Sur les traces de Samuel de Champlain à Paris – Deuxième partie

Ce deuxième texte «Sur les pistes de Champlain à Paris», se penche sur le séjour de Champlain en 1613.

 

La création d’une compagnie de marchands

Le 16 Janvier 1613, Champlain est à Paris pour l’organisation d’une compagnie de traite. Il s’agit d’un accord entre Samuel de Champlain et Mathieu Georges. Cette compagnie sera composée pour moitié de marchands rouennais et moitié de marchands rochelais. Dans ce contrat, on mentionne :

«… furent présents en leur personne Samuel Champelain escuyer, sieur dudit lieu, capitaine pour le roy en la marine et lieutenant de Monseigneur le prince en la Nouvelle-France, demeurant à Paris, rue Troussevache, paroisse Sainct-Jacques-de-la-Boucherie… » (Le Blant, 1967 : 250)

Un peu plus loin, on peut lire :

«… l’on se pourra et sera loisible se retirer chasque année si bon semble aux associés en faisant déclaration d’an à an au domicile de Chartier, médecin ordinaire du Roy, sicz rue Troussevache…»

Voir aussi ce contrat aux Archives nationales de France:

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/UD/FRAN_IR_041102/c1p6rfmdkfmr-hb6h37wx8ikw

et autre contrat du 5 février 1613

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/UD/FRAN_IR_041102/c1p6rfmdpen7–kqugc35idhv0

Comme Samuel de Champlain ne possédait pas de résidence à Paris, ce dernier demeurait probablement dans la maison de René-Pierre Chartier, ami de Nicolas Boullé et beau-père de Champlain.

rueTrousseVacheSurGoogleMaps3.jpgPlan de Turgot1 et localisation de la rue Troussevache2.
rueTrousseVache2
Plan de P. Faure3. À remarquer la rue de la Ferronnerie tout près, lieu de l’assassinat du Roi Henri IV, le 14 mai 1610.

rueTrousseVacheSurGoogleMaps2

René-Pierre Chartier et ses illustres descendants

Mais qui est donc ce personnage qui héberge Champlain? Il s’agit de René-Pierre Chartier, médecin attaché à la Cour. Auguste Corlieu explique bien ses qualifications :

«René Chartier peut être envisagé sous deux points de vue, comme médecin et comme érudit. Comme médecin, il eut de grand succès, car deux ans après sa réception au doctorat, il fut nommé médecins des Dames de Franc, c’est-à-dire des princesses Elisabeth4, Christine5et Henriette6; l’année suivante il fut médecin du roi7. Ce n’était pas une petite besogne que sa première charge à la cour, car il ne s’agissait pas seulement pour lui de soigner ses royales princesses; il devait les accompagner en Espagne, en Savoie, en Angleterre lors de leurs mariages. En même temps, il était professeur de chirurgie au Collège royal, et son cours dut en souffrir.» (Corlieu, 1892 : 152)

Professeur de chirurgie et de  pharmacologie à la Faculté de médecine, il enseigna une temps les belles-lettres à Angers et la rhétorique à Bayonne. René Chartier est un érudit, il parle grec et latin. Il s’intéresse aux humanités, à la philosophie, à la religion, aux mathématiques et à la jurisprudence. Sa soif de connaissance le conduit à s’intéresser au travail de l’édition. En 1608, il ne possédait pas moins de 1900 ouvrages, mais à sa mort il ne lui en restait plus que 364.

Il est le descendant d’une vieille famille de France. Le premier ancêtre connu, Philippe Chartier, fils de Joseph et de Marguerite Amelotte, naquit à Dijon en 1345. Les Chartier furent anoblis au début du xve siècle en la personne d’Alain (1382–1455), receveur général des comptes et secrétaire d’État sous Charles VI. À la quatrième génération, représentée par Clément (né en 1456), ils prirent le surnom de Lotbinière. (DBC, Louis-Théandre Chartier)

Le 15 juillet 1608, René Chartier épouse en premières noces, Françoise Boursier, femme de chambre de la Reine.

mariagerenc3a9chartier.jpg

source:  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9057366n/f148.item.zoom

