créer une colonie française en Amérique du Nord, de laquelle les Français pourraient attaquer les colonies espagnoles, d’où viennent l’or et l’argent qui rendent l’Espagne particulièrement puissante», poursuit l’historien Eric Thierry.» (Béland, 2018)

«La datation permet également à Thierry d’appuyer son idée. En fonction des informations relatives aux potentiels sites décrits par l’explorateur, l’historien affirme que le document fut écrit autour de 1602-1603 et correspond à un dossier devant servir à préparer une future expédition en Amérique. Le dossier est antérieur à 1604, car il n’y a aucune évocation de la tentative de colonisation de l’île Sainte-Croix et contient des passages recopiés et traduits des récits de Walter Raleigh qui se trouvaient au sein de la bibliothèque du roi Henri IV. Nous savons que Champlain fut à la cour du Roi au cours de ces années. » (Thériault, 2018)

Dans son livre, « Espion en Amérique », Éric Thierry cite certains ouvrages qu’aurait consultés Champlain lors de son séjour à la Cour.  La liste complète des livres et cartes sera présentée dans une publication d’Éric Thierry en 2019 touchant la redécouverte de ce manuscrit de Champlain.

Hakluyt, Richard. 1580. A Short and Brief Narration.
Était une traduction du Bref Récit et Succincte Narration de la Navigation Faite en MDXXXV et MDXXXVI12 de l’explorateur français Jacques Cartier, récit de son second voyage au Canada en 1535–1536.

Hakluyt, Richard. 1582. Divers Voyages Touching the Discoveries of America and the Islands Adjacent unto the Same, Made First of all by our Englishmen and Afterwards by the Frenchmen and Britons

Raleigh, Walter. 1596. Discoveries of the large, rich and beautiful Empire of Guiana.

de Bry, Theodore .1599. Descriptionem trium itinerum. . .equitis F. Draken….J. Hauckens.. .G. Ralegh … in Latinum sermonem conversaauctore G. Artus, America. Part VII, 3 pt. Francfort-sur-le-Main, 1599, Fol.

Thevet, André. 1575. La cosmographie universelle d’André Thevet, illustrée de diverses figures des choses plus remarquables veuës.
En ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109341b/f19.item.zoom

Durant son séjour à la Cour, il est possible que Champlain ait visité le port de Dieppe et son ami Aymar de Chaste. Sans révéler ses sources, l’historien Hackett-Fisher souligne à ce propos :

«Champlain fut mis au courant de nombreux projets, passés et à venir. Avec l’encouragement du roi, il s’employa à en apprendre davantage. De 1601 à 1603, il visita des ports de mer français et réunit des informations des pêcheurs normands et bretons qui étaient actifs en Amérique. Il interrogea peut-être des armateurs de Dieppe qui équipaient les navires pour les voyages du Nouveau Monde. Ces hommes avaient de vieux souvenirs des tentatives précédentes. Il parla aussi à ces marins français qui avaient été en Amérique du Nord depuis le début du XVIe siècle, peut-être même avant.» (Hackett-Fischer, 2011 :130).

Finalement, à la Cour, Champlain aurait fort probablement rencontré les deux montagnais ramenés par François Gravé lors de son voyage avec Pierre Chauvin en 1602. Ces Amérindiens ont appris le français et ont discuté avec Henri IV. Ce dernier est intéressé à une alliance qui consiste à établir une colonie en échange d’un engagement à combattre leurs ennemis. Les deux Montagnais feront rapport de cette proposition du roi à Anadabijou lors de la rencontre à la pointe Saint-Mathieu en 1603.  Dans son rapport destiné au Roi, intitulé «Des Sauvages» Champlain raconte cette alliance:

« L’un des Sauvages que nous avions amenés commença à faire sa harangue de la bonne réception que leur avait fait le roi, et du bon traitement qu’ils avaient reçu en France, et qu’ils s’assurassent que sa dit Majesté leur voulait du bien et désirait peupler leur terre, et faire la paix avec leurs ennemis, ou leur envoyer des forces pour les vaincre… Ils devaient être fort contents d’avoir sa dite Majesté pour grand ami » (Thierry, 2013:136-137).

