Le président Pierre Jeannin et Samuel de Champlain.

« … Vous qui aymez les belles entreprises des voyages & navigations, après tant de services rendus à noz Roys, Faites encore valoir ce talent, & obligez ces peuples errans, mais toute la Chrétienté, à prier Dieu pour vous, & bénir votre Nom eternellement, voire, à le graver en tous lieux dans les rochers, les arbres, & les cœurs des hommes: Ce qu’ilz feront, si vous daignés apporter ce qui est de votre credit & pouvoir pour chasser l’ignorance arrière d’eux, leur ouvrir le chemin du salut, & faire conoitre les choses belles, tant naturelles que surnaturelles de la terre & des cieux … » (Dédicace de Marc Lescarbot à Pierre Jeannin, Histoire de la Nouvelle-France, 1617)

Introduction

Dans les récits de Champlain, on retrouve ici et là le nom du Président Pierre Jeannin. Mais qui est ce personnage? À la mort d’Henri IV, Jeannin peut être considéré comme le père de remplacement de Champlain. Il était le mécène des géographes et des explorateurs, de Champlain tout particulièrement (Fischer, 334). Jeannin est important dans l’histoire de la France, fin négociateur et diplomate, ses mémoires ont inspiré plus tard le cardinal de Richelieu lorsqu’il était en disgrâce à Avignon. C’est son petit-fils, l’abbé Nicolas de Castille qui publiera ses écrits en 1656. Jeannin disait, montrant sa tête et ses livres : « Voilà tout mon bien et toute ma fortune ». Il fut un de ceux qui travaillèrent à la rédaction de l’Édit de Nantes. Henri IV l’embrassant et le présentant à la reine, lui dit : « Voyez-vous ce bon homme, s’il arrive que Dieu dispose de moi, je vous prie de vous reposer sur la fidélité de Jeannin, et sur sa passion » (Hoefer, 601).

Pierre Jeannin, tout comme Henri IV, s’est intéressé aux explorations maritimes et la route menant vers la Chine. Lorsqu’il était ambassadeur aux Provinces-Unis, il était en relation avec les explorateurs Issac Le Maire, Henry Hudson et le cartographe Petrus Plancius. Champlain modifiera sa carte de 1613 en incorporant les découvertes de Henry Hudson. À son retour en France en septembre 1612, Champlain présente à Jeannin le manuscrit de son voyage qui sera publié en 1613 et lui demande conseil pour la suite des choses. Cette relation avec Pierre Jeannin est fondamentale pour sa carrière. Nous allons voir qui est le président Pierre Jeannin, ses intérêts maritimes, sa rencontre avec Champlain en 1611 et finalement, comment les récits de voyage de Nicolas de Vignau, l’interprète de Champlain, intéressent au plus haut point la Cour.

Le président Pierre Jeannin

Homme d’état, diplomate, et surintendant des finances, Pierre Jeannin est né après 1540 à Autun (Annexe 1). Il appartenait à une famille de marchands tanneurs depuis au moins trois générations (annexe 2). Touchant les origines modestes de son père, il aurait répondu à un prince qui lui demandait quels étaient ses aïeux, il répondit: « Le suis le fils de mes vertus » (Girault, 224). Son père, qui s’appelait également Pierre Jeannin, était un échevin d’Autun et ayant certaine aisance financière, il envoya son fils faire ses études à une faculté de droit à Bourges, où il a suivi les enseignements du célèbre juriste Jacques Cujas1. L’autre fils illustre de Pierre Jeannin père était Nicolas qui fut l’abbé de Saint-Bénigue de Dijon, prieur et doyen de la cathédrale d’Autun. Pierre Jeannin est reçu avocat à Dijon en 1569 et exercera ce métier au parlement de Bourgogne. En 1572, il est chargé des intérêts juridiques particuliers des états provinciaux, responsables des droits provinciaux et de fiscalité locale (Bercé, 2010). Cette position constitue certainement un tremplin pour sa carrière. Sa situation financière étant acquise, cela lui permet de se marier en 1573, à Anne Gueniot, fille d’un riche médecin de Semour-en-Auxois. Il aura deux enfants, son fils, le baron de Montjeu qui mourra prématurément lors d’un duel en 1612, et sa fille Charlotte qui épousera Pierre de Castille2. Il sauve la province de Bourgogne, lors du massacre de la Saint-Barthélemy (Girault, 225, et Annexe 3). En 1580, comme il avait acheté des offices de conseiller puis de président au parlement de Bourgogne à Dijon, poste créé par Henri III, on le nommera le président Jeannin. Par la suite il fait la rencontre du gouverneur de la province, le duc de Mayenne. Sa carrière politique est lancée, sous l’égide de Charles de Mayenne3, frère d’Henri de Guise.