Cinq enfants naîtront de cette union. Ayant connu Champlain, René-Pierre Chartier a sans doute parlé de cet explorateur à son jeune fils, Louis-Théandre Chartier8 (1612-1680). Ce dernier se marie le 6 juin 1641 à Paris avec Marie-Élisabeth Damours. Il part donc en 1651 pour le Canada avec son jeune fils de dix ans, René-Louis. Louis-Théandre Chartier suit ainsi les traces de son frère René, un proche de Jérôme Le Royer de la Dauversière qui avait fait un séjour au Canada, de 1643 à 1647, en qualité de chapelain des Ursulines de Québec.  Louis-Théandre Chartier aura une carrière importante comme lieutenant général civil et criminel sous l’autorité de Jean Lauson. En 1667 il fait l’acquisition de la moitié de la seigneurie de Montmagny. Son fils René-Louis9 (1641-1709) suivra ses pas et devient en 1672, le premier seigneur de Lotbinière. Il occupe des fonctions importantes comme substitut du procureur général au Conseil souverain et comme lieutenant général civil et criminel de la prévôté du Québec.

René-Pierre Chartier, tout comme Champlain est qualifié de «noble homme». Chartier est un ami de la famille Boullé et Champlain, car il est présent au mariage de Marguerite Boullé, sœur d’Hélène Boullé, la femme de Champlain. Marguerite épouse Charles Deslandes, secrétaire d’Henri II de Condé (Le Blant, 1963 : 65). Henri II de Condé a dû environ un an plus tard, obtenir la haute main sur la Nouvelle-France en tant que Vice-Roi. En Annexe 1, se trouve une biographie René-Pierre Chartier.

Des amis de René-Pierre Chartier : Marc Lescarbot et Nicolas Boullé

Marc Lescarbot, un compatriote de Champlain a écrit notamment deux ouvrages intitulés: Histoire de la Nouvelle-France, 1609, et Les Muses de la Nouvelle-France. Dans ses récits de la Nouvelle-France, Marc Lescarbot reprend une idée de René-Pierre Chartier et de Champlain qui ont élaboré un projet de société concernant les statuts et règlements de la Nouvelle-France, intitulée « Société Saincte », ayant pour but d’aller planter la foi aux terres occidentales. (Le Blant, 1963 : 66) Elle est constituée de trois ordres: le clergé, chargé du spirituel, le second, les bailleurs de fonds et le dernier, les nobles, les magistrats, les hommes de lettres, les marchands,les artisans et les laboureurs. (Thierry, 2001: 229)

Selon Eric Thierry, René-Pierre Chartier est un intime du roi Henri IV et de Nicolas Boullé.

«Ce fervent catholique, auteur en 1600 d’une composition pastorale en vers latins sur la conversion d’Henri IV, est un ami des Boullé, belle-famille de Samuel de Champlain. Il sera le père de René Chartier, prieur de Monnais en Anjou et aumônier des ursulines de Québec de 1643 à 1647, ainsi qu’un proche de Jérôme Le Royer de la Dauversière, bourgeois de La Flèche et fondateur de Montréal en 1642. La Société de ceux qui vont planter (moyennant la grâce de Dieu) la Foy és terres Occidentales est d’ailleurs comme un avant-projet de la Société de Notre-Dame de Montréal…»

 

Pierre Dubeau
22 novembre 2018

 

Notes

[1] Turgot, Michel Étienne (1690-1751). Paris au XVIIIe siècle. Plan de Paris commencé en 1734, achevé de graver en 1739 ; levé et dessiné par Louis Bretez…
En ligne: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530111615/f14.item.zoom

[2] On ne connait pas exactement l’origine de ce nom. Il est plus vraisemblable qu’elle doive ce nom à une Famille connue anciennement , qu’à une enseigne de la Vache troussée , (comme le disent Sauvai &M. Piganiol) qu’on n’y aura mise par la suite que par allusion au nom emprunté: il en est fait mention en 1248. On voit qu’en cette même année le sieur de Braie possédait une maison qui avoit appartenu au Sr Trossevache, & il y a des Actes passés au mois de Mai 1257 par Eudes Troussevache. La rue Trossevache est indiquée dans l’Accord de Philippe le Hardi avec le Chapitre de S. Méri en 1273 , & en 1284 dans le Cartulaire de S. Magloire. La rue prend en 1822 le nom du premier lieutenant de police Gabriel Nicolas de La Reynie.  Source: http://www.nicolaslefloch.fr/Lieux/RueTroussevache.html

[3] Plan de la paroisse royale de St Germain l’Auxerrois… en octobre 1739 / Levé géométriquement par P. Faure
En ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53085580m/f1.item.zoom