La rencontre de Champlain avec Aymar de Chaste

Champlain rencontra Aymar de Chaste à son retour d’Espagne en 1601. Dans son récit de 1632, il écri t:

«Allant voir de fois à autre ledit Sieur Commandeur de Chaste, jugeant que  je pouvais le servir en son dessein, il me fit cette faveur, comme j’ai dit, de m’en communiquer quelque chose et me demanda si j’aurais agréable de faire le voyage, pour voir ce pays et ce que les entrepreneurs  y feraient. Je lui dis que j’avais son serviteur, que, pour me licencier de moi-même à entreprendre ce voyage, je ne le pouvais faire sans le consentement de Sa Majesté, à laquelle j’étais obligé tant par ma naissance que d’une pension de laquelle elle m’honorait pour avoir moyen, et que s’il lui plaisait lui en parler, et me le commander, que je l’aurais très agréable.  Ce qu’il me promit et fit, et je reçus commandement de Sa Majesté pour faire ce voyage et lui en faire un fidèle rapport. Et pour cet effet, monsieur de Gesvres secrétaire de ses commandements, m’expédia, avec lettre adressée audit Pont-Gravé, pour me recevoir en son vaisseau et me faire voir et reconnaître tout ce qui pourrait en ces lieux, en m’assistant de ce qui lui serait possible dans cette entreprise.»  (Thiery, 2011 :75-76)

L’expression «de fois à autre» signifie que Champlain rencontrait Aymar de Chaste fréquemment.

Un autre passage énigmatique est celui où il dit «J‘étais obligé tant par ma naissance».  Les chercheurs Denis Vaugeois et David Hackett-Fischer ont voulu voir dans ce passage que Champlain serait le fils naturel d’Henri IV. Ce passage expliquerait selon eux, la très grande proximité de Champlain avec le roi. De fait, Champlain avait déjà des entrées à la Cour via Aymar de Chaste, Pierre Dugua de Mons et Timoléon d’Espinay de Saint-Luc. Henri IV était fasciné par la cartographie, c’est pour cette raison qu’il le retient à son service, cet explorateur français qui revient d’un voyage secret aux Indes Occidentales. De fait, selon Éric Thierry, l’expression «obligé tant par ma naissance», signifie simplement que Champlain était français, donc sujet du roi de France.  D’autre part, Hackett-Fischer mentionne la rumeur parvenue aux oreilles des Algonquins,  selon laquelle il était le fils du roi17. De fait, à cette époque, Henri IV était considéré comme le père de la nation. Ainsi tous les sujets français étaient fils ou filles du roi.

Champlain était étonné de l’enthousiasme d’Aymar de Chaste, malgré son âge avancé. En 1632, dans ses mémoires18, il mentionne :

 «La quatrième entreprise fut celle du Sieur commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, qui était un homme très honorable, un bon catholique, un grand serviteur du roi, qui avait dignement et fidèlement servi Sa Majesté en plusieurs occasions signalées. Et bien qu’il eut la tête chargée d’autant de cheveux gris que d’années, il voulait encore laisser à la postérité, par cette louable entreprise, une remarque très charitable en ce dessein, et même s’y porter en personne  pour consommer le reste de ses ans au service de Dieu et de son roi, en y faisant une demeure arrêté pour y vivre et mourir glorieusement, comme il espérait, si Dieu ne l’avait pas retiré de ce monde plus tôt qu’il ne pensait, et on pouvait bien s’assurer que sous sa conduite l’hérésie ne se serait jamais plantée aux Indes, car il avait de très chrétiens desseins, dont je pourrais rendre de bon témoignages, pour m’avoir fait l’honneur de m’en communiquer quelque chose. » (Thierry, 2011 :74)

L’expression «même s’y porter en personne» signifie qu’Aymar de Chaste avait même à son âge, l’intention d’aller en Nouvelle-France, ce que feront ses successeurs.

Simple passager?

Les historiens ont fréquemment mentionné que Champlain était sans responsabilité particulière lors de ce voyage de 1603, il serait selon eux qu’un simple observateur.

A titre d’exemple, citons l’éminent historien Marcel Trudel qui souligne :

 «Assiste à cette tabagie de Tadoussac, un simple observateur, sans aucune charge officielle, un nommé Samuel de Champlain venu seulement (comme il écrit lui-même) pour voir le pays». (Trudel, 2004 :62)

Mais les faits contredisent cette affirmation, Champlain a entrepris ce voyage dans la vallée du Saint-Laurent avec une charge officielle, la mission d’informer le roi, ce qui constitue une responsabilité importante. L’historien Heidenreich reconnaît que Marcel Trudel a marginalisé le travail de Champlain et le qualifiant de simple passager. Heidenreich souligne :

«But if Champlain was simply as an observer on the request of de Chaste, why would the king request that to his secretary of state write a letter to the captain of de Chaste ship an order Champlain to report to the king on his return?» (Heidenreich, 2010 :57)

Aymar de Chaste, organisateur du voyage de Champlain en Nouvelle-France en 1603

Jean Glénisson explique comment Aymar de Chaste s’est impliqué dans les expéditions en Amérique du nord :