Après l’assassinat du Duc de Guise, Charles de Mayenne devient donc lieutenant général du royaume au nom de la Sainte-Union, c’est à dire la Ligue et Pierre Jeannin devient son secrétaire. En 1589, Henri IV le considérait comme la cervelle sur laquelle reposait toutes les affaires de la Ligue. Jeannin chercha à éclairer Mayenne sur les intentions de l’Espagne. Envoyé près de Philippe II à la fin de 1590, il revient en août 1591 (Hoefer, 599). Henri IV n’a pas encore récupéré tout son royaume, les grandes villes telles que Paris et Rouen lui résistaient. En 1596, Pierre Jeannin est le principal négociateur du traité de Folembray4. Ce traité entérine la soumission du duc Charles de Mayenne à Henri IV. Jeannin devient alors conseiller d’état au service d’Henri IV. Il ne s’agit pas d’une défaite de la Ligue5 mais d’une réconciliation, idée inspirée d’Henri IV (Bercé, 2010 ). Ce dernier a reconnu en Jeannin, un homme de grande valeur. Il aurait dit alors : « Monsieur le président, j’ai toujours couru après les gens de bien, et je m’en suis bien trouvé ». En tant qu’ex-ligueur, le roi pense qu’ il peut plus facilement négocier avec l’Espagne et les Provinces-Unies espagnoles. La paix de Vervins6 ne se fait sans ses conseils et il prend une part active à la préparation de l’Édit de Nantes (Hoefer, 600). En 1606, Jeannin est envoyé comme ambassadeur aux Provinces-Unies, au grand plaisir de Sully, qui lui fait ombrage auprès du roi. Pierre Jeannin conclut le 9 avril 1609 une trêve de douze ans, ce qui permettra de relancer le commerce hollandais et la conquête de l’Indonésie.

Pierre Jeannin et le cartographe Petrus Plancius

Cette trêve de douze ans permettra aux explorateurs hollandais et anglais de reprendre la conquête de la mer du côté de l’Amérique et espérer trouver un chemin vers l’Asie. L’intérêt de Jeannin pour la cartographie marine l’amène à joindre une association de savants néerlandais, réunissant des spécialistes de navigation et d’astronomie. Ce groupe proposait notamment dès 1590, un passage maritime vers la Chine. Henri IV s’intéresse à un passage vers le nord tout comme son ambassadeur aux Provinces-Unies. Jeannin avait connu alors le grand géographe et bon mathématicien Petrus Plancius (annexe 4). En 1608, Plancius lui avait offert une mappemonde (annexe 5) qui indique bien le passage maritime au nord de l’Amérique (Thierry, 2009: 11). Plancius était persuadé qu’il devait exister dans les mers arctiques une fissure analogue au détroit de Magellan. On croyait curieusement que « les rayons solaires luisant durant cinq mois au pôle, devait lui donner une température modérée » (La Roncière, 157). Henri IV avait également créé une compagnie chargée d’occuper le « détroit polaire » sous la direction de Michel Poncet, sieur de la Pointe (Thierry, 2014:27). Ce dernier avait aussi rencontré le marchand Isaac Le Maire 7, ( annexe 6) intéressé au recrutement de marins devant agir pour le compte du souverain français (Thierry, 2009: 11). L’expédition fut un échec après avoir rencontré d’immenses icebergs obstruant le détroit de Kara (Thierry, 2014: 27). Pierre Jeannin ne peut pas compter sur le ministre des finances Maximilien de Béthune, Duc de Sully8, qui dans une lettre doute de « la cervelle des français » pour entreprendre quelques conquêtes outre-mer et trouve que cette entreprise demeure disproportionnée (Le Blant, 162, annexe 7). Un peu plus tard, en 1612, on sait que l’explorateur Henry Hudson9 dressa une carte imprimée par le graveur Hessel Gerritsz, intitulée « Tabula Nautica » qui n’a pas tardé à se retrouver en Hollande entre les mains de Petrus Plancius (Thierry, 2009:12) étant donné qu’ils se connaissaient bien. Lorsque Champlain dressera sa carte de 1613, avec le graveur David Pelletier, il ne manque pas d’intégrer certains éléments de la carte de Hudson, notamment la baie qui porte aujourd’hui son nom (annexe 8).