[4] Élisabeth de France, également appelée Élisabeth de Bourbon ou Isabelle de Bourbon ( à Fontainebleau – à Madrid), fut reine d’Espagne, du Portugal, de Sicile et de Naples, duchesse de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, comtesse de Flandre et comtesse palatine de Bourgogne. Elle est la fille de Henri IV et de Marie de Médicis. (Wikipedia)

[5] Christine de France, parfois prénommée Chrestienne, née à Paris le 10 février 1606, morte à Turin le 27 décembre 1663, fut régente du duché de Savoie de 1637 à 1648. D’ailleurs, elle ne connut guère son père qui mourut assassiné alors qu’elle n’avait que 4 ans. Elle fut baptisée dans la religion catholique le même jour que son frère Louis et sa sœur Élisabeth et reçut pour parrain, le duc Charles III de Lorraine et pour marraine la grande-duchesse de Toscane Christine de Lorraine (d’où le choix de son prénom), fille du précédent et de Claude de France, elle-même fille d’Henri II et de Catherine de Médicis. Sa mère fut nommée régente avant d’être disgraciée en 1617 (Wikipedia).

[6] Henriette Marie de France (Paris – Colombes ) était une reine consort d’Angleterre. Benjamine du roi de France Henri IV et de la reine Marie de Médicis, elle épousa en 1625 le roi d’Angleterre Charles Ier Stuart. Elle est la sœur du roi de France Louis XIII, la belle-mère du Grand Pensionnaire des Pays Bas Guillaume d’Orange, la mère de deux rois d’Angleterre, Charles II et Jacques II. La guerre civile anglaise, qui culmine en 1649 par la décapitation à Londres de son mari, l’amena à se réfugier en France (Wikipedia).

[7] Louis XIII, dit « le Juste », fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, né le au château de Fontainebleau et mort le au château neuf de Saint-Germain-en-Laye, est roi de France et de Navarre de 1610 à 1643. Son règne, dominé par la personnalité du cardinal de Richelieu, principal ministre d’État, est marqué par l’affaiblissement des grands et des protestants, la lutte contre la maison d’Autriche et l’affirmation de la domination militaire française en Europe pendant la guerre de Trente Ans. De son mariage avec l’infante Anne d’Autriche, il a tardivement deux fils : Louis XIV, qui lui succèdera, et Philippe, duc d’Anjou puis d’Orléans, dit « Monsieur, frère unique du roi », fondateur de la maison Orléans  (Wikipedia).

[8] Voir la biographie de Louis-Théandre Chartier de Lotbinière sur BDC.: http://biographi.ca/fr/bio/chartier_de_lotbiniere_louis_theandre_1F.html

[9] Voir la biographie de René-Louis Cartier de Lotbinière sur
DBC. : http://biographi.ca/fr/bio/chartier_de_lotbiniere_rene_louis_2F.html

 

Bibliographie

CORLIEU, Auguste. 1892. La mort des rois de France depuis François Ier : études médicales et historiques, Vol. 1, Paris, Honoré Champion, 152-153
En ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64175752/f169.item.r=Chartier

JOUANNA, Jacques. 2010, René Chartier, éditeur injustement méconnu d’Hippocrate et de Galien. In: Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 154e année, N. 3, 2010. pp. 1133-1161.
en ligne: www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2010_num_154_3_92998

LEBLANT, Robert, et René Beaudry. 1967. Nouveaux documents sur Champlain et son époque, Ottawa, Publication des archives publiques du Canada, no. 17, p. 250

LE BLANT, Robert. 1963. La famille Boullé 1586-1639, Revue d’histoire de l’Amérique française, 17(1), 55-69
En ligne : http://id.erudit.org/iderudit/302253ar

THIERRY, Eric. 2001. Marc Lescarbot (vers 1570-1641). Un homme de plume au service de la Nouvelle-France, Paris, Éditions Honoré Champion, 440 p. Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française, médaille d’argent.

Annexe 1

Biographie  de René-Pierre Chartier par Etienne Pattou.