«En 1603, à peine rentré d’Angleterre, où Henri IV l’avait envoyé en qualité d’ambassadeur extraordinaire, Chaste avait été associé par le roi au premier président au parlement de Rouen et au sieur de La Cour, pour former une commission chargée de concilier les intérêts et d’unifier l’action des marchands et armateurs de Rouen et de Saint-Malo, qui se disputaient âprement la double richesse des terres nouvelles d’Amérique septentrionale : la morue et la fourrure. C’est alors que le Commandeur se lance lui-même dans la compétition.» ( Glénisson, 2003)

Et dans ses mémoires de 1632, Champlain mentionne :

 «Donc, après la mort dudit sieur Chauvin, il (Aymar de Chaste) obtint une nouvelle commission de Sa Majesté. Et d’autant que la dépense était fort grande, il fit une société avec plusieurs gentilshommes et les principaux marchands de Rouen et d’autres lieux, sous certaines conditions. Ce qu’étant fait, ils firent équiper des vaisseaux tant que pour l’exécution de cette entreprise que pour découvrir et peupler le pays.»  (Thierry, 2011: 74).

De Chaste constitue une compagnie composée de marchands de Rouen et de Saint-Malo. Certains marchands de Saint-Malo sont exclus, car ils revendiquent la liberté de trafic. Ils sont peu intéressés par la colonisation qui représente une corvée inutile.

Aymar de Chaste désigne François Gravé qui avait une longue expérience du Saint-Laurent. Il nolise trois navires. Un vaisseau commandé par Jean Sarcel, La Bonne-Renommée de François Gravé, La Françoise, de Jean Girot et un navire du Maloin Gilles Eberard du Colombier. (Thierry, 2011: 75)

Aymar de Chaste ne devait pas voir revenir sa flotte partie en mars. Le 13 mai 1603, il est décédé dans le château de Dieppe. Le corps de cet illustre personnage ayant été ouvert, on découvrit un ulcère qui était dans ses reins., (Asseline, Tome 2:113)

La sépulture d’Aymar de Chaste

«Inhumé dans l’église des Minimes de Dieppe qu’il avait contribué à faire bâtir, le corps du Commandeur de Chatte en fut exhumé en 1827 pour être transporté dans l’église Saint-Rémi, car l’église des Minimes, désaffectée, servait à la Justice de paix. Le cardinal de Joyeuse, cousin du commandeur, avait donné 4000 livres pour un tombeau qui ne lui fut jamais élevé. Mais la municipalité de Dieppe a donné le nom de son ancien gouverneur à l’une des rues qui montent au château.» (Robert la Roque de Rocquebrune, 1927 :273)

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Jacques-Jacques Feret, archiviste de la ville, qui avait encore chez lui le manuscrit de Champlain du «Brief Discours»  assiste à la translation des restes du Commandeur de Chaste. Il souligne :

«J’ai vu ses restes, assez bien conservés, dans leur enveloppe de plomb19, ouverte un instant par le plombier qui y fit de nouvelles soudures. Un rayon de soleil y entra. J’ai de ce cercueil ouvert un dessin, fait par feu mon frère20dont le crayon exprimait si bien le caractère des choses antiques.» (Feret, 1864 :20)

 

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L’enfeu d’Aymar de Chaste dans la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Rémy à Dieppe.  Source:  Page Facebook d’Eric Thierry.

Autre témoignage d’Alfred Poussier:

« Je fus porter un regard de vénération sur ce qui restait d’Emar de Chattes, il devoit être d’une taille assez élevée, mes yeux s’arrêtèrent sur ce front où avoit brillé la loyauté et le courage, je remarquai que l’arcade sourcilière était très prononcée; tout le reste du front et les parties voisines sembloient porter l’empreinte d’un esprit méditatif et éloquent, doué d’une grande bonté et du sentiment du juste et l’injuste» (Poussier, 1915 :25)

Cette gravure avait été envoyée à l’abbé Cyprien Tanguay dont voici la correspondance faite en 1871 ( Tanguay, 1886 :2 )

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L’historien Faillon raconte bien les circonstances entourant les cérémonies funéraires :

«Le commandeur de Chaste fut inhumé chez les Minimes de Dieppe. M. Pigné,  grand vicaire de l’archevêque de Rouen, les curés de deux paroisses de Dieppe & ceux des environs, précédés de leur clergé & des Pères Minimes, conduisent le corps à l’église de ces religieux. Trente pauvres, vêtus d’habit de deuil, portant chacun une torche allumée, précédaient le clergé, qui était suivi des domestiques du défunt; & immédiatement devant le corps, était porté un écusson aux armes des chevaliers de Malte. Enfin, après le cercueil marchaient des gentilhommes, les magistrats & les échevins de la ville, ainsi que beaucoup d’honorables citoyens. Nous devons ajouter, à la louange de ce digne commandeur, que loin de se servir de ses charges pour s’enrichir lui-même, il garda si parfaitement les vœux de sa profession religieuse, qu’il mourut pauvre; & ce fut le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, son parent, qui pourvut aux frais des funérailles.