La rencontre de Samuel de Champlain et de Pierre Jeannin

De retour en France en 1610, Pierre Jeannin continuera à être l’un des principaux conseillers de l’État en tant que contrôleur des Finances. Il fait partie du cercle américain de la cour avec Nicolas Brûlart de Sillery et de Charles II de Cossé-Brissac. Ces hommes partageaient le rêve de Champlain et soutenaient son projet pour la Nouvelle-France (Fischer, 2008: 177). Champlain est de retour en France le 10 septembre 1611 et les nouvelles sont mauvaises. Les associés rouennais de Pierre Dugua de Mons décident de ne plus soutenir l’entreprise de Québec suite à la perte de son monopole le 6 octobre 1609 et de la vente de l’habitation de Québec 10. Dans son récit de 1619, Champlain explique la situation en 1612:

« Dès lors, j’en dressai des mémoires (récits qui seront publiés en 1613) que je montrai au président Jeannin, lequel (comme il est désireux de voir fructifier les bonnes entreprises) loua mon dessein et m’encouragea à la poursuite de celui-ci. Et m’assurant que ceux qui aiment à pêcher en eau trouble trouveraient ce règlement fâcheux et rechercheraient les moyens de l’empêcher, il me sembla à propos de me jeter entre les bras de quelque Grand, dont l’autorité peut servir contre leur envie. Or connaissant monseigneur le comte de Soissons prince pieux et affectionné en toutes saintes entreprises, par l’entremise du sieur de Beaulieu… Lorsqu’il fut instruit de toute les particularités de la chose et eu vu ma carte du pays que j’avais faite, il me promit, sous le bon plaisir du roi d’en prendre la protection » (Thierry, 2009: 64).


Le 8 octobre 1612 , le roi Louis XIII accorda donc le monopole de la traite à Charles de Bourbon, comte de Soissons11. Son mandat du 15 octobre était de découvrir et chercher un chemin facile vers la Chine, Manoa et le royaume des Incas (Thierry, 2009: 10). Cela permet de supposer que Champlain a fait connaître au Conseil du roi les révélations de Vignau dès septembre 1612 confirmées par l’expédition de Henry Hudson (Thierry, 2009: 72- 11). Mais comble de malheur, le comte de Soissons meurt le 1er novembre. La charge est ensuite assignée à Henri de Bourbon, prince de Condé12, le 13 novembre et le 22 novembre, Champlain est nommé comme lieutenant. Les lettres patentes indiquent bien:

« … faire faire en ceste fin des descouvertures et recongnoissances en l’estendue des costes maritimes… dedans les terres et rivieres qui se deschargent dans ledit fleuve Sainct-Laurens, pour essayer de trouver le chemin de la Chine » (Le Blant, Beaudry, 235).


Nicolas de Vignau et le passage vers la mer du Nord

Au début de juillet 1611, Champlain avait confié à son ami, le chef Tessouat13, Nicolas de Vignau en vue d’en savoir plus sur ce voyage de Hudson. Ce truchement permettait aux Français d’apprendre la langue amérindienne et ainsi obtenir des informations de premières mains bien que ces lieux demeurent jalousement contrôlés. De retour à Paris en 1612 avec « une relation du païs qu’il doisoit avoir faicte », Vignau affirma qu’il s’était rendu, en compagnie d’un parent de Tessouat, à la Mer du Nord. Champlain dit à Vignau, que « s’il donnait quelques mensonges à entendre, il se mettait la corde au cou, aussi que si sa relation est vraie, il se pouvait assurer d’être bien récompensé » (Thierry, 2009: 71).