http://racineshistoire.free.fr/ACC/ACC-frameset.html

René Chartier °1572 Montoire (ou plutôt à Vendôme ?) + 29/10/1654
(Paris, Saint-Germain-L’Auxerrois) (Guy Pantin écrit « le bonhomme René Chartier, à deux heures de l’après-midi, agé de 82 ans, tomba de son cheval & mourut d’apoplexie ») il est dit compatriote de Charles Bouvard ° 1572 à Montoire, dont il fait d’ailleurs le discours pour la fin de la licence où il décrit la naissance de son fils, il peut donc être très proche. Aussi Professeur de Médecine au Collège Royal (de 1625 à 1628), Médecin du Roi Louis XIII & Surintendant du Jardin des Plantes de Paris de Paris, enseigne les Belles-Lettres à Angers & s’intéresse à la Jurisprudence & la Médecine puis va à Bordeaux où il enseigne les Mathématiques & Bayonne pour la Rhétorique, il rejoint Paris après avoir botanisé dans les Pyrénées, bachelier (1606), licencié (19/05/1608, Paris, boursier au collège de Boncourt), Docteur en la Faculté de Médecine de Paris (14/08/1608 ; vespérides le 05/08/1608 & doctorat le 14/08), Docteur Régent (pastillaire passée le 26/11/1609), Professeur de Pharmacie à la Faculté (1610) & titulaire de la Chaire de Chirurgie au Collège Royal (1617-1624) (donc avec Riolan) qu’il quitte pour suivre les Dames de France en voyage (plus délicat que quelques uns de ses collègues d’aujourd’hui, il ne consentit pas à porter un titre dont il ne pouvait remplir la fonction & il donna sa démission),
conseiller & Médecin ordinaire du Roi Louis XIII (lettre de provision du 16/06/1609 & serment le 10/09 ; conformément au contrat de mariage, sa belle-mère lui obtient la charge qu’il paye 4.200 £ à la veuve de Maurice Joyau, charge transmise à son fils le 05/04/1639 pour 12.000 £). (Le nombre des Médecins par quartier était de huit ; c’étaient, de 1610 à 1643 : Jean Regnard, Adam Falaiseau, Simon Letellier, Etienne Hubert, Turquet de Mayerne, Maurice Joyau, Jean Lemire, Simon Courtaud, René Chartier, Jean Chartier, Jean de Gorris «père», Jean de Gorris «fils», Jean Chicot «père», Jean Chicot «fils», Léonard de Gorris, Pierre Privât, Jacques Cousinot, Charles Senelle, Anselme Bicquet, Antoine Baralis, Urbain Bodineau, Augustin Conrad. Mais il y avait aussi un Médecin spagiriste ; c’était Guillaume Yvelin, auquel succéda Pierre Yvelin en 1611).