Après la suppression du couvent des Minimes, l’église de ces religieux ayant été profané, d’abord par des cérémonies dites patriotiques, ensuite par sa transformation en salle de spectacle, M. de Viel-Castel, sous-préfet de Dieppe, homme pieux & plein de respect pour la mémoire des anciens qui avaient illustré le pays, fit retirer de cette église, en 1827, aidé du concours de l’ingénieur M. Frissard & de celui de M. Feret, archiviste de la ville, les restes mortels du commandeur avec un cercueil de plomb qui les renfermait, & désira qu’ils fussent transférés avec honneur dans l’église Saint-Rémi de Dieppe; ce qui eut lieu à la satisfaction de toute la ville. Des canonniers de la compagnie bourgeoise portèrent les restes du commandeur d’Arques, voulurent faire partie du convoi funèbre. Enfin, après que le curé de Saint-Jacques, M. Potel, eut célébré la messe solennelle de Requiem, on déposa le cercueil au chevet de l’église, dans la chapelle de la sainte Vierge, à côté de celui d’un autre gouverneur de Dieppe, Philippe de Montigny, dans un caveau construit pour ce dernier.  L’église des Minimes, où il avait été inhumé, sert aujourd’hui de salle d’audience au tribunal de première instance de l’arrondissement de Dieppe.» (Faillon, 1865 :83)

Ces évènements rares ont été rapportés dans le journal la Gazette nationale ou Le Moniteur universel, ven. 25 et 26 mai 1827. (Voir bibliographie)

Conclusion

Aymar de Chaste est un personnage bien en vue à la Cour de France. En livrant au roi Henri IV, la ville de Dieppe en 1589, il devenait l’un de ses favoris. De plus, son alliance avec la famille Joyeuse a contribué à l’avancement de sa carrière militaire et diplomatique. Même s’il était catholique, il a combattu la Ligue pour consolider le pouvoir d’Henri III,  puis par la suite, Henri IV, roi de France. Lors de la fin des hostilités avec l’Espagne, il avait certainement des visées en Amérique du nord, car il connaissait plusieurs explorateurs de cette époque, Troilus de Mesgouez, marquis de La Roche, Pierre de Chauvin de Tonnetuit, Pierre Dugua de Mons et François Gravé, sieur de Pont.

Pour ce qui concerne Champlain,  sa carrière a été possible grâce à son initiative, comme son voyage aux Indes Occidentales, et les relations qu’il a su maintenir tout au long de sa vie. À cet égard, mentionnons son compagnon de Brouage, lors de la guerre contre la ligue en Bretagne, M. René Rivery, chevalier de Potonville. Aymar de Chaste et René de Rivery se connaissaient, car ils étaient membres de l’Ordre de Malte.  Ce dernier lui a permis de connaître Aymar de Chaste, gouverneur de Dieppe, un des favoris du roi. Catholique modéré, Aymar de Chaste est un compagnon d’armes de François d’Espinay de Saint-Luc dans la lutte contre la ligue catholique en Bretagne.

Toujours, avec son initiative, Champlain n’a pas hésité à rencontrer Aymar de Chaste à Dieppe pour lui remettre une copie du manuscrit «Brief Discours».  Par la suite, de Chaste a présenté Champlain au roi, qui a été fortement impressionné. Il faut souligner qu’Henri IV était fasciné par la cartographie. Il a retenu ses services pour ses projets qu’il envisageait au nouveau monde. Ce séjour à la Cour lui a permis de lire les récits de voyage au nouveau monde et de consulter les documents cartographiques de cette époque. Le manuscrit de Champlain récemment redécouvert par Éric Thierry remonte à cette période. Champlain, étant sujet français de par sa naissance, il a eu l’aval du Roi pour son voyage en Nouvelle-France en 1603. Muni d’une lettre d’autorisation officielle, il joint l’équipage dirigé par François Gravé, navigateur expérimenté qui sillonne le Saint-Laurent depuis 1580.  Ce n’est pas qu’un simple passager, comme certains historiens ont laissé croire. Son expérience dans les services des logis dans l’armée royale de Bretagne ainsi que son séjour aux Indes Occidentales, font de lui un véritable espion et un spécialiste du renseignement. Son mandat est d’informer le roi sur la conclusion d’une alliance que ce dernier a initié à Paris avec deux Amérindiens ramenés par Pierre de Chauvin en 1602. Cette alliance permettra la fondation de Québec et la naissance de l’Amérique française.