Champlain est donc bien préparé pour ce voyage et il a l’aval du Prince de Condé. Il a ajusté sa carte de 1612-1613, pour y inclure les découvertes de Henry Hudson. Ce récit de 1613 doit être considéré comme une œuvre de propagande. Henry Hudson a bien connu aux Provinces-Unies, le cartographe Petrus Plancius ainsi que Pierre Jeannin. Tous connaissent les possibilités de trouver le passage vers la baie d’Hudson par la rivière des Outaouais. Mais Champlain, reste prudent et il a l’intention de vérifier les dires de son porte-parole, Nicolas de Vignau. Celui-ci prétend qu’il y avait vu un vaisseau anglais naufragé à la baie d’Hudson. Mais l’accès au grand Nord, n’est pas facile. Pour empêcher d’aller plus au nord, Tessouat disait que « les Népissingues étaient une nation de sorciers qui tuaient les gens en usant de la magie, et que Champlain courrait un grand danger parmi eux » (Fischer, 360) .

Le 6 mars 1613, Champlain quitte Honfleur avec son informateur Nicolas de Vignau, Champlain explique:

« Or, n’ayant que deux canots, je ne pouvais mener avec moi que 4 hommes, entre lesquels était un nommé Nicolas de Vignau, le plus imprudent menteur qui se soit vu depuis longtemps, comme la suite de ce discours le fera voir, lequel autrefois avait hiverné avec les sauvages, et que j’avais envoyé aux découvertes les années précédentes. Il me rapporta, à son retour à Paris en l’an 1612 qu’il avait vu la mer du nord… » (Thierry, 2009: 70).


Vignau se rétracte

Marcel Trudel explique bien le mensonge de Vignau en ces termes:

 « … Soumis à un interrogatoire truffé de menaces, Vignau avoua qu’il avait tout inventé pour revenir au Canada. Et les sauvages de dire : « Donne le nous, & nous te promettons qu’il ne mentira plus ». Champlain préféra pardonner à celui qu’il qualifait du « plus impudent menteur qui se soit veu de long temps ». Au Saut Saint-Louis, Vignau demanda à être laissé au pays, mais personne chez les sauvages n’en voulut, et Champlain ajoute : «nous le laissasmes à la garde de Dieu ». C’est là le dernier renseignement que nous ayons sur lui. » (Marcel Trudel, DBC, Nicolas de Vignau)


De son côté, Éric Thierry constate que les Amérindiens veulent garder le contrôle du territoire, il mentionne:

« L’affaire est complexe. Le mensonge de Vignau n’est pas entier, tout comme la sincérité de Tessouat n’est pas totale. Celui-ci affirme que Vignau est resté auprès de lui pendant tout son séjour chez les Kichesipirinis et que, s’il a fait le voyage avec les Népissingues, c’est en dormant. Tessouat est sûrement de bonne foi. Cependant, il essaie de tromper Champlain en envoyant secrètement un canot pour avertir les Népissingues de la présence des Français et certainement leur proposer de venir au bord du lac des Allumettes. Il veut éviter de devoir mener Champlain chez eux, car l’établissement de contacts directs entre les Français et les Népissingues risque de ruiner la position d’intermédiaire occupée par les Kichesipirinis » (Thierry, 2009: 22).


Le mausolée de Pierre Jeannin et sa femme dans la cathédrale d’Autun

Peu avant sa mort, le président Jeannin avait fait avec le Chapitre de la cathédrale, un accord verbal visant son inhumation ainsi que celle de sa femme. Le mausolée de la famille passait avec celui du cardinal Rolin, pour un monument des plus remarquables de la cathédrale. Ce tombeau fut détruit au mois d’août 1792 et les débris furent transportés dans une salle destinée à servir d’école de dessin puis replacé en 1804 dans la Cathédrale. Fontenay décrit ainsi les monuments funéraires de Pierre Jeannin et de Anne Gueniot (Annexe 9):

« Les statues agenouillées du président et de sa femme mesurent 1 mètre 30 de hauteur. Pierre Jeannin est revêtu de la Simarre de magistrat; Anne Gueniot porte une robe à corsage pointu, les manches bouillonnées et à crevés, la fraise à grand tuyaux, relevée contre la nuque, les cheveux crêpés en raquette, et pour coiffure un vaste chaperon (Fontenay, 71).»


