Quelques observations sur les recherches touchant la localisation de la chapelle Champlain.

Introduction

Force est de constater que les relevés géoradar entre 1997 et 1999 et plus récemment, en 2012, sous le magasin Darlington et au coin des rues du Fort et de Buade, n’ont pas révélé de structures significatives. Également, lors de l’enfouissement des fils d’Hydro-Québec dans ce secteur névralgique, rien de probant n’a été révélé.

Devant ce constat, il convient de s’interroger sur certains points qui demeurent toujours obscurs selon moi. Le présent texte vise à présenter quelques observations touchant cette recherche. J’aborderai donc ces différents sujets:

1- La chapelle Champlain dans le fort des Hurons
2- L’axe nord-ouest de la réserve d’Ailleboust
3- La localisation du terrain de Mathieu Huboust et Jean Talon
4- La chapelle Champlain sur le plan de Jean Bourdon de 1664 1663
5- La concession Huboust décrite par le notaire Audouard

1- La chapelle Champlain dans le fort des Hurons.

La chapelle se trouverait dans le fort des Hurons selon les conclusions du rapport de Carl Lavoie. Curieusement, le fort n’est aucunement mentionné comme borne dans la description du terrain de Mathieu Huboust ¹.

L’acte de la concession à Mathieu Huboust mentionne:

«…tenant d’un costé aux terres de laditte Eglise paroichialle ou est defront Bastye lachapelle, appelée vulgairement, Lachapelle Champelain de l’autre costé aux terres de la ditte Eglise par haut aux terres de Sr dailleboust par bas a un chemin qui passe entre la dite Place et la maison de la dite église où demeure appresent le bedeau… » (HDQ-F1-K4,1/1:5 Archives du monastère des Augustines)

conclusionlavoie

Comment ignorer la présence du fort des Hurons ? La chapelle étant incluse dans ce fort, ce qui la rend, de fait, peu visible.

huboustEtChapelleFortHurons-2

Cette image empruntée du Journal de Québec n’a pour but que d’illustrer la configuration des lieux.
Source: Le Journal de Québec- Vidéo
Voyez comment les Abénakis vivaient avec les colons français au 17e siècle.
En ligne: https://www.facebook.com/watch/?v=1759124577724728

C’est à se demander si la chapelle ne serait pas de fait, à l’extérieur du fort, pour être visible permettant ainsi de constituer une borne significative. L’absence de la chapelle sur le plan de 1660 pourrait s’expliquer par le fait qu’elle est en ruine et elle serait davantage collée sur la concession de Huboust.

Touchant la localisation de la chapelle dans le fort des Hurons, Georges Gauthier-Larouche disait:

« Que la chapelle Champlain soit dans la rue du Fort actuelle semble de moins en moins possible. Cela signifierait qu’en 1661, la chapelle toujours existante, se serait trouvée à l’intérieur du fort des Hurons, ce qui est peu probable et ne cadre pas avec la description contenue dans les deux documents de 1649 et 1661 » (Larouche, 1988: 14)

Finalement, on peut se poser la question, comment est-il possible que les Hurons aient intégré dans leur fort, une chapelle funéraire chrétienne?

2- L’axe nord-ouest de la réserve d’Ailleboust.

Les plus récentes recherches sur la localisation de la chapelle Champlain, mentionne que la chapelle serait bien à l’est d’un chemin qui court sud sud-est et nord-ouest. La concession d’Ailleboust stipule:

« Nous nous sommes réservé une place située dans le dit enclos contre la chapelle Champlain, contenant un arpent de terre ou environ tenant du côté du nord-est à un chemin qui court sud sud-est et nord-ouest qui est entre la dite terre et les terres de l’église paroissiale de ce lieu, d’autre côté au sud-ouest aux terres non-concédées d’un bout au nord-ouest à un chemin pédestre qui est entre la dite terre et les terres de Jean Côté… » (Lavoie, 1999).

inflexionNord-Ouest

Vray plan du hau et bas de Québec comme il est en lan 1660 (détail de l’ancienne rue du fort)
Archives nationales Outre-mer.
en ligne: http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/ulysse/notice?add=FR_ANOM_03DFC341C&id=FR_ANOM_03DFC341C

Incidemment, cette légère inflexion vers le nord-ouest existe bien,  mais elle est très subtile sur le plan de Jean Bourdon de 1660, ce qui suscite une interrogation, ce n’est pas à proprement parler un segment nord-ouest. Une question se pose alors, qu’est-ce qui a préséance, le texte de la concession d’Ailleboust ou la carte de Bourdon de 1660 ? On pourrait conclure que l’axe primitif  en 1649 était plus accentué, vers le nord-ouest  et la petite inflexion du plan de 1660 serait un résidu du tracé original.