 

Notes: 

[1] Pierre Chauvin appartenait à une riche famille de marchands. Il épousa en premières noces Jeanne de Mallemouche, dont il eut un fils, François ; puis, en secondes noces, Marie de Brinon. En 1583, il servait dans les troupes de l’amiral Aymar de Chaste dans les Açores et, en 1589, il était capitaine de l’importante garnison huguenote de Honfleur, que M. Du Gua de Monts avait commandée l’année précédente. (Wikipedia).

[2] Son père Jean de Joyeuse, était seigneur de Saint-Sauveur et Arques, baron de Saint-Didier puis vicomte de Joyeuse (succède à Jacques, son neveu), Lieutenant-Général en Languedoc (sous le Connétable de Montmorency), chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur & Capitaine de Narbonne (réside au château de Couiza) épouse le 22 novembre 1518 Françoise de Voisins, baronne d’Arques, dame de Puyvert et La Tour de Founouillet (fille unique de Jean, baron d’Arques, et de Paule de Foix-Rabat). Il aurait eu une liaison avec Catherine de Montréal. Ses petits-fils les plus célèbres sont Anne de Joyeuse et le cardinal François de Joyeuse.

[3] L’ordre de Malte porte le nom officiel d’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte.

[4] Guillaume II de Joyeuse (1520 † 1592), Vicomte de Joyeuse, Seigneur de Saint Didier, de Laudun, de Puyvert et d’Arques, fils de Jean de Joyeuse et de Françoise de Voisins, dame d’Arques. Il se destina d’abord à l’Église. Il posséda, du vivant de son frère aîné l’évêché d’Aleth. Mais la mort de ce dernier l’ayant fait chef de la famille, et n’ayant pas encore prononcé ses vœux, il renonça à l’état ecclésiastique et embrassa la carrière des armes. Il ne semble pas qu’il y ait brillé d’une manière particulière. Nommé lieutenant général en Languedoc par Charles IX, il lutta activement contre les Huguenots. Il ne peut empêcher le massacre de la Saint-Barthélemy de se reproduite à Toulouse. Le roi Henri III l’éleva à la dignité de Maréchal de France en 1582. Il mourut fort âgé en 1592, ayant vu mourir avant lui quatre de ses fils.

[5] Favori du roi Henri III qui le comble de faveurs : le , il épouse Marguerite de Lorraine-Vaudémont (1564 – 1625), fille de Nicolas de Lorraine, duc de Mercœur, et de Jeanne de Savoie-Nemours, et demi-sœur de la reine de France.

[6] Henri IV, qui a abjuré le protestantisme est couronné roi à Chartres le . La mort du cardinal Nicolas de Pellevé le fait de François de Joyeuse le prélat principal de l’Église de France. Le , il devient cardinal de S. Pietro in Vincoli. C’est au cours de l’année 1595, avec son secrétaire Arnaud d’Ossat et Jacques Davy du Perron, évêque d’Évreux, qu’ils travaillent pour recevoir l’absolution du roi par Clément VIII, qu’ils obtiennent le . Au début de 1596, il assure sa loyauté au roi et est confirmé comme protecteur de la France à Rome. Le , il couronne Marie de Médicis, à Saint-Denis. En , le roi Henri IV l’envoie à Rome pour négocier l’annulation de son mariage avec Marguerite de Valois (Wikipedia).
Le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, son cousin, qui pourvut aux frais des funérailles d’Aymar de Chaste (Faillon, 1865:  83).

Le cardinal s’intéressait également aux missions en Nouvelle-France. Il avait demandé au Père Denis Jamet, récollet de Québec,  de lui faire rapport de leur voyage au Canada. Le 15 juillet 1615, Le père Jamet écrivit une longue lettre au Cardinal Joyeuse. (Le Blant, 1967 : 158)

[7] Récit du voyage fait à l’île de Terceira et à Fajal da Terra (Açores) par Aimar DE CHASTE, commandeur de l’ordre de Malte, gouverneur de Dieppe et Arques. (1583).
XVIIe siècle, 24 feuillets. Manuscrit en français
Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits
Cote : Dupuy 116

voir aussi
Leber, J. 1940. Une expédition oubliée: Aymar de Chaste, Gouverneur de Dieppe aux Açores 1583, La Vigie de Dieppe, 14-15 mai 1940
En ligne: https://bit.ly/2q0huzW

[8] Robert de Roquebrune, de son vrai nom Robert Larocque, né à L’Assomption au Canada le 29 juillet 1889 et décédé le 4 juillet 1978 à Cowansville, fils de Louis-René Hertel La Rocque et de Louise-Sophie Salaberry, est un écrivain, essayiste et journaliste québécois, chercheur aux Archives publiques du Canada.