Conclusion

L’intérêt d’Henri IV pour les questions maritimes et coloniales remonte à l’époque où celui-ci était roi de Navarre et devint le chef incontesté des corsaires huguenots (Thierry, 2014: 19). À l’exemple de ses prédécesseurs, il conteste le traité de Tordesillas qui a vu octroyer le partage de l’Amérique entre l’Espagne et le Portugal. Après la fin des guerres de religion et surtout suite au traité de Vervins, son intérêt est renouvelé. À la cour, il s’est entouré de personnes qui partagent cette passion pour l’outre-mer et qui lui ont permis de reconquérir son royaume, dont le président Pierre Jeannin. Après l’aventure acadienne, Henri IV veut relancer la quête de la route de la Chine et la concurrence est féroce avec les expéditions hollandaises. Il fait alors équipe avec Pierre Jeannin, alors ambassadeur dans les Provinces-Unis. Celui-ci est en contact avec des géographes et navigateurs hollandais. On tentera alors de réconcilier les données du géographe Petrus Plancius avec les informations de Nicolas de Vignau, émissaire et interprète de Champlain dans la région de la rivière Outaouais. Les tentatives de Hudson se sont révélées être difficiles par l’amoncellement de glaces dans le passage du nord. Du côté de Champlain, l’accès lui est presqu’impossible, les Amérindiens désirant contrôler les zones de passage vital pour leurs survies comme intermédiaires dans le commerce de fourrures. Ainsi s’achève pour Champlain, la période d’exploration, il se limitera dorénavant à l’administration. À la cour, sous l’influence de la régence de Marie de Médicis et de Mme de Guercheville, un vent missionnaire orientera le développement de la colonie. On s’assurera d’évangéliser les nations amérindiennes afin d’en faire des sujets du roi de France.