À l’instar de Georges Gauthier-Larouche, on peut se demander pourquoi cette inflexion vers le nord-ouest. Est-ce pour contourner l’obstacle que constituerait la présence de la chapelle Champlain?  Il mentionnait notamment:

« On me rétorquera: comment expliquer alors que Jean Boudon ne montre pas ce segment nord-ouest sur son plan de 1660 ?  Je ne saurais le dire et cela m’inciterait à faire une critique  interne  plus approfondie de ce plan.  Je répliquerais : comment se fait-il que le plan de Juteau (1664), quant à lui, montre cette ligne oblique nord-ouest. Je m’en tiens très rigoureusement aux documents manuscrits de 1649 et 1661. »

Se pourrait-il que le texte de 1649 se soit trompé en indiquant le nord-ouest au lieu du nord-est.   De fait le chemin qui va à la Basse-Ville au château Saint-Louis (côte de la montagne), prend un virage vers le nord-est comme indiqué ici.

inflexionNord-est

Finalement, soulignons que les tracés de Bourdon ne sont pas toujours précis. On le constate en voyant le dessin de la maison où habite le bedeau à gauche de la flèche. Cette inflexion minime vers l’ouest serait peut-être le résultat d’un dessin mal défini.

3- La localisation du terrain de Mathieu Huboust et Jean Talon.

En 1999, Carl Lavoie localisait le terrain de Huboust au nord-est de la Réserve d’Ailleboust.

conclusionlavoie2

plande1660et1670

En 1667, Jean Talon se porte acquéreur du terrain de Mathieu Huboust.
On peut se poser des questions sur la localisation du terrain de Huboust (le rectangle rouge) étant donné que lorsqu’on superpose le plan de 1660 et celui de 1670, la construction des logis de Talon se trouve à l’extérieur de son terrain.

hypothese-3-1

Cette localisation du terrain de Huboust déterminée par le rapport de Carl Lavoie est difficile à comprendre parce que ce terrain sera occupé par Toussainct Dubau en 1673.  Dans son titre, on mentionne comme voisin à l’est, Jean Talon, et à l’ouest, Charles Jobin. Ce titre mentionne:

« …estant entre l’emplacement de Monsieur Talon, cy devant Intendant en ce pays et celui de Jean et Charles Jobin… » (Bal à rentes par l’Hôtel-Dieu du Québec à Toussaint Dubau, Greffe de G. Rageot, no. 1135, Document no. 46, Rapport Niellon et al.)

Quant à l’emplacement de Mathieu Huboust, Honorius Provost, confirmait:

« … Jean Talon lui-même, qui se trouvait personnellement intéressé, ayant acheté l’emplacement de Mathieu Huboust des Longschamps, le coin du magasin Darlington aujourd’hui.  »  (Provost: 1954, 24)

Complément d’information sur cette page:
Jean Talon et la chapelle Champlain.

4– La chapelle sur le plan de Bourdon de 1664 et 1663 ?

La chapelle Champlain serait-elle présente sur la carte de 1664 et 1663? Certains indices permettent de le croire.

On remarque un petit rectangle à l’est d’un chemin qui court sud sud-est et nord-ouest comme indiqué dans la concession d’Ailleboust.

plan1664
Archives nationales d’outre-mer. Plan de Québec comme il est en l’an 1664 et les fortifications que lon y puis faire.
en ligne: http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/ulysse/notice?q=Qu%C3%A9bec&coverage=Nouvelle-France&date=&from=&to=&mode=list&page=6&hpp=10&id=FR_ANOM_03DFC342B

Sur ce plan de 1664, on remarque un grand terrain vide, donc, il est possible que la chapelle ait été détruite suite au tremblement de terre de 1663. Ce chemin traverse incidemment le terrain que s’était réservé le Gouverneur, et que l’on a appelé, la Réserve d’Ailleboust. Ce chemin permettait à Mme d’Ailleboust de se rendre plus facilement à l’église paroissiale. Marcel Trudel corrobore cette hypothèse et souligne ce passage:

« Détruite par le feu de 1640, en même temps que l’église, la chapelle fut reconstruite au même endroit et connue sous le nom de chapelle Champlain; elle est encore visible sur le plan de 1664; elle disparaît entre 1670 et 1673. » (Trudel, 1979:142)

Une question se pose alors, retrouverait-on la chapelle Champlain sur le plan de 1663 ?

plan1663DetailDumas_2

Le véritable plan de Québec fait en 1663 (détail).
source: Bibliothèque nationale de France, Gallica
en ligne: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b59689086