[9] Jehan Ango, né à Dieppe en 1480 et mort à Dieppe en 1551, est un armateur normand. De 1530 à 1544, il fit construire par des artistes italiens sa résidence d’été sur le domaine de Varengeville-sur-mer : le Manoir d’Ango que Honoré de Balzac cite à plusieurs reprises dans Sur Catherine de Médicis comme un chef-d’œuvre de la Renaissance (orthographiant Varangeville) :

« Cette charmante construction, due à la bourgeoisie du seizième siècle, et qui complète si bien l’histoire de ce temps, où le roi, la noblesse et la bourgeoisie luttaient de grâce, d’élégance et de richesse dans la construction de leurs demeures, témoin Varengeville, le splendide Manoir d’Ango ».

Il est pour cette raison surnommé le « Médicis normand ». Réquisitionné pour être transformé en caserne et en prison après la Révolution, il retrouvera rapidement ses fonctions d’enseignement. En 1811, l’État cède gratuitement les Oratoriens à la Ville. En 1938, un incendie ravage une partie du bâtiment, qui conserve néanmoins sa destination et abrite aujourd’hui encore l’école Thomas sur une partie de la parcelle.
Source: http://www.histoire-patrimoine.fr/livraison-du-college-des-oratoriens-dieppe/

[10] La Ligue catholique, la Sainte Ligue ou la Sainte Union est le nom donné pendant les guerres de Religion à un parti de catholiques qui s’est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. Son succès est tel qu’elle devient un danger pour la monarchie. En 1588, elle parvient à chasser le roi Henri III de la capitale. La Ligue décline petit à petit devant les victoires du roi Henri IV. Elle constitua un des plus grands dangers que connut la monarchie française avant l’avènement de l’absolutisme, avec la Fronde, au siècle suivant, dont les acteurs gardèrent présente à l’esprit la Ligue, comme modèle ou comme repoussoir (Wikipedia).

[11] Il n’est par certains que Champlain ait eu ce titre. Il l’affirme bien en 1632, sans doute pour améliorer son image.  Il serait tout au plus capitaine en 1597. Source:  Fiquet, Nathalie, Brouage au temps de Champlain, ville nouvelle ouverte sur le monde…, in Vaugeois, Denis, et Raymonde Litalien (Dir.), Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery, Septentrion, 2004, p. 37

« Pour bien accomplir sa charge, le maréchal général des logis devait lancer régulièrement des partis pour reconnaître les environs du camp de l’armée, se tenir au courant des capacités en fourrage de la région et préparer la marche de l’armée pour les jours suivants. On constate donc qu’il jouait le rôle d’une source d’information géographique indispensable pour le bon fonctionnement de l’armée.  Tous les auteurs qui ont écrit sur l’art militaire aux XVIIe et XVIIIe siècles (Gaya, Guignard, Quincy, Daniel, Puységur…) ont insisté sur cet aspect. Voici ce qu’affirmait par exemple Guignard : « Un maréchal des logis doit surtout être un bon géographe et avoir des cartes fidèles de la frontière où il est employé, avec des plans qui ont été dressés des différents campements qui ont été faits partout où la guerre a été portée sous le précédent règne, parce que très communément on se trouve dans les mêmes positions. Il y a de ces plans qui ont été dressés par M. de Chamlay ; ils sont aussi parfaits que leur auteur l’était dans ce genre. »

Source:  http://journals.openedition.org/rha/6874?lang=en

[12] Aymar de Chaste et François de l’Espinay de Saint-Luc de Brouage,  ont combattu ensemble pendant les guerres de Religion. Issu de la famille d’Espinay Saint-Luc, ancienne famille normande, il est élevé à la cour des Valois et devient l’un des favoris, ou mignons, d’Henri III. Il est nommé en 1579 gouverneur de Saintonge et Brouage, où il est relégué en disgrâce. Il repousse Henri Ier de Bourbon-Condé lorsque ce dernier assiège Brouage en 1585, reprend l’île d’Oléron en 1586 à Agrippa d’Aubigné, qu’il fait prisonnier. Il prend part à la bataille de Coutras (1587), où il ne sauve sa vie qu’en se rendant à Condé. Lieutenant général de Bretagne sous Henri IV (1592 – 1596), il pacifie le pays. Il négocie la reddition de Paris avec Brissac en 1594. Il est fait Grand maître de l’artillerie en 1596. Il est tué le , d’une arquebusade à la tête, au siège d’Amiens (Wikipedia).