Pierre Dubeau, 10 février 2021

Notes

  1. « Jacques Cujas est un jurisconsulte français, né à Toulouse en 1522 et mort à Bourges le 4 octobre 1590. C’est l’un des principaux représentants de l’humanisme juridique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Cujas
  2. Avocat à la cour, Pierre de Castille devient conseiller au Grand Conseil le 8 juin 1601, puis maître des requêtes le 14 avril 1611. De 1611 à 1616, il est ambassadeur en Suisse. Son secrétaire sera alors Marc Lescarbot. En 1616, il est nommé intendant des Finances et le 25 septembre 1619 contrôleur général des Finances et conseiller d’État.
  3. « Charles de Mayenne est le frère cadet du duc Henri de Guise. Capitaine de guerre durant les guerres de Religion, il participe à plusieurs campagnes militaires sous le règne d’Henri III. Gouverneur de Bourgogne, il possède à la cour de France la charge honorifique de  grand chambellan. Après l’assassinat de ses frères en 1588, il prend la tête de la Ligue mais, à la suite de plusieurs défaites (Arques, Ivry, Fontaine-Française) il fait sa soumission au roi Henri IV en 1595».
  4. « Le traité de Folembray, signé en janvier 1596, entérine la soumission du duc Charles de Mayenne à Henri IV. Cet accord a demandé bien des négociations et bien des concessions de part et d’autre. Mais, tandis que le chef de la Ligue ultra-catholique se rallie à la Couronne et renonce à toute velléité de rébellion, le roi affirme sa volonté d’être maître en son royaume tout en faisant preuve d’autant de générosité que de sens politique ».
  5. « La Ligue connaît une fracture quand le duc de Mayenne, frère d’Henri Ier de Guise et chef de la Ligue nobiliaire, entre à Paris pour punir les extrémistes qui ont décidé la mort de Brisson. Finalement, les excès de la Ligue, son penchant pour un prince étranger, son financement espagnol, sa remise en cause de la monarchie, détachent d’elle progressivement à partir de 1591 les royalistes, puis les villes les unes après les autres. Elle ne désarme cependant qu’à partir du moment où Henri IV abjure solennellement sa foi protestante, le 25 juillet 1593 en la Basilique de Saint-Denis. Il est sacré roi à Chartres le 27 février 1594 et entre dans la capitale quelques mois plus tard. La soumission de Paris est pour la Ligue un cuisant échec, sa défaite à Fontaine-Française le 5 juin 1595 la met en déroute. À la paix de Vervins les Espagnols abandonnent les dernières places qu’ils tiennent en France. La fin définitive de la Ligue a lieu après la soumission du duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne. Seul le duc d’Aumale refusera toujours de se rallier à Henri IV ». Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_catholique_(France)
  6. « Lorsque Henri IV revient au catholicisme et est sacré roi, à Chartres, en 1594. Le 15 janvier 1595, il déclare la guerre à Philippe II pour chasser les envahisseurs. Les batailles ont des résultats variables : victoire des Français à Fontaine-Française, victoire des Espagnols à Calais et Amiens… Le pape Clément VIII veut réconcilier les deux souverains. Les négociations de paix s’ouvrent à Vervins le 9 février 1598 ». Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paix_de_Vervins
  7. « Isaac Le Maire, natif de Tournai, mais établi à Amsterdam, était le conseiller secret de notre ambassadeur aux Pays-Bas (Pierre Jeannin) et l’ardent instigateur de la Compagnie des Indes que le roi Henri IV se proposait de fonder. C’est lui qui allait nous convier à prendre notre part aux expéditions polaires au lendemain de la double tentative faite par l’Anglais Henry Hudson pour forcer le passage par le nord du Spitzberg et de la Nouvelle-Zemble. Commandité en 1607 et 1608 par les Anglais Hudson, n’ayant pas réussi s’était adressé aux Pays-Bas pour poursuivre sa découverte » (La Roncière, 157).
  8. « En 1593, Sully conseille au nouveau roi de se convertir au catholicisme, afin de pacifier le royaume, mais refuse lui-même d’abjurer. Il négocie alors le ralliement de quelques chefs de la Ligue (marquis de Villars, duc de Guise, le cardinal de Bourbon). Lors du siège d’Amiens en 1597, il s’illustre de nouveau, à la tête de l’artillerie. Henri IV comprend tardivement qu’il peut confier les finances du royaume à l’homme qui administre si bien ses propres affaires. Il le nomme en 1596 au Conseil des Finances puis, vers 1598, Surintendant des finances. Sully remet alors de l’ordre dans les comptes, en créant en 1601, une Chambre de justice destinée à lutter contre les malversations financières. Il est opposé au développement de colonies outre-mer, qu’il juge trop couteuses. »
    Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_B%C3%A9thune_(duc_de_Sully)
  9. « Henry Hudson a déjà effectué deux voyages en Arctique à la recherche du passage du Nord-Est, en 1607 et 1608. Il sera finalement embauché par la compagnie néerlandaise des Indes orientales. Parti le 6 avril 1609, son navire rencontrera la banquise au-delà du cap Nord, à l’extrémité de la Norvège. L’équipage refusant d’aller plus loin, Hudson cherchera une route vers la Chine par l’Amérique du Nord et remontera la rivière qui porte son nom. Il découvrira la baie d’Hudson lors d’un voyage entrepris l’année suivante pour le compte de la compagnie du Nord-Est » (Thierry, 2008: 316).
  10. Les démarches pour vendre l’habitation de Québec à la marquise de Guercheville ont probablement été entreprises entre octobre 1609 et février 1610 (13 octobre 1609: arrivée de Champlain à Honfleur; 28 février 1610: départ de Champlain de Paris pour Rouen, puis Honfleur) (courriel d’Éric Thierry).
  11. Charles de Bourbon (né le 3 novembre 1566 à Nogent-le-Rotrou – le 1er novembre 1612 au château de Blandy-les-Tours), comte de Soissons et de Dreux, est un prince de sang français des guerres de Religion. Il est le demi-frère du prince de Condé, chef du parti protestant et le cousin du roi de Navarre devenu Henri IV de France, en 1589. Bien que de religion catholique, il rejoint les troupes de ce dernier et combat l’armée royale à la bataille de Coutras (1587). A l’avènement d’Henri IV, il devient successivement chevalier des ordres du Roi, grand maître de France, gouverneur de Dauphiné et de Normandie et vice-roi de Nouvelle-France. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Bourbon-Soissons
  12.   Henri II de Bourbon, né à Saint-Jean-d’Angély en 1588 et mort à Paris en 1646, IIIe prince de Condé, est un prince de sang français qui joua un rôle important durant la minorité de Louis XIII, où il s’opposa à la régente Marie de Médicis. Il fut gouverneur de Bourgogne, gouverneur du Berry (1612-1615), duc de Montmorency, duc d’Albret, duc d’Enghien et de Bellegarde, premier prince du sang, comte de Sancerre (1640-1646), pair de France, grand veneur et grand louvetier de France.
    Source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_II_de_Bourbon-Cond%C3%A9
  13. Tessouat était probablement le Besouat qui, en tant que chef d’un groupe d’Algonquins, s’était joint aux Montagnais d’Anadabijou et aux Etchemins pour écraser une bande d’Iroquois à l’embouchure de la rivière des Iroquois (Richelieu) en 1603.(Jury DBC)