Tout porte à croire que cela est probable (Trudel: 1973, 175). On ne connaît pas le propriétaire de ce bâtiment. Seules dans le secteur sont localisées la cabane en bois de Martin Boutet et celle de Jean Jobin construite après 1658. Honorius Provost, grand spécialiste de ce secteur de la Haute-Ville, précise:

« À part l’école de Martin Boutet, qu’y avait-il alors, en fait de constructions, sur la réserve de M. d’Ailleboust? Sa veuve nous parle du Sieur Joubin. Il s’agit d’un nommé Jean Jobin, tailleur d’habits, à qui l’ancien gouverneur avait accordé en concession, le 30 juin 1658, rien moins que la moitié de sa réserve… » (Provost, 1947: 183)

Mathieu Huboust reçoit sa concession en 1661, mais ne construit pas sur ce terrain. Jean Talon achètera son terrain et construira trois corps de logis tel que décrit dans sa déclaration en 1668 ².

« …sur la dite place une petite maison et deux logis non parachevés que le dit seigneur intendant a fait bâtir… »

5– La concession Huboust décrite par le notaire Audouard

Silvio Dumas publie, en 1958, une brochure relatant ses travaux effectués entre 1951 et 1957. Lorsqu’il analyse le texte de la concession de Mathieu Huboust de 1661 par le notaire Audouard, il se demande de quel côté débute l’acte. Il écrit:

« Tous les auteurs… ont toujours placé la chapelle Champlain du côté gauche, si l’on se place dans la rue de Buade et ils l’ont située en partie dans la rue du Fort, ou même plus à l’est. Contrairement à ces auteurs, nous affirmons qu’elle était du côté droit du terrain concédé à Huboust… Cette affirmation est la seule qui s’accorde avec tous les documents que nous avons étudiés; elle est confirmée par l’étude attentive de la façon dont les notaires de la nouvelle-France déterminaient le bornage du terrain. On commençait généralement par les bornes des deux bouts ou selon le cas, du haut et du bas; on indiquait ensuite celle des côtés, le premier étant normalement ce côté droit. Cette méthode appliquée à la concession de 1661, exige que l’endroit connu soit le chemin qui passe entre la dite place et la maison de la dite église où est à présent le bedeau (la rue de Buade aujourd’hui) et que la chapelle Champlain soit située du côté droit du terrain cédé » (Dumas: 1958, 17)

Or, une étude des titres du notaire Audouard et du terrier de Marcel Trudel, semblent confirmer que la chapelle serait située du côté ouest (flèche rouge) et non à l’est (flèche bleue).

huboustConclusion

La chapelle serait vraisemblablement à l’est du terrain de Huboust. Cependant on ne peut ignorer l’hypothèse du côté ouest, qui permettrait de comprendre l’absence du fort des Hurons dans la concession de Mathieu Huboust. De même une chapelle du côté ouest du terrain de Huboust est plus compatible avec le plan de Bourdon de 1664 vu précédemment. Pour plus de détail sur les titres du notaire Audouard voir ce lien: https://pierredubeaublog.wordpress.com/2017/06/14/notaire-audouart-sa-technique-de-description-des-ses-titres/

Conclusion

1- Le plan de 1660 ne comprend pas un chemin vers le nord-ouest contrairement au plan de Juteau de 1664. La légère inflexion du plan de 1660 serait peut-être le résidu d’un chemin anciennement nord-ouest qui aurait été redressé. De plus le plan de 1660 ne peut situer correctement le terrain de Huboust.  Cette concession semble se déplacer lors de l’alignement des rues De Buade et du Fort. Ce déplacement expliquerait la création d’un corridor qu’occupera Toussainct Dubau en 1673. Finalement, y-a-t-il une erreur dans le texte de 1649, on aurait écrit nord-ouest et non pas nord-est comme il est visible sur le plan de 1660.

2- L’absence du fort des Hurons dans le titre de Mathieu Huboust est inexplicable. Si on suppose la présence d’une chapelle dans le fort des Hurons, c’est ce dernier qui devrait servir de borne significative. Le contenant, c’est à dire le Fort est plus visible que le contenu, c’est à dire la chapelle.

3- Le notaire Audouard décrit ses titres par tenants et il commence par le côté droit. C’est la conclusion de Marcel Trudel et de ses études de titres. Selon cette méthode, la chapelle serait située à l’ouest du terrain de Mathieu Huboust. Avec cette hypothèse, on se rapproche plus près de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance et de la résidence des Jésuites.  Brûlés en 1640, ces bâtiments étaient contigus. Le problème c’est qu’aucun plan indique un tracé vers le nord-ouest permettant de situer la chapelle à l’ouest du terrain de Huboust.