C’est François de l’Espinay qui recruta Champlain pour joindre l’armée royale de Bretagne dès 1592 (Vigé Jimmy. 1990:286).

[13] L’Ordre des Minimes (abrégé en OM), en latin Ordo Minimorum, c’est-à-dire « les tout petits », est un institut religieux d’ermites mendiants et pénitents de spiritualité franciscaine, fondé en 1436 par saint François de Paule (1416-1507), et approuvé en 1474 par les autorités ecclésiastiques. À l’exemple du fondateur, les prêtres et frères Minimes cherchent à vivre une vie de pénitence perpétuelle dans un grand dépouillement évangélique. Ils en font leur forme d’apostolat, par la prédication et le ministère de la réconciliation. Anciennement appelés Les Bons Hommes en francophonie, ils sont aujourd’hui 180, dont 112 prêtres, surtout présents en Italie (Wikipedia).

[14] Pierre-Jacques Feret, né à Dieppe le 7/1/1794, décédé le 23/3/1873. Erudit, archéologue et vulgarisateur polyvalent, à qui nous devons la première organisation de notre mémoire locale : notre Bibliothèque municipale et notre Musée. Nommé bibliothécaire en 1827, et « honoraire » le 12/1/1855 ; à cette date il devient « Conservateur de la Bibliothèque et des Archives ». Il fit un inventaire de 1243 ouvrages (en 3915 volumes) le 22/11/1833, suivi d’un second de 5627 volumes le 15/11/1843. En 1838 est qualifié de Commandant de la Garde Nationale. Fut également maire de la ville de Dieppe du 27/5 au 23/10/1848). Écrivit de nombreux ouvrages (les voir au Fonds Ancien et Local de la Médiathèque, ainsi que l’important « fonds Féret »  Source: http://dieppe76.pagesperso-orange.fr/f-personnages.html

[15] Enfin le roi réitéra à Casaubon son invitation à s’installer à Paris, finit par lui accorder une pension mais ne parla plus de l’université.  Une réforme récente avait en effet restreint le recrutement aux seuls catholiques ; bien que les chaires du Collège de France ne fussent pas soumises aux statuts de l’université, l’opinion publique était si violemment anti-protestante, qu’Henri IV n’osa pas nommer un calviniste à ce poste. Quand le bibliothécaire-adjoint du roi, Jean Gosselin, mourut en 1604, Casaubon lui succéda, avec un salaire de 400 livres en sus de sa pension. (Wikipedia).

[16] Fondé par Catherine Ferland et autres collaborateurs, Les Rendez-vous d’histoire de Québec, consacrés à l’histoire, au patrimoine et à la culture, se sont tenus les 10, 11 et 12 août 2018. Dès sa première année, ce nouvel événement culturel a su trouver son public et attirer une importante foule de curieux et d’amoureux de l’histoire, en plus de générer un fort intérêt médiatique.

[17] Hackett-Fisher souligne à ce sujet qu’Épervier Noir, chef de guerre des Sakis et des Renard, a laissé des mémoires dans lesquelles il raconte avoir rencontré un Blanc, vraisemblablement Champlain, qui lui avait dit « être le fils du roi de France ». (Hackett-Fischer: 2011: 57-58 et 607-609).

[18] Marcel Trudel fait remarquer l’absence d’Aymar de Chaste dans les écrits de 1603 et 1613. Il faut attendre les écrits de 1632 pour retrouver la mention d’Aymar de Chaste. Est-l’heure des bilans? Marcel Trudel ne comprend pas ce silence ( Trudel, 1962: 323 )

[19] L’historien et archéologue Michel Gaumond a émis l’hypothèse que le cercueil de Champlain pourrait être fait de plomb, tout comme celui de Mgr de Laval.