Bibliographie

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BERCÉ Yves-Marie. 2010. Le Président Jeannin, conseiller d’Henri IV, de Marie de Médicis, de Louis XIII, Canal Académie, Figures du Grand Siècle. Entrevue d’Anne Jouffroy avec Yves-Marie Bercy.
En ligne: https://www.canalacademie.com/ida6235-Le-President-Jeannin-conseiller-d-Henri-IV-de-Marie-de-Medicis-de-Louis-XIII.html

CADET, Jean-Marcel. 1818.  Précis des voyages entrepris pour se rendre par le nord dans les Indes, et des lois physiques à consulter pour le succès des navigations ultérieures, lus en diverses séances de la Société philotechnique, Paris, , 127 p. et carte
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GERIN, Léon. 1891. Les premières tentatives de colonisation, in F. Le Play, Tome XI, in Demolins, Edmond, La Science sociale suivant la méthode de F. Leplay. Paris, Librairie Firmin-Didot, pp. 526-550
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LA RONCIÈRE, Charles de. Le passage nord-est et la Compagnie française du pôle arctique au temps de Henri IV. In: Bibliothèque de l’école des chartes. 1917, tome 78. pp. 154-178.
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THIERRY, Éric. 2019. Les œuvres complètes de Champlain. Québec, Septentrion, 2 tomes, 1284 p.

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THIERRY, Éric. 2009. À la rencontre des Algonquins et des Hurons, Québec, Septentrion, 234 p.

THIERRY, Éric. 2008. La France d’Henri IV en Amérique du Nord: De la création de l’Acadie à la fondation de Québec, Paris, Honoré Champion, 500 p.

Annexes

Annexe 1. Gravures du Président Pierre Jeannin

Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84018998/f1.item.zoom
Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10580446c?rk=21459;2
Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105440604

Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105855775.r
Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10585760c#

Annexe 2: Localisation de la maison natale de Pierre Jeannin, aujourd’hui disparue, au 6 rue du Carrouge à Autun, Bourgogne.

Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4080814/f244.item


Annexe 3


Annexe 4. Gravure de Petrus Plancius

Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Petrus_Plancius

Annexe 5.

Cette carte aurait été offerte par Plancius à Pierre Jeannin en 1608.

Carte de Petrus Plancius de 1590. Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Petrus_Plancius#/media/File:1590_Orbis_Terrarum_Plancius.jpg
Carte attribuée à Pedro de Lemos. On remarque le passage présumé menant à la Chine.

Annexe 6. Gravure d’Issac Le Maire

Annexe 7


Annexe 8: Carte de Champlain et les informations de la carte de Henry Hudson.

Sur sa carte de 1613, Champlain copie la région du nord de la carte de Hudson qu’il n’a jamais visité et se garde bien de ne pas écrire: Mare magnum ab M. Hudsono primum inventum.


Annexe 9

Mausolée de Pierre Jeannin et de Anne Gueniot dans la cathédrale d’Autun

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Marc Blanchet dit :

    Belle recherche Pierre
    J’apprends un peu plus sur l’entourage de Champlain.

    La carte de Hudson, sa date de réalisation me chicote .
    Cette carte ne peut avoir été produite que durant l’hiver
    1610 1611, car il fut abandonné au printemps 1611 par les
    mutins du Discovery .
    Les mutins rapportèrent son travail et fut édité plus tard .

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  2. Lallement Michelle dit :

    Bravo Pierre pour tes recherches et cette superbe étude. Amitiés

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