4- Il est plausible de croire que la chapelle est bien identifiée sur le plan de 1663 de Jean Bourdon.  C’est le petit bâtiment derrière la cabane de Martin Boutet. Dans le secteur, il n’y a que cette cabane en bois ainsi que la maison de Jean Jobin sur son terrain acquis en 1658. Le site de la maison Jobin est occupé aujourd’hui par le Bistro 1640.

5- Dans la concession d’Ailleboust, on mentionne que celle-ci « se tenait du côté nord-est à un chemin » or dans le texte de la concession de Mathieu Huboust, ce chemin n’est nullement mentionné. Cela est d’autant plus plausible si la chapelle est collée (contre) à la Réserve et elle est peut-être très près du terrain de Huboust.

Ces observations n’ont qu’un seul objectif, faire avancer la recherche. À ce propos, je cite l’auteur Bouchard d’Orval.

« Des observateurs superficiels pourraient croire que les polémiques qui ont mis aux prises historiens et archéologues et été stériles: il n’en est rien. En vérité, plusieurs hypothèses ont été, après vérifications sérieuses, définitivement écartées et c’est maintenant en un territoire fort restreint de la Haute-Ville de Québec, que les recherches sont circonscrites. D’intéressantes découvertes ont projeté une lumière nouvelle sur des points controversés de notre petite histoire. Aussi, toute nouvelle polémique sur le sujet ne manquera pas d’être la cause de nouveaux progrès »
( Paul Bouchard d’Orval )

Pierre Dubeau
Comité Champlain 2008
19 février 2020

Notes 
1- Extrait de la concession de Mathieu Huboust

« … ont concédé et concèdent au nom et comme dit est ci-dessous à rentes foncières de bail d’héritage et non rachetable à Mathieu Huboust sieur Deslongschamps, l’un des dit Marguillers et receveur de présent, les rentes dues à l’église paroissiale, ici lui Huboust présent et acceptant pour lui, ses hoirs et ayant cause à l’avenir:  » la consistance de douze perches et demie de terre sise en la ville de Québec, tenant d’un costé aux terres de la dite église paroissiale où est de front Bastie la chapelle, appelée vulgairement, la chapelle Champlain, de l’autre côté aux terres de la dite église, par haut aux terres du Sieur d’Ailleboust, par bas à un chemin qui passe entre la dite place et la maison de la dite église où demeure à présent le bedeau, icelle pièce contenant deux perches et demie (45 pieds) de large. Les dites terres appartenant à la Fabrique de la dite église » , à cause de la donation faite par Monseigneur de Lauson, ci-devant gouverneur et lieutenant-général pour le Roi en ce pays… »

Source: HDQ-F1-K4,1/1:5 Archives du monastère des Augustines
En ligne: https://archives.monastere.ca/archive/concession-de-la-fabrique-de-leglise-notre-dame-de-quebec-a-mathieu-huboust-de-longchamps-3307

2- Déclaration faite au papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales par Jean Levasseur, huissier, au nom de Jean Talon, conseiller du Roi et intendant de justice, police et finance de la Nouvelle-France, laquelle déclaration étant relative à un emplacement contenant douze perches et demie de terre borné d’un bout par la rue Sainte-Anne, en la Haute-Ville de Québec, sur lequel il y a une petite maison et deux logis non parachevés . – 5 avril 1668
en ligne: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3314864

Bibliographie
DUMAS, Silvio. 1958. La Chapelle Champlain et Notre-Dame de Recouvrance, Québec, Société historique de Québec, Cahier no. 10, p. 17

GAUTHIER-LAROUCHE. 1988. Georges, Nouvelles précisions relatives au site de la chapelle Champlain, Québec, 21 p.

LAVOIE, Carl. 1999. Recherche multidisciplinaire sur la localisation du site de la chapelle Champlain à Québec, avec la participation de Paul Grimard,
Georges Gauthier-Larouche et Maurice K. Séguin. Publié pour le mouvement 58 pages.

PROVOST, Honorius. 1947. La réserve de M. d’Ailleboust à Québec, Bulletin des recherches historiques, 53 (6), p 178-187 En ligne http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2657563

PROVOST, Honorius. 1954.  La censive Notre-Dame de Québec, Québec, Société historique de Québec, no. 6, 1954. 32 p., ill.

TRUDEL, Marcel. 1973. Le terrier du Saint-Laurent de 1663, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, p. 175

TRUDEL, Marcel. 1979. Histoire de la Nouvelle-France, La seigneurie des Cent-Associés, 1627-1666, Tome I : Les évènements, Montréal, Fides, p.142

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