[20] Amédée Feret, frère de Pierre-Jacques, né à Dieppe le 7 mars 1797, il eut toujours une affection constante et presque filiale avec son frère aîné. Différents d’humeur et de caractère, mais fortement uni par le cœur, ces deux frères se rencontraient sur un terrain commun, celui des arts, de l’histoire et des antiquités locales. Amédée Feret a illustré la plupart des travaux de son frère. Ses deux meilleurs ouvrages sont la reproduction en relief de la Cité de Limes et celle de la villa romaine de Sainte- Marguerite. Il a aussi dessiné la plupart des objets antiques que l’abbé Cochet a trouvé dans ses fouilles archéologiques. La collection de ses dessins formerait un album très intéressant pour Dieppe. Pendant plus de trente années, il a été professeur de dessin à Dieppe et a rendu, en cette qualité, de grands services à l’art des sculpteurs en ivoire. Il est mort à Dieppe le 19 novembre 1859.  Source:  http://dieppe76.pagesperso-orange.fr/f-personnages.html

 

Bibliographie.

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En ligne:  https://archive.org/details/lesantiquitezet02hardgoog/page/n430

ASSELINE, David. 1874. Les antiquitez et chroniques de la ville de Dieppe, Tome 2, Dieppe, Librairie  Marais, p. 1-116
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BARBARA, Fasseur. 2018. Le plus ancien manuscrit de Champlain sortie des archives de la BNF, Actualitté, 8 août.

En ligne: https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/le-plus-ancien-manuscrit-de-champlain-sorti-des-archives-de-la-bnf/90344

BÉLAND, Gabriel. 2018. Redécouverte du plus ancien manuscrit jamais retrouvé de Champlain, La Presse, 6 août.
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CHAMPLAIN, Samuel, Brief Discours des choses plus remarquables que Sammuel Champlain de Brouage A reconneues aux Indes Occidentalles: Au voiage qu’il en a faict en icelles en l’année mil  vc iiii.xx xix. & en l’année mil vic.j. comme ensuit.
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THÉRIAULT, Gabriel. 2018. Apprécier l’histoire autrement: Retour sur le Rendez-vous de l’histoire de Québec du 10-12 août 2018.
En ligne http://histoireengagee.ca/apprecier-lhistoire-autrement-retour-sur-les-rendez-vous-dhistoire-de-quebec-du-10-12-aout-2018/

THIERRY, Éric. 2008. La France de Henri IV en Amérique du Nord. De la création de l’Acadie à la fondation de Québec, Paris, Éditions Honoré Champion, 2008, 502 p.

THIERRY, Éric. 2011.  Au secours de l’Amérique française 1598-1603, Québec, Septentrion, 696 p. Édition en français moderne des Voyages de 1632, avec des notes d’Éric Thierry, une introduction, une chronologie, une bibliographie et toutes les illustrations de l’édition originale.
Extraits en ligne: https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/au-secours-de-l-amerique-francaise

THIERRY, Éric. 2013. Samuel, Espion en Amérique. 1598-1603, Québec, Septentrion,  219 p. Édition en français moderne du Brief Discours et du Des Sauvages, avec des notes d’Éric Thierry, une introduction, une chronologie, une bibliographie et toutes les illustrations du manuscrit de Bologne du Brief Discours.
Extraits en ligne: https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/espion-en-amerique

THIERRY, Éric. 2014. 1613 Samuel de Champlain, Voyages, in Claude Corbo (Dir.). Mouvements intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien: Aux origines d’une tradition culturelle, Presse de l’Université Laval, 37-47
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THIERRY, Éric. 2018. Le mystère des origines de Samuel de Champlain , Cap-aux-Diamants, No. 134, 4-7

TRUDEL, Marcel. 1962. Un nouvel inventaire du Saint-Laurent, 1603. Revue d’histoire de l’Amérique française, 16(3), 313–347
En ligne: https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1962-v16-n3-haf2040/302209ar.pdf

TRUDEL, Marcel. 2004. Le continent où débarque Champlain en 1603, in Denis Vaugeois et Raymonde Litalien, Champlain: La naissance de l’Amérique française, Septentrion et Nouveau Monde, p. 61
En ligne: https://bit.ly/2pxC7Tx

VAUGEOIS, Denis et Raymonde Litalien. 2004. Champlain: La naissance de l’Amérique française, Sillery, Septentrion, 400 p.
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VIGE, Eliane et Jimmy Vigé. 1990. Brouage. Capitale du sel et patrie de Champlain, Tome II, Saint-Jean-d’Angély, 286-290

VIGNERAS, L. A. 1957. Le voyage de Samuel Champlain aux Indes Occidentales, Revue d’histoire de l’Amérique française, 11 (2), Sept. 1957, p. 174
En ligne: https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1957-v11-n2-haf2019/301831ar/

VIOLLET-LE-DUC, Eugène-Emmanuel. 1880. Description et histoire du château d’Arques, Paris, Editions A. Morel.
En ligne: https://archive.org/details/descriptionethis00viol_0/page/n

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  1. Marc Blanchet dit :

    Bravo
    Belle recherches

    J'aime

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