Il acquiert une très grande réputation comme Médecin des Dames de France (filles de Henri IV, 1612 ; accompagne la Princesse Elisabeth ° 1609, en Espagne lors du mariage en 1625 avec Phillipe IV, elle retourne en France en 1644 & +1669 ; aussi en Savoie (1619) pour accompagner Christine épouse du duc Amédée de Savoie), 1er Médecin d’Henriette de France, épouse de Charles 1er d’Angleterre (qu’il accompagne en Angleterre & en Italie, en 1626 ; il est le seul à être réintégré au service de la Reine quand, lors du conflit, le Roi d’Angleterre licencie toute sa suite, cf. contrat négocié par Bassompierre, Monsieur de Mayerne est alors le 1er Médecin). Au retour des ses voyages avec les dames de France il se consacre exclusivement à la pratique & à l’édition. Traducteur & éditeur (il achète & stocke le papier & les exemplaires qu’il diffuse, sa maison est encombrée de rames papiers) de Gallien & Hippocrate (1639-49 : 12 volumes chez Houllier & Pardoux à Paris). Il répond à une demande de la Faculté de Médecine avec l’approbation de Richelieu à qui l’ouvrage est dédié. Gazette de Renaudot du 31/12/1638 : «Le sieur Chartier, Médecin du Roi, présente au Roi à Saint-Germain & au Cardinal de Richelieu, à Rueil, les huit premiers tomes des Oeuvres d’Hippocrate & de Galien, grec & latin». Il a travaillé sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi & du Président
de Mesmes. Il fait en 1633 un index ou Programme où il indique tous les écrits des deux auteurs dont on ne connait que les titres & demande de faire parvenir les documents retrouvés. C’est le retour en arrière qui caractérise le personnage de Diaforius, son gendre Charles du Gard fera éditer 3 tomes supplémentaires chez André Pallard (1679 pour les 9, 10 & 12èmes tomes, ce denier avec des planches chirurgicales. Les 13 tomes sont habituellement reliés en 9 volumes) avec l’aide des doyens Blondel + 1682 & Le Moine. Il consacre 10.000 £ rien qu’avant 1634. Se ruine pour cela (50.000 écus au moins), à son éloge funèbre Guy Pantin dit «le père Chartier est ici mort, voilà son Galien grec demeuré & sa famille en est ruinée» ; à l’inventaire après son décès, il est vêtu comme un mendiant «son pourpoint & haut de chausses, etc. qui ne méritent pas d’être estimés & sont à donner au premier pauvre passant». Pour le dédomager Richelieu ordonna que tout Médecin devait posséder ce livre pour être reçu à la Faculté, cet ouvrage ayant un coût de 1.000 à 12.000 francs, les receptions diminuèrent & la Faculté ne fit pas appliquer l’Ordonnance (lettre début du XIX° reproduite dans le Journal de Pharmacie
de la Société de Pharmacie de Paris en 1818). (il se tourne sur le passé à l’époque des anatomistes & des premiers chercheurs : William Harvey, ° 01/04/1578 (Folkestone, Kent) & + 03/06/1657 (Londres), expose sa découverte sur la circulation en 1628 «Exercitatio Anatomica de Motu Cordis & Sanguinis in Animalibus»). Il écrit les «Pastorales» (1.600 vers latins sur la conversion de Henri IV). L’ouvrage est une sollicitation de la Faculté avec l’approbation de Richelieu à qui il est dédié. Thèse publiée en 1600 ; en 1611 «de morbis internis» de Jacques Houllier & «Scolies» de Louis Duret ; en 1630 «Universa medicina» de Barthélémy Pardoux. Il enseigne les lettres à Angers, la philosophie & la jurisprudence, exerce comme médecin à Bordeaux. Parmi les 28 fortunes moyennes des Médecins de Paris (15 très riches, 23 pauvres). Son train de maison : un serviteur, des laquais & deux servantes. Il demeure en 1617 à Paris, rue Troussevache, paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, & en 1634, rue des Fossés, paroisse Saint-Germain l’Auxerrois. Il possède 2 corps d’hôtel avant 1631, au Faubourg Saint-Germain-des-Près (paroisse Saint-Sulpice près de la barrière des sergents) qu’il loue 700 £ par an ; une tuilerie (1627) rue du Chasse-Midi au Carrrefour de la Croix-Rouge où il fait 2.400 £ de travaux & qu’il loue 600 £ par an (elle doit valoir 17.000 £ en 1643) ; une maison rue de Bucy, à l’enseigne de «l’Annonciation» où il fait 700 £ de travaux & qu’il loue 800 £ par an (elle est vendue en 1643 23.000 £ soit plus du double de son prix d’achat en 1627).
Il habite une maison à 3 étages rue des Poulies, paroisse Saint-Germain-L’Auxerrois (1643-53), sa chambre mesure 7 x 7m & contient 45 sièges ; rue Troussevache (1608, paroisse Saint-Jacques-La-Boucherie) ; en 1627, rue Saint-Honoré, en 1634, rue des Fossés (paroisse Saint-Germain-L’Auxerrois) & 1640 rue Tison (même paroisse).
Dans l’inventaire après son décès figurent un globe terrestre, un globe céleste, 8 tableaux, 1.400 à 1.800 £ de bijoux, des tapisserie des Flandres & une Bibliothèque de 340 volumes (quantité supérieure à la moyenne de sa profession) avec une Bible en hébreu ce qui était rare à l’époque. il abuse de son Privilège de committimus (plaidoyer de 1ère instance aux requêtes du palais) ce dont Guy Pantin témoigne en écrivant «le Père Chartier qui faisait l’entendu en chicane est mort en gueux avec son Galien grec & latin qu’il avait commencé»… Voir «Lettre de M. de Villiers, Docteur-Régent, de la Faculté de Médecine de Paris…» (Google Books)

ép. 1) (c.m.) 18/01/1608 (Saint-André-des-Arts, Paris) Francoise Boursier + 1631 (562 £ de frais funéraires) Femme de Chambre de la Reine Mère ép. 2) (c.m.) 16/05/1634 (Paris) Marie Le Noir (il a 62 ans et est assisté entre autres, de Jehan Chartier, son fils, Docteur en la Faculté de Médecine)

Source : ©2004 Etienne Pattou. Dernière mise à jour : 12/08/2018 sur http://racineshistoire.free.fr/LGN.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Marc Blanchet dit :

    Des dates
    Des lieux
    Des noms
    Je trouve fascinant ,
    de pouvoir les replacer dans le temps
    et encore plus sur une carte !
    Bravo Pierre

    J'aime

    1. Merci Marc! Jean Poisson, valet de Champlain bientôt sur ce blogue.